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lundi 1 décembre 2014

Bientôt un train à la gare Pont-de-Flandre !

Entrée de la gare Pont-de-Flandre - ©Jacques
Bleu ou plutôt Blue sera le train que vous risquez d'entendre à la gare Pont-de-Flandre, celle-ci devant devenir, entre autres, un club de jazz en 2015. Nous parlons bien sûr de Blue Train de John Coltrane, album où le géant prend son envol...

©Jacques
Dans le compte-rendu de la réunion publique du Conseil de quartier Pont-de-Flandre du jeudi 11 avril 2013 il est fait allusion à la transformation de la gare.

La gare, propriété de la SNCF, est abandonnée depuis fort longtemps et a fait l’objet d’un squat en 2010-2011 par un collectif d’artistes.
La SNCF avec la Mairie de Paris a lancé un appel à projet pour l’utilisation de cette gare et le projet porté par Julien Caumer l’a emporté.
En 2014, la gare Pont-de-Flandre deviendra "La Gare", un club de jazz et de musiques improvisées, un restaurant, un bar, et une salle polyvalente de répétition pour musique et spectacle vivant et sera tournée vers le quartier et l'action culturelle de proximité.

Ce nouveau lieu de rencontres sera géré par Julien Caumer de Casabianca avec le soutien de la holding culturelle Scintillo.
Les fans de Zoo Project remarqueront sur la photo que le G.A.G. de 2010 sur fond jaune est toujours présent.

mercredi 22 octobre 2014

Ce numéro est un collector !

Pour ceux qui pensent que Bilal (alias Zoo Project) était un grand Monsieur, le numéro 16 d'Article11 est pour eux.
Dans ce numéro, les articles d'Émilien Bernard (alias Lémi), qui a très bien connu Bilal, sont rassemblés sur quatre pages. Ces textes empreints de tact et de sensibilité sont un magnifique hommage à son ami.

Bilal (aka Zoo Project), artiste
des rues et ami, a décampé.
Encore plus loin que d’habitude.
Trop loin pour être rattrapé,
en tout cas. Outre-Mississippi,
outre-Sibérie, outre-Terre.
Hommage.

La suite vous la trouverez dans l'Article11
de mai-juin-juillet 2014, toujours disponible.
Vous pouvez aussi retrouver ces textes sur le site de la revue.
Bilal, d'abord le silence du mardi 1er avril 2014 quand Lémi a appris la mort de Bilal.
"Pourquoi j'irais m'enfermer ?" du mercredi 9 juillet 2014 où l'on retrouve les textes de l'hommage de la version papier.
"C'est un dessin tout simple..." Une version audio de ce texte a déjà été publiée ici.

Gratuit, qu'ils disent...
Vous l'aurez compris en lisant la couverture ci-contre, Article11 est une revue plus alternative que conventionnelle ! Considérant qu'il était temps de passer à autre chose, ils ont décidé de stopper la version papier après la publication de deux derniers numéros.
Si vous le désirez, vous pouvez vous abonner pour recevoir ces 2 derniers numéros pour la somme de 0 euro ! Il vous suffit d'envoyer votre adresse à redaction@article11.info et bingo, c'est parti disent-ils.

mercredi 8 octobre 2014

Bilal, le semeur !

Dessin de Zoo Project ©Lémi
Dans l'émission Polaroïd du 9 mai 2014 sur France Culture, Marie Richeux dit un texte d'Émilien Bernard évoquant le premier dessin de Zoo Project qu'il a vu. Émilien est le cofondateur de l’excellente revue trimestrielle Article11, dont la version papier est aujourd'hui dans la tourmente. [Posts Zoo Project]

"C’est un dessin tout simple dont il m’avait envoyé le croquis il y a un bail : un jeune homme aux cheveux courts penché vers le sol, un foulard sur la bouche, affairé à semer des graines tirées d’un petit sac." Écoutez la suite ci-dessous, ça ne vous prendra que deux minutes...



Peinture de Zoo Project à Tunis ©Lémi
La couverture du premier numéro d'Article11 avec un dessin de Bilal.

mardi 9 septembre 2014

La Petite Ceinture par Pierre Folk

Chantier Canal Square vu depuis le pont de la Petite Ceinture - ©Pierre Folk

Merci Jacques pour l'article du Nouvel Obs Embarquez pour la Petite Ceinture qui nous permet de découvrir le travail de Pierre Folk By the silent line. L'interview Petite Ceinture de Paris : "Un voyage dans l'espace et le temps" permet d'en savoir un peu plus sur ce photographe qui travaille en grand format.
J'ai sélectionné quelques photos du XIXe, proches de "chez nous" !

Pont de Flandre et rue Rouvet (direction sud) - ©Pierre Folk
Gare du Pont-de-Flandre (direction nord) - ©Pierre Folk
Dans le XIIe - ©Pierre Folk
Et puis, le dessin sur une photo hors de notre arrondissement m'a interpellé... et après quelques recherches j'ai eu la confirmation du passage de Zoo Project...
©nid2graff

lundi 8 septembre 2014

Drôle d'endroit pour une rencontre

Richard reprend sa plume pour nous proposer un post sur Bilal Berreni. Deux raisons à cela : l'actualité de l'inculpation de trois hommes à Détroit accusés de l'assassinat de Bilal et une "découverte" qu’il a faite au mois de juin dernier et qui n'avait, faute de temps, pas été l'objet d'un post.

C'était un lundi après-midi de juin. Il faisait une chaleur accablante, j'avais tout le temps de ne rien faire. Après m'être rapidement consulté, je décidai de partir en chasse. Chers amis lecteurs, vous le savez déjà, mes gibiers préférés sont les traces que laissent les hommes sur les murs. Je traque toutes les traces depuis plus de 40 ans avec un appareil photo. Toutes les traces m'intéressent : les graffitis, les collages, les tags, les fresques. Elles parlent toutes de leurs auteurs et de notre époque. Improbable conjonction d'intérêts : ma formation d'historien, ma passion pour l'ethnologie urbaine et celle de la photographie.

Bref, sur le coup des trois heures, sac à dos à l'épaule et tennis aux pieds, je pars au hasard des rues, regardant les murs. Comme d'habitude, conformément au contrat que je me suis fixé, je n'emprunte jamais deux fois la même rue. Je me retrouve rue de Bagnolet sans avoir rien tiré. Pas de gibier. Rue de Bagnolet, je tourne à droite (pourquoi pas à droite ?) et sur une vieille porte métallique d'un entrepôt qui a déjà été rasé, je vois une fresque. C'est du street art certes mais moche, pas d'idée, mal fait.
Elle ne mérite pas une photo.

Comme la porte est ouverte, je rentre dans un terrain vague ou plutôt un vague terrain. Le sol a été creusé par des engins. Autour, des murs couverts de fresques et de tags. Aucun intérêt, pas digne d'être chassés. Sur la droite d'une maison abandonnée et abondamment taguée, un semblant de chemin qui monte. N'écoutant que mon courage et mon goût pour les endroits interlopes, je gravis le sentier au milieu des hautes herbes et des ronces et me retrouve sur la Petite Ceinture. Je regarde à droite et à gauche et découvre le dernier gigantesque terrain d'aventures de Paris. Tout est tagué : les rails, les murs des immeubles bordant la voie, les vieux signaux de signalisation, des vestiges de quais. Des bombes de peintures vides au bas des murs, des rouleaux usés, des canettes vides de toutes les boissons djeunes. C'est comme une mégapoubelle qui fait le tour de Paris. Au pied d'un mur d'immeubles HLM, des ados, juste sortis du collège (déjà 17 heures et toujours rien dans la carte mémoire) taguent leurs noms.
J'apprends que ce ne sont pas leurs noms mais leurs "blazes" (c'est un mot américain, rien à voir avec le blaze français). Ils m'expliquent que c'est leur nom dans le milieu du street art, qu'ils ne peuvent pas peindre leurs noms vu que c'est interdit de peindre sur les murs et que eux trois forment un "crew" (c'est aussi un nom américain, une équipe, un groupe mais leurs potes préfèrent "gangs" et d'autres mots américains qui sentent l'interdit, l'illégal, le "milieu").


Bon, trois ados qui taguent un pauvre mur qui a déjà subi tous les outrages, c'est pas une grosse prise. Ils s'entraînent mais il y a du boulot ! Plus loin, en marchant sur la droite (pourquoi la droite ?), en suivant la voir ferrée, vue d'en bas, je vois ce qui reste de la gare de Bagnolet.


Décidément téméraire, je rentre dans les tunnels. Sur les murs, des milliers de tags recouvrent des milliers de tags qui recouvrent... Bof, des tags dans un tunnel sombre dans lequel ne passe personne depuis des décennies, c’est pas l'affaire du siècle.
Je sors du tunnel et regarde sur la gauche (histoire de changer).


Waouh!!!! Une fresque de Zoo Project de 30 mètres de haut au bas mot. Les tagueurs du coin qui sont légion ont respecté la fresque. Je zoome et ému vois une fresque qui parle d'amour et de sensualité. L'idée est forte comme un concept. Nul besoin de couleurs pour transmettre au monde des vivants ce qu'il pense, lui, Bilal Berreni. Une ligne claire comme l'aimait Hergé. Une précision des lignes, regardons ces deux mains qui s'étreignent et une économie des moyens : deux couleurs le noir et le blanc, pas de visages (il s'agit de l'union des corps). La hauteur de la fresque impressionne : l'image de colosses de l'Égypte ancienne s'impose à moi. Un homme, une femme, beaux, jeunes, cariatides modernes contemplent le vide de la Petite Ceinture. Ils s'aiment et leurs corps sont faits l'un pour l'autre.


Aujourd'hui, j'apprends que trois hommes âgés de 17 à 20 ans ont été inculpés du meurtre de Bilal Berreni. Sur le mur, Bilal parlait d'amour avec ses mots à lui. Bientôt, les employés chargés du nettoyage de la Ville de Paris, au Kärcher, effaceront pour toujours cette bouteille à la mer jetée par Bilal. Ils feront bien leur travail : aucune trace ne restera. Le mur sera blanc. Blanc comme la mort.

jeudi 4 septembre 2014

Zoo Project, une création imprégnée d'une portée sociale

Bilal dessinant le bar à brochettes d'Axaraisk en Russie
Merci Richard, pour l'article du Monde Trois hommes inculpés pour le meurtre de l'artiste français Zoo Project qui montre que l'affaire n'est pas enlisée et qui nous confirme par son père que Bilal voulait une création imprégnée d'une portée sociale.

Merci aussi, de souligner que nous n'avons pas oublié l'originalité et la puissance de l'œuvre de Zoo Project. C'était un authentique artiste qui avait des choses à dire sur le monde et qui, pour le dire, s'est inventé une esthétique.


Ces 2 photos sont extraites du bonus du film C'est assez bien d'être fou d'Antoine Page

lundi 25 août 2014

Zoo Project à Tunis

Cela fait trois mois que je veux écrire ce post.
► Quand j'ai découvert les pages relatant l'action de Zoo Project à Tunis, je me suis dit : je vais reprendre quelques photos et faire un petit texte et ce sera bon. Mais en lisant et relisant le texte de Bilal – rédigé avec l'aide d'Émilien Bernard le 3 avril 2011 – il est devenu évident qu'il fallait que j'inclue des extraits de ce texte... sauf, qu'il m'a été impossible de faire une sélection sans trahison et finalement j'ai repris le texte en totalité.
► Pour les photos, j'ai aussi éprouvé des difficultés à choisir, pourquoi telle personne et pas telle autre... conclusion, elles sont toutes dans le diaporama avec les légendes originelles.
Alors pourquoi faire ce post, si c'est pour tout reprendre, même si la présentation est différente ? Voilà pourquoi ce billet est resté à l'état de brouillon si longtemps : pourquoi ? Finalement la réponse est simple et c'est toujours la même, pour servir de relais. Pour que l'œuvre et l'action de Zoo Project soit encore diffusée et pour entretenir la mémoire de ceux qui ont payé de leur vie la Révolution de jasmin.
Merci Bilal pour ton engagement et ton talent.
► Plusieurs posts sur Zoo Project sont déjà parus dans ce blog dont  Zoo Project : "C'est assez bien d'être fou".

Ahmed B. décédé le 9 février 2011 à Gafsa
Pourquoi je peins Les Martyrs
Il arrive que certaines personnes réagissent négativement à mon travail, haussent la voix. Quand je dispose ces représentations des martyrs de la révolution dans les rues de Tunis – à Porte de France, Bab Souika ou Avenue Bourguiba –, beaucoup me félicitent, me remercient, mais d'autres s'insurgent : qui suis-je, moi, un étranger, pour peindre les martyrs de la révolution et les afficher ainsi dans Tunis ? Quel est mon intérêt là-dedans ? Je comprends ces interrogations, je trouve même naturel et légitime qu'elles surgissent : aborder un sujet si dramatique, à ce point vivace dans les mémoires, implique d'accepter le débat, de répondre aux questions.

Hassan A. décédé le 8 février 2011 à Sidi Bouzid
Je suis arrivé à Tunis début mars. Franco-Algérien de 20 ans résidant à Paris, je suis parti de France sans but défini, simplement parce que j'estimais que la révolution tunisienne – comme toutes celles qui secouent le monde arabe – était un événement unique, porteur d'un grand espoir.
De Paris, je suivais la situation au jour le jour, espérant que le 14 janvier ne reste pas lettre morte, que la révolution ne perde pas son âme. Jusqu'à ce qu'un jour, je n'y tienne plus : il me fallait venir sur place pour témoigner, agir à ma manière. Je souhaitais apporter ma modeste contribution au peuple insurgé.


Hakim B. décédé le 9 février 2011 à Hammamet
Quand je suis arrivé, j'étais un peu perdu. Pas question de peindre les murs sans demander leurs avis aux habitants, de m'imposer face à une culture que je ne connais pas aussi bien que je le voudrais. Alors je suis resté aux aguets, discret, attendant de comprendre quel pouvait être mon rôle. Avant de peindre, je voulais discuter, dialoguer, me faire accepter. C'est dans le quartier de la Hafsia que le déclic s’est produit : rencontres fertiles avec des jeunes et des artisans, amitiés, encouragements.

Mohammed Hanchi tué par deux "balles perdues" et ses amis
Quelques mômes du quartier m'ont parlé de leur ami Mohammed Hanchi tué par deux "balles perdues" alors qu'il n’avait pas même 20 ans. D'autres ont enchéri : il me fallait représenter leur camarade Hanchi, leur frère, leur ami disparu. Grâce à eux, j'ai rencontré sa famille, j'ai discuté avec ses amis, et j'ai compris que les morts de la révolution devaient être le sujet de mes créations. Car chaque personne m'expliquait, à sa manière : "ils ne doivent pas disparaître, les oublier serait les tuer une deuxième fois".

Whalid S. décédé le 24 décembre 2010
À ce jour, j'ai peint une quarantaine de martyrs, taille réelle. Hanchi, bien sûr, Mohammed Bouazizi, également, celui que tout le monde me réclame, mais aussi des martyrs moins "connus" : Aamer Fatteh, Moez Ben Slah, Ayoub Hamdi, Faiçel Chetioui, Mersbah Jwehri, Rabii Boujlid, et bien d'autres encore. Ils étaient menuisiers, professeurs, vendeurs ambulants, chômeurs... Ils vivaient à Tunis, Kasserine, Sidi Bouzid ou bien Gafsa. Des gens ordinaires qui ne méritaient pas plus qu'un autre de laisser leur vie sur l'autel de la révolution. Je souhaite, sur la longueur, les représenter tous. Des 236 martyrs "officiels" (selon le ministère de la Santé tunisien), je ne trouve pas toujours de photographies, de renseignements pour les représenter. C'est un travail de fourmi, mais un travail passionnant.

Hatem B. décédé le 12 janvier 2011
À mes yeux, ces figures ne sont pas des images mortes, des fantômes célébrés post-mortem. Ils n'appartiennent pas à un passé fantasmé, regretté. Ce sont des figures du présent, des compagnons de lutte. Si je les peins, si je me permets de les représenter, de les exposer dans des manifestations, c'est parce que je suis convaincu que leur disparition des mémoires marquerait la fin de l'espoir. De même que les Tunisiens se battent pour que leurs meurtriers – les snipers, les donneurs d'ordre, les matraqueurs – soient jugés et sanctionnés rapidement (revendication restée lettre morte pour l'instant), je cherche, à ma mesure, à rappeler la portée de la disparition de ces gens ordinaires.
Ils font partie de l'avenir, de cette Tunisie qui se dessine, s'esquisse sous nos yeux. C'est cette esquisse que je tente de représenter.

Diaporama de 37 photos
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samedi 2 août 2014

Brochure du "Au revoir à la CPCU"

Lors de la rencontre street art, dAcRuZ nous a donné la brochure d'Au revoir à l'usine CPCU de La Villette afin que les lecteurs du blog en profitent. Merci dAcRuZ, c'est un beau cadeau pour nous futurs résidents Canal Square.
Le mardi 19 octobre 2010 [voir le post Soirée d'au revoir à l'usine CPCU de la Villette], la CPCU a organisé, en collaboration avec la Mairie du 19e arrondissement de Paris et les associations de quartier, une soirée d'Au revoir à l'usine de la Villette.


Les grandes dates de la CPCU
1961    La SNCF utilise moins de charbon, les Charbonnages de France incitent CPCU, qui désire construire une nouvelle chaufferie, à la faire fonctionner au charbon.
1963    CPCU achète des terrains au bord du canal de l'Ourcq dans le quartier de La Villette.
1964    CPCU construit la chaufferie de La Vilette avec une chaudière au charbon.
1965    Mise en service de la chaufferie de La Villette.
1968    CPCU achète les terrains restants pour I'extension de la chaufferie avec une deuxième chaudière au fioul.
1970    Mise en service de la deuxième chaudière au fioul.
1988    Mise en service d’une troisième chaudière au fioul.
2000    Suite à la construction d’une canalisation structurante de vapeur reliant Saint-Ouen au quai de la Marne, l'activité de la chaufferie de La Villette est fortement réduite.
2009    La construction du tramway T3 permet à CPCU de construire une canalisation structu­rante de transport de chaleur dans l’Est Parisien. Dans ce contexte, la déconstruction de l’usine CPCU de La Villette est programmée pour 2011.
2010    Le 19 octobre, des habitants du quartier Ourcq-Jaurès, des artistes, ATCO, Cafézoïde, la Mairie du 19e et CPCU disent au revoir à l’usine.

Diaporama des 24 pages
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mercredi 9 juillet 2014

"C'est assez bien d'être fou" - Zoo Project à Odessa



Je vous ai déjà parlé du film C'est assez bien d'être fou dans un post précédent et combien ce film et son bonus nous avaient emballés. Aujourd'hui, il sera question d'un moment clé du film, l'étape à Odessa.

► Pour ceux qui découvrent voici un extrait du dossier de presse
Durant 4 mois un réalisateur Antoine Page et un dessinateur Bilal Berreni (Zoo project) ont traversé l’Europe jusqu'aux confins de la Sibérie. Mêlant dessins et vidéo, ils racontent leur périple à deux voix, entre road movie et conte documentaire.


Ils achètent un camion d'occasion, passent le permis, et cap vers Vladivostok ! Le début du voyage s'avère artistiquement décevant car les heures passées au volant laissent peu de temps pour les rencontres et la création.
La panne définitive du camion est donc une chance pour le projet. Le train, et surtout la troisième classe du Transsibérien donnent une autre dimension au périple.

Antoine et Bilal dans l'atelier temporaire d'Odessa - Image extraite du film - © Page

À Odessa, le film nous les montre travaillant sans relâche dans une ancienne usine à thé transformée en atelier, puis un cartouche nous annonce ET SOUDAIN... et là, l'écran explose et on est pris aux tripes ! 
Il y aura un deuxième moment de grâce à Vladivostok où l'on assistera au départ de containers essaimant les fresques de Bilal dans le monde entier.

Bilal dans l'atelier au coucher du soleil - Image extraite du film - © Page

► La préparation du happening d'Odessa
Cette vidéo, mise en ligne par Antoine Page, montre la préparation de l'hommage au film Le Cuirassé Potemkine. Si vous pensez acheter le DVD C'est assez bien d'être fou, surtout ne regardez pas cette vidéo pour garder l'effet de surprise.



► Le Cuirassé Potemkine
Pour ceux qui veulent voir ou revoir le film voici une version assez complète. La scène des escaliers à Odessa commence vers la 43e minute.

lundi 16 juin 2014

Zoo Project : "C'est assez bien d'être fou"

La fin tragique de Zoo Project (Bilal Berreni) et les 2 posts de Richard, Zoo project, 2 photos pour une triste histoire et Zoo project, un trait c'est tout ! ont titillé ma curiosité et bien m'en a pris. Non seulement j'ai découvert un excellent dessinateur mais aussi un artiste engagé.
Nous venons de visionner ce week-end le film C'est assez bien d'être fou et le deuxième DVD qui est une mine d'or et d'un intérêt majeur pour bien comprendre le film. En tout, cela fait environ 5 heures.

Fan-tas-tique, vraiment !
Ceci est dû aux qualités artistiques de Bilal mais aussi pour le second DVD à l'intelligence, la pertinence et la clarté d'Antoine Page, le réalisateur, qui tout au long du visionnage est passionnant.
En mise en bouche voici la bande-annonce et la fabrication de la pochette du DVD.

► Extrait du dossier de presse
Durant 4 mois un réalisateur (Antoine Page) et un dessinateur (Zoo project) ont traversé l’Europe jusqu'aux confins de la Sibérie. Mêlant dessins et vidéo, ils racontent leur périple à deux voix, entre road movie et conte documentaire.

► La bande-annonce dessinée par Zoo Project




► Le packaging du DVD fabriqué par Zoo Project

lundi 26 mai 2014

Fresque de Da Cruz et Marko, suite et fin

Après Richard analyse la fresque de Da Cruz et Marko, voici toujours de Richard, un billet sur sa rencontre avec Da Cruz et Marko et une analyse de la finition de la fresque située sous le pont de la Petite Ceinture avenue Jean-Jaurès.

Marko et Da Cruz
Lundi dernier, par hasard, j'ai rencontré Da Cruz et Marko alors qu'ils terminaient la fresque commencée plusieurs semaines plus tôt et que je croyais terminée. Belle occasion de vérifier mes hypothèses quant à la signification de l'œuvre et d'examiner par le menu les détails de l'ultime phase de réalisation.


Mon hypothèse selon laquelle la fresque avait une signification ambiguë a été, en partie vérifiée. Le cartouche vérifie que l'idée que Da Cruz se fait de l'urbanisation du quartier a changé. Il dit qu'une histoire se termine et qu'une autre commence. Bien sûr il y a des éléments de rupture (de nouvelles populations arrivent dans le quartier et vont continuer à arriver) mais aussi des éléments qui marquent des continuités (importance des programmes sociaux par exemple). Cette évolution est jugée certes inéluctable mais aussi positive. La fresque est explicitement dédiée par les deux graffeurs à Zoo Project (voir mon billet RIP Pigeon). La dédicace impose une interprétation et une seule donnée par les deux artistes : l'image de l'oiseau de feu fait référence au phénix. Sans la dédicace à leur ami assassiné, la fresque ne réfère pas explicitement au mythe du phénix, l'oiseau qui renaît de ses cendres. Dans le mythe, seul deux éléments constitutifs ont été gardés : l'oiseau et le feu. Ainsi dans l'œuvre court deux discours : un discours de Da Cruz (et seulement de lui) sur l'évolution sociale du quartier (le lien avec le quartier est clairement affirmé avec le "19" qui, ici, ne signifie pas le 19e arrondissement de Paris, mais notre quartier) et un "tombeau" pour leur ami assassiné qui a travaillé avec eux dans le quartier.

     


La phase terminale de l'œuvre est marquée chez les deux street artists par des compléments décoratifs. Marko à la bombe dégrade ses éclairs pour accentuer l'effet. Da Cruz cloisonne les cloisonnements et les remplit de motifs décoratifs simples. L'intérêt est dans l'ajout de couleurs et de motifs. L'addition de motifs se voit dans le fond vert de l'oiseau, transition avec le travail de Marko : des étoiles ont été ajoutées (motif récurrent chez Da Cruz nous l'avons déjà dit) et des "guillochages" faits à la bombe avec des couleurs en contraste fort avec le fond. Le résultat, une œuvre plus dense et plus vivement colorée, est remarquable. N'oublions pas que seule l'idée de l'oiseau était présente à la genèse de l'œuvre ainsi que la confusion entre le projecteur et l'œil de l'oiseau, le reste est, dans une très large mesure, improvisée par l'artiste dans le temps de l'effectuation de l'œuvre (Da Cruz reprend bien sûr des motifs décoratifs et des techniques qu'il a déjà expérimentés, moyen de "soulager" l'effort de création).


Da Cruz et Marko m'ont confié qu'ensemble ils avaient eu l'idée de l’œil qui jette des éclairs. Partis d'une idée générale, les deux artistes ont chacun de leur côté improvisé leur création. Nous sommes loin des dessins préparatoires des peintres de la Renaissance dans la peinture des fresques. Nous sommes, par contre, assez proches de la "performance" des peintres du XXe siècle. 



Cet aspect me parait essentiel pour apprécier le street art pour ce qu'il est : une forme originale héritière de la peinture de chevalet mais fortement marquée par les formes les plus contemporaines de la peinture moderne. 

jeudi 8 mai 2014

Zoo project, un trait c'est tout !

J'ai [ce post est de Richard] pris cette photographie non pas pour avoir une  photo de plus de Zoo project pour en faire je ne sais quelle compilation mais parce qu'elle est pour moi, émouvante.


L'énorme graphisme que Zoo project avait peint en montant sur un toit aisément accessible est petit à petit colonisé par des graffs de couleurs vives. Ces signes qui n'ont plastiquement aucun intérêt grignotent la fresque de Zoo project qui perd peu à peu non seulement sa signification mais son existence même. 

Zoo project disparaît lentement envahi par la médiocrité de graffeurs en herbe ignorant qu'ils sont de l'originalité d'un jeune artiste qui n'avait que le trait pour s'exprimer. Il s'agit en effet d'expression et d'expression esthétique. Derrière le trait noir il y a une volonté d'entrer en relation avec le monde pour lui dire quelque chose : une chose intime qui sort des tripes. Pas besoin de couleurs pour cela, ni de bombes, un trait c'est tout. 
Sans le savoir, les ignorants tirent un trait sur Bilal Berreni.

mardi 6 mai 2014

Zoo project, 2 photos pour une triste histoire

[Merci Richard, pour ce bel hommage à Bilal Berreni.]


Actuellement, sur le long mur des voûtes bordant la ligne de chemin de fer de la Petite Ceinture, rue de l'Ourcq, on peut voir une curieuse inscription: "R.I.P. Pigeon". J'avoue que si je comprenais le latin*, la référence à "pigeon" m'a laissé perplexe. Dans les jours qui suivirent, toujours passionné par ce qui a trait au street art, j'ai lu sur Internet le titre suivant : "Le corps du street artist français Zoo project reposait à la morgue de Détroit depuis huit mois"

Une photographie d'une fresque de Zoo project me renvoya à un style de fresque que j'avais déjà vu. Une citation de Bilal Berreni qui se cachait sous le nom de Zoo project éveilla mon intérêt. Cette citation est très belle : Zoo project est parti des pigeons. Ils sont là, tout le monde les rejette. Un peu comme moi qui peignais sur les murs. On me disait : "Va peindre ailleurs".



Bilal avait peint sous le pont de la Petite ceinture. J'ai découvert sa fresque par hasard une fin d'après-midi du mois de mars 2010. Peint sur de la meulière, la fresque était "énorme" et détonnait dans le petit monde du street art parisien. Pas de commentaire donnant un sens à la représentation, pas de titre, de cartouche, pas de revendication, mais un corps qui semble se vider par l'ouverture d'un tunnel. Cela me fit penser à une scène d'accouchement mais ce n'en était pas un. C'était sérieux, voire dramatique. Compliqué comme un cauchemar. Difficile à expliquer comme une psychanalyse. C'était beau et douloureux.

Quelques jours plus tard, les services de nettoyage de la Ville de Paris ont nettoyé le mur sali. Les ouvriers ont dû être bien embêtés, un graff aussi grand et la peinture blanche qui était rentrée dans les trous de la pierre marron salie par des décennies d'escarbilles des locomotives. Alors, ils ont pris une vilaine peinture marron, pas tout à fait le marron de la pierre, mais un marron plus clair qui couvre bien.
L'œuvre est dessous, invisible. Comme Bilal le pigeon, il est parti peindre ailleurs.
[Requiescat in Pace (qu’il repose en paix)]

jeudi 13 mars 2014

La gare Pont-de-Flandre : détritus, graffs, graffitis et Cie

© Google Street
© Richard - octobre 2013
Richard m'a envoyé quelques photos de l'ex-gare du pont de Flandre, ce qui a piqué ma curiosité.
Hier, j'ai fait un reportage à l'ancienne gare, et je n'ai pas été déçu ! D'accord, l'endroit est un peu abandonné mais il vaut le détour.
La journée étant ensoleillée et mon excitation graphique en alerte rouge, mon index s'est un peu laissé aller. Vous retrouverez tous les clichés dans un diaporama en fin de post.
© Richard - 2013

                  
© Richard - 2013

© Deyne - Mars 2014
Mars 2014
© Deyne - Mars 2014
Mars 2014
© Zoo project G.A.G.2010 - Mars 2014
Mars 2014
Photo extraite de La saga de la Petite-Ceinture © Christophe Recoura - 1990
Photo extraite de La saga de la Petite-Ceinture © La Vie du Rail - 1930

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