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lundi 18 mai 2015

Les Grands Moulins de Pantin vus par Paul Signac

©Paul Signac - 1927
D'après la fiche Paul Signac du site de la ville de Pantin : "Plusieurs de ses œuvres (notamment une série d'aquarelles datées de 1927) représentent Pantin, vu depuis le canal de l'Ourcq, mettant ainsi en avant les Grands Moulins" .

©Paul Signac - 1927 (artvalue
©Paul Signac - Wikigallery

vendredi 13 mars 2015

Marion, graveuse de mémoire

Et si on vous reparlait de Marion ? Vous savez, l'artiste qui a suivi crayon en main la déconstruction de la CPCU [CPCU, la démolition vue par Marion Chombart de Lauwe]. Elle crée actuellement ses œuvres sur une imposante machine à gravure laser au WoMa, un espace de travail collaboratif dédié, entre autres, à la fabrication numérique.

Dessin original ©Marion Chombart de Lauwe
Comment fait-elle ?
D'abord, Marion dessine in situ. Dans le cas présent, son dessin représente les Magasins Généraux de Pantin en cours de déconstruction. Après quelques heures en plein air, elle termine chez elle un dessin qui demande en tout une dizaine d'heures. Puis elle scanne le résultat en le retravaillant pour obtenir le meilleur rendu possible pour la gravure laser.

Plaque de métal d'environ 15x20 cm
Ses gravures sont réalisées sur des morceaux de ferraille, souvent parvenant du lieu qui va être gravé dessus. Belle cohérence ! Les plaques métalliques de Pantin sont blanches dessus, puis vient une couche de peinture bleue et une autre de rouge minium. L'épaisseur des couches se calcule en microns...

             


Faites entrer la machine ! Son rayon laser de puissance modérée permet de graver une ou plusieurs couches de peinture mais pas le métal. Le travail de Marion consiste ici à évaluer, d'après les différents essais, la puissance du laser commandé par ordinateur pour s'approcher du résultat escompté.


Et voilà le résultat après un rinçage à l'eau !
Le bleu et le rouge sont apparus et donnent au dessin un effet de relief en créant un univers nouveau. Marion dit toujours être dans la phase de tests, mais en voyant cette plaque "brut de gravure" nous avons eu tous les deux une grosse émotion.
Actuellement, Marion travaille sur les Magasins Généraux de Pantin mais quand elle commencera à graver ses dessins de la CPCU, nous vous reparlerons de cette artiste étonnante.

jeudi 4 décembre 2014

Fleur de Crime

©Serge
Fleur de Crime, chanson de 1894, est extraite du livre d'Émile Chautard Goualantes de La Villette et d'ailleurs. L'auteur nous a même traduit l'argot de la Villetouse !

I
C'est au guinch' que je fis Clémence
Une' fill' qu’a pas l' trac,
Un jour que j'eus beaucoup de chance
En f'sant un fric-frac,
Ell' m'dit: "J'suis chipé pour ton gniasse,
Mon petit bichon,
Mais n' faudra pas avoir la chiasse
D’un coup de torchon..."

Refrain
Ell' m'app'lait son loup, sa p'tite crotte,
Chaqu' jour pour mes zigu’s su' l' boulevard,
Elle en f'sait ; la nuit dans l'plumard
À m'aimer paumait la bouillotte,
C’était un' floum', un vrai' marmotte.

II
Bien souvent le soir à la thôle,
Quand elle rognait,
J'y foutais des marrons, c'est drôle
Comm' ça la r'bectait.
Ell’ râlait une demi-plombe ;
Puis à moi rev'nait en chiâlant,
M' dire en douc' : "Souffle la calbombe,
Je t'aim' mieux maint'nant".

III
Hélas! j' l'ai pas longtemps fait belle,
Car son ancien gas,
Qui v'nait toujours à La Chapelle
La courir su' l' tas,
En vach' m'a scionné par derrière.
Je m’suis fait servir
Et l' toubib de Lariboisière
Dit qu' j’en vais chrônir.

Refrain final
Ell' m'app'lait son loup, sa p'tite crotte,
Chaqu jour pour mes zigu's su' l' boulevard
Elle en f'sait ; la nuit dans l'plumard
À m’aimer paumait la bouillotte.
Adieu, adieu, ma pauvr’ marmotte...
I
C'est au bal que je connus Clémence
Une fille n’ayant pas peur,
Un jour que j’eus beaucoup de chance
En faisant un cambriolage,
Elle me dit : "Je suis prise pour toi,
Mon petit bichon,
Mais il ne faudra pas avoir peur
De te battre pour moi..."

Refrain
Elle m'appelait son loup, sa petite crotte,
Chaque jour, pour moi, sur le boulevard,
Elle se livrait à la prostitution ; la nuit, dans le lit.
À m’aimer perdait la tête,
C’était une femme, une vraie fille.

II
Bien souvent le soir, dans la chambre,
Quand elle n’était pas contente,
Je la bourrais de coups, c’est drôle
Comme cela la refaisait.
Elle bouillait de colère une demi-heure ;
Puis à moi revenait en pleurant
Me dire doucement : "Souffle la bougie,
Je t'aime mieux maintenant".

III
Hélas! je ne fus pas longtemps heureux,
Car son ancien amant,
Qui venait toujours à La Chapelle
L’ennuya sur le trottoir
M’a frappé d’un coup de couteau dans le dos.
J’ai mon compte
Et le médecin de Lariboisière
Dit que je vais en mourir.

Refrain final
Elle m'appelait son loup, sa petite crotte,
Chaque jour, pour moi, sur le boulevard,
Elle se livrait à la prostitution ; la nuit, dans le lit
À m’aimer perdait la tête,
Adieu, adieu, ma pauvre fille...

lundi 24 novembre 2014

Les Poulbots de La Villette

Ces deux documents, une carte postale et une affiche, édités par l'Assurance mutuelle des Abattoirs et du Marché aux bestiaux de la ville de Paris pendant la Première Guerre mondiale ont un point commun, Francisque Poulbot, l'artiste.

Pour une lecture plus aisée je vous ai retranscrit le texte, en particulier celui de Lucien D. dont l'enthousiasme et le lyrisme m'ont bien amusé.
Il dépend de nous que cette graine jetée au vent soit bonne ou mauvaise. Cultivons-là, donnons-lui de l’air, de la lumière et des soins, ne fût-ce qu’au temps des vacances et nous verrons pousser comme par miracle, entre les pavés de La Villette, non plus une herbe parasite, mais une plante vivace digne de la France, sa mère, et de Paris, son vieux papa !

Carte postale - ©Francisque Poulbot - 1916
Hommage de l'auteur à l'œuvre des Vacances enfantines de l'assurance mutuelle des Abattoirs et du Marché aux bestiaux de la ville de Paris - 1916

Affiche - ©Francisque Poulbot - 1918
Les enfants (filles et garçons) de 6 à 12 ans dont les parents travaillent dans les commerces et professions des Abattoirs de La Villette, de Vaugirard et du Marché aux bestiaux et industries similaires, partiront en vacances cette année pour deux mois.

Les départs, dont le dernier, en raison des circonstances de l’heure présente aura lieu le 10 juillet 1918, devant avoir lieu au fur et à mesure des inscriptions, les parents sont priés de faire inscrire leurs enfants sans retard au siège de l’Œuvre.

mardi 12 août 2014

La Villette vue par Vincent Brunot


Vincent Brunot est un peintre, illustrateur et cartographe ayant travaillé au début de sa carrière chez Gallimard à la collection Guides. À partir de 1998, devenu artiste indépendant, il a collaboré à de nombreux magazines et ajoute "j'ai pu me consacrer au dessin, au  croquis et à l'aquarelle à travers des paysages, souvent urbains, et des reportages dessinés en illustrant une série de carnets et d'ouvrages".

Pont de Crimée ©Vincent Brunot
Rotonde de La Villette ©Vincent Brunot
Les lecteurs avertis auront bien évidemment remarqué que Vincent Brunot a esquissé sur le pilier de droite la céramique de Jérôme Gulon ! Pour ceux à qui ce détail aurait échappé, une mise à jour gratuite est disponible grâce à un petit clic sur Les mosaïques de Jérôme Gulon à La Villette.

Grande Halle ©Vincent Brunot

dimanche 2 février 2014

Gonflement d'un ballon "Aérophile" à La Villette en 1896

© Dessin de M. Moulignier - Le Monde Illustré
Durant la nuit du 13 au 14 novembre 1896 à l'usine à gaz de La Villette, un ballon aérophile a été gonflé afin d'effectuer une "pénétration au-delà des couches du respirable" pour mesurer l'altitude, la température et autres données scientifiques. L'article ci-dessous de Noël Nozeroy est paru dans Le Monde Illustré du 21 novembre 1896. Le texte est un peu long mais deux siècles de recul lui confèrent une délicieuse saveur !

L'Aérophile
 L'homme a toujours été curieux de sonder les mystères impénétrables de l'au-delà et pendant que les religions primitives, les fables de la mythologie, intéressaient et distrayaient nos ancêtres, l'un d'eux poussait l'audace à se risquer dans les airs, premier pionnier de l'aviation.

Malgré tous les progrès que la science a réalisés au cours de ce siècle, l'aviation n'a pas fait un pas depuis Icare et semble délaissée tandis que l'aérostation compte des adeptes sur tous les points du globe. L'expérience à laquelle nous avons assisté dans la nuit du 14 novembre à l'usine à gaz de la Villette est des plus intéressantes. Il s'agissait de la pénétration au-delà des couches respirables, d'un ballon - l'Aérophile - qui serait muni d'instruments enregistreurs susceptibles de noter l'élévation atteinte et la température subie.
 [suit une longue description des appareils embarqués pour noter l’altitude et la température enregistrées]
 Au-dessus du panier était attachée une grande enveloppe recommandant de ne toucher aux appareils à la descente qu’après avoir lu les instructions contenues dans ce pli. Enfin à mi-distance entre le ballon et sa légère nacelle flottait le drapeau tricolore affirmant la nationalité de l’aérostat, car, la même nuit, à deux heures du matin, des expériences similaires étaient faites  à Strasbourg, Munich, Berlin, Varsovie et Saint-Pétersbourg.

C'est à MM. Besançon et Hermitte que revient tout l’honneur de ces recherches scientifiques qui ont pour but de pénétrer dans les sphères jusqu'ici inaccessibles, au-delà de toute distance atteinte jusqu'à ce jour. 
*
*     *
 Les premières expériences auxquelles les explorateurs célestes se sont livrés datent de 1892. Ils se servaient alors de petits ballons de papier de quelques mètres cubes. Le 21 mars 1893 ils lancèrent le premier aérophile d'un volume de 113 mètres cubes. L’atterrissage eu lieu près de Joigny ; l’altitude maxima avait été de 14,000 mètres. L'encre des enregistreurs avait été congelée à 12,500.

La deuxième ascension se fit le 27 septembre 1893 l'Aérophile parti à 11 heures du matin tombait à 11h22 du soir à Graffenhausen (Forêt-Noire), l'altitude avait été de 8,600 mètres et le diagramme thermométrique interrompu à - 40° centigrades par la congélation de l'encre. Un nouveau ballon de 180 mètres [m3] fut lancé le 20 octobre 1895 et alla atterrir à Chanitraux en Seine-et-Marne. Après être monté à 15,000 mètres, la plus grande altitude atteinte jusqu'à ce jour, la température était descendue à 70 degrés au-dessous de zéro. Enfin deux autres ascensions donnèrent des résultats à peu près similaires.
 *
*     *
L’Aérophile est tombé, après cinq heures de trajet à sept heures du matin dans les environs de Dinant, dans le Luxembourg belge.

Par une coïncidence bizarre, c'est près de cette même localité que M. Besançon a atterri lors de son dernier voyage aérien. L’Aérophile était accroché entre deux chênes gigantesques et les paysans belges qui ignoraient les détails de l'expérience n'ont pas envoyé de télégramme pour prévenir de leur trouvaille ; ils se sont contentés d'écrire par la poste.

Le ballon-sonde lancé de Strasbourg a été retrouvé dans la Forêt-Noire, il ne s'est élevé qu'à 8,000 mètres d'altitude, à cause des nuages de neige qu'il dut traverser et qui l'alourdirent.

Enfin le général Rykatschof a envoyé un télégramme pour prévenir que le ballon-sonde russe lancé à Saint-Pétersbourg, a éclaté à 3,000 mètres.

L'ascension en ballon monté a réussi, les observateurs sont descendus à Flosk après s'être élevés à 5,000 mètres.
 Noël Nozeroy.
Le Monde Illustré du 21 novembre 1896

vendredi 3 janvier 2014

Atget par Sergio

©Sergio

©Berenice Abbott (détail)

Ce dessin d'Eugène Atget trouvé sur la Toile semble avoir été fait à partir de la photo que Berenice Abbott avait pris en 1927 et qu'Atget n'a jamais vue étant mort quelques jours après la séance de prise de vue.

samedi 14 décembre 2013

Bernot et la Grande Roue



Aujourd'hui, dans la série La chasse au Bernot, je suis obligé de faire un agrandissement de la Grande Roue pour vous faire voir ma découverte ! C'est petit, d'accord, mais c'est bien le logo Bernot.

mercredi 23 octobre 2013

Au Petit Jardinet, à La Villette

Le cabaret Au Petit Jardinet est rentré dans l'histoire, peut-être grâce à sa proximité avec la Barrière, lieu où l'on s'arrête.

Le 25 juin 1791, avec le passage de Louis XVI
La voiture royale qui revient de Varennes vers Paris s'arrête à la Rotonde et Louis XVI demande un verre de vin, que Lebrun, tenancier du Petit Jardinet, lui apporte.

Le 30 mars 1814, en servant de lieu pour les pourparlers à la capitulation
Lebrun offre un verre d’aramon (la piquette de l'époque) au maréchal Marmont duc de Raguse, présent pour négocier la reddition.
Dans Journal d’un prisonnier de guerre anglais, témoin oculaire des événements arrivés à Paris pendant les premiers mois de 1814, qui est un appendice de La Défection de Marmont en 1814 par Pierre-Nicolas Rapetti, nous avons cet extrait :
Nous avons dit que la suspension d'armes, préliminaire de la capitulation de Paris, fut conclue dans un cabaret à l'enseigne du Petit Jardinet. Ce cabaret était situé dans la seconde maison à gauche en sortant de la barrière Saint-Denis. Le propriétaire de ce modeste établissement ayant fait de bonnes affaires par suite de l'affluence des visiteurs qui vinrent voir le lieu théâtre d'un si grand désastre national, fit peindre sur une planche l'inscription suivante où il célébra, à sa manière, l'événement auquel il devait sa prospérité :
AU PETIT JARDINET
L’AN 1814
ICI LE 30 MARS 
(JOUR À JAMAIS PROSPÈRE
POUR LE BONHEUR
DE NOTRE NATION)
LA PLUS SAGE
CAPITULATION,
AUX FRANÇAIS,
RENDIT UN PÈRE.
THOURONT
Md DE VINS TRAITEUR.

Mais tout est éphémère comme on le lit dans Mémoires d'un forçat ou Vidocq dévoilé, Vol. 2 par Emile Marco de Saint-Hilaire : "Je vis encore cette inscription au commencement de l’année 1815, mais pendant les Cent-Jours, on la fit disparaître". Et pour cause, ce n'était plus tellement tendance !

Lebrun semble être présent en 1791 et 1814, on lit son nom sur l'enseigne du dessin, mais sur la planche, il est écrit Thouront. Qui est qui ?

Gravure d'Auguste Rouquet extrait du livre La Villette (1930)
En comparant la gravure de Rouquet avec ce dessin paru dans la presse, je me dis que c'est assez ressemblant mais dans un second temps, quand j'inverse la gravure, plus de doute, Rouquet s'est servi de ce dessin pour tracer sa gravure.

Autre chose, la légende du dessin parle "du Petit Jardinet, à la Petite-Villette" alors que le témoignage affirme que "Ce cabaret était situé dans la seconde maison à gauche en sortant de la barrière Saint-Denis" c'est-à-dire côté Grande-Villette...

©BnF - 1853

vendredi 27 septembre 2013

Le pont de Crimée vu par Risel

Tirage de la sanguine Canal de l'Ourcq de Michel Risel

mercredi 11 septembre 2013

CPCU, la démolition vue par Marion Chombart de Lauwe

Aujourd'hui la démolition de la CPCU est vue par une graphiste, illustratrice, Marion Chombart de Lauwe. Ces dessins proviennent de l'article Dernières heures des bâtiments où vous pourrez voir la chronologie des 17 dessins réalisés de novembre 2010 à janvier 2012. Ce travail a fait l'objet d'un article par Fanny Léglise dans la revue L'Architecture d'Aujourd'hui n°388, pages 102-105.

Dessin au trait #5 de ©Marion Chombart de Lauwe
Dessin au trait #12 de ©Marion Chombart de Lauwe
Dernier dessin au trait #17 de ©Marion Chombart de Lauwe
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