Affichage des articles dont le libellé est LIEU Abattoirs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est LIEU Abattoirs. Afficher tous les articles

mercredi 27 mai 2015

"Le Monde et la Science" : abattoir

D'après Gloubik Sciences : Le Monde et la Science fut une tentative de publication d’encyclopédie scientifique et technique grand public par livraison. Malheureusement, elle n’arriva pas à son terme. Seuls les trois premiers volumes furent diffusés, interrompant la collection à la lettre P.
J'ai trouvé le premier feuillet de cette encyclopédie avec les rubriques : Abattoirs, Abattoir moderne, À côté de l'abattoir et Acclimatation. Conclusion, nous avons 11 pages – dont 5 rédigées par André Mesnager, auteur de l'ouvrage Les Abattoirs modernes, dont voici le texte pour vous en faciliter la lecture.
Bon appétit !

ABATTOIR
Établissement public où les animaux destinés à la consommation sont mis à mort et où les viandes sont préparées.
On s'est d’abord proposé, par la création d’abattoirs, d’obvier aux inconvénients de la circulation des animaux dans les villes, d’éloigner un spectacle répugnant, de supprimer les mauvaises odeurs qu'exhalaient les tueries particulières, enfin de percevoir plus facilement les taxes sur les viandes.
Nous savons peu de choses des tueries du Moyen Âge qui paraissent avoir été de véritables cloaques.
Un décret impérial de 1810 ordonnait à Paris la création d’abattoirs qui, plus tard démolis, ont été remplacés par celui de La Villette pour la rive droite et Vaugirard pour la rive gauche.
L’abattoir de La Villette couvre une superficie de vingt et un hectares. Il a été ouvert le 1er janvier 1867. À la suite d’une grande cour d’entrée est disposé le service de la boucherie en un vaste damier où des rues se croisant à angle droit séparent des îlots formés de corps de bâtiments accolés deux par deux à des cours.
Ce sont des étables et bergeries, où les bœufs, veaux et moutons font leur dernier séjour, alternant avec des groupes d’échaudoirs.
L’échaudoir est l’organe essentiel de l’abattoir de ce type, c’est la salle où le boucher tue, dépèce, débite la bête en quartiers. Cette salle a dix mètres de long sur cinq de large, fermée aux deux extrémités par des portes à deux vantaux, surmontée de vitrages qui y laissent passer un éclairage douteux. Au sol est fixé un anneau où le bœuf est attaché, obligé à baisser la tête. D’un coup de merlin, il est tombé comme une masse, il est saigné, les pieds en sont coupés, un tinet, long rouleau de bois, est passé dans les jarrets, maintenus écartés par 2 chevilles ; au moyen d’un treuil, le tinet, soulevé, vient reposer sur deux solives en fer placées à 2m50 du sol. La peau est détachée ; les viscères, enlevés et jetés à terre, répandent une odeur fade.
C’est encore dans l’échaudoir que sont sacrifiés les veaux sur des étaux, tables spéciales en bois, où ils sont ligotés et égorgés.
Les moutons y sont alignés sur des claies et ont la gorge tranchée.
Occupant une surface bien moins importante, le bâtiment de la charcuterie comporte des porcheries, un brûloir, un pendoir.
Ici, pas d’échaudoir, tout se fait en commun.
Les porcs assommés, saignés, brûlés, noircis, sont traînés sur un chariot au pendoir, où ils sont suspendus à des crochets, à deux mètres du sol, pour y être grattés, lavés à grande eau, découpés, habillés.
Il n’est pas abattu de chevaux à La Villette, mais à l’abattoir Brancion de Vaugirard, où sont disposés des échaudoirs semblables à ceux de la boucherie de La Villette.
L’un des principaux avantages de l’abattoir est l’utilisation de ce que les chevillards appellent le cinquième quartier ; ce sont les cuirs, la triperie, les suifs, les boyaux, le sang.
À La Villette, la triperie est attribuée à un entrepreneur qui, grâce à une installation mécanique bien comprise, en tire un rendement avantageux. Les têtes de veaux sont grattées mécaniquement après échaudage, de même les pieds de mouton. Là sont traitées les panses, l’huile est retirée des pieds. — Les suifs sont fondus à Aubervilliers, le sang est enlevé par des industriels.
Dans une partie éloignée, les panses sont transportées dans un hangar, connu sous le nom de coche. Cette partie est dans les abattoirs la plus malpropre et malodorante.
L'abattoir de La Villette, était considéré avant la guerre comme le type des abattoirs français. C’est aujourd’hui un type vieilli, ne répondant pas aux progrès de l’hygiène. L'abattoir moderne, ne doit permettre que la sortie des viandes offrant toute garantie au consommateur.
Dans l’échaudoir, l’inspection était illusoire.
C’est pourquoi, dans l’abattoir moderne, l’échaudoir a été substitué le hall d’abattage, où les bouchers travaillent en commun, sous le contrôle de l’inspection vétérinaire. Dès l’entrée, les animaux reconnus nuisibles sont évacués sur l’abattoir sanitaire, réduction du grand abattoir : les viandes saisies sont dénaturées, détruites par l’acide sulfurique ou brûlées dans un four, celles moins atteintes sont stérilisées par la vapeur ou salées.
L’abattoir moderne doit être abondamment pourvu d’eau de lavage, les parois des salles sont revêtues de carreaux de faïence lisses, clairs, facilement lavables, les locaux bien aérés et éclairés. Les viscères des bœufs, au lieu d être répandus sur le sol, sont vidés dans des charrettes spéciales.
Un atelier de vidanges remplace le coche ; les déchets, contenu des panses, sont versés par des trémies dans les voitures ou wagons qui stationnent au-dessous et, une fois pleins sont vidés hors de l’abattoir. Cet atelier est un local clos, couvert, aéré et ne répandant aucune odeur à l'extérieur ; les déchets sont à l’abri du soleil et ne peuvent fermenter.
Les eaux résiduaires, si incommodes pour le voisinage, sont traitées par la chaux et le sulfate de fer.
Si on pénètre dans le hall de boucherie, on voit que tout s’y fait mécaniquement. Sur des rails disposés à 4 mètres du sol circulent des petits chariots auxquels sont suspendus soit 2 demi-bœufs, soit 4 moutons.
Un bœuf aussitôt abattu est accroché à une barre de suspension spéciale qui maintient ses membres postérieurs écartés. Quelques tours de manivelle du treuil l’enlèvent du sol ; le boucher sectionne en deux parties ; un tour de plus, un levier entre en jeu, les deux moitiés de bête se rapprochent et viennent se suspendre au chariot de transport. Une légère pression donnée entraîne les bêtes hors de la salle jusqu’aux voitures des bouchers ou au frigorifique.
L’industrie moderne a doté les abattoirs d’un organe nouveau : l’entrepôt frigorifique. Salle fraîche à température de 2 à 3 degrés au-dessus de zéro où les viandes peuvent être conservées sans altération et même s’améliorer. De puissantes machines produisent le froid nécessaire, distribuent en même temps la vapeur qui échauffe l’eau pour l’échaudage des porcs à la triperie, et entretient dans les salles de travail une température agréable.
Telles sont, succinctement décrites, les dispositions des abattoirs modernes.
André Mesnager
Architecte de la Ville de Paris, diplômé par le Gouvernement.

jeudi 19 juin 2014

Les abattoirs par l'agence Mondial Photo-Presse

© Agence Mondial Photo-Presse - Bnf - 1932
M. Guichard présentant un nouvel appareil électrique pour l'anesthésie des porcs avant la saignée à La Villette en 1932.















Ci-dessous un diaporama de 6 photos.

... chargement d'un diaporama en cours ....

dimanche 4 mai 2014

Les abattoirs de La Villette vus par l'agence Rol

© Rol - BnF - 1911
Les photos de l'inspection sanitaire datent de 1911 les autres ne sont pas datées.
Ci-dessous, un diaporama de 21 photos.

... chargement d'un diaporama en cours ....

samedi 12 avril 2014

Les abattoirs de La Villette vus par l'agence Meurisse


Ces clichés de l'agence Meurisse ont été pris entre 1917 et 1927.
Il y a plusieurs photos de troupeaux de moutons tondus qui arrivent aux abattoirs. A l'avant, vous en remarquerez un, plus gras et ayant toute sa laine, c'est le mignard. Ce mouton est dressé pour entraîner le troupeau vers sa destination fatale...

"L'agence Meurisse doit son nom à Louis Meurisse, photographe belge qui la fonde en 1909. Active en son nom propre jusqu’en 1937, elle s’associe ensuite à deux autres agences, les agences Rol et Mondial Photo Presse, pour former l’agence SAFARA (Service des Agences Françaises d’Actualité et de Reportage Associées). En 1961, la Bibliothèque nationale se porte acquéreur du fonds." Extrait de l'article Les photographies de l'agence Meurisse de Gallica-Le blog


Diaporama de 15 photos
... chargement d'un diaporama en cours ....

vendredi 4 avril 2014

"Le Sang des bêtes" de Georges Franju

Le Sang des bêtes est un court métrage de Georges Franju
Ce film de 1949 qui dure 21 minutes est un témoignage poignant sur les abattoirs. L'image est vraiment belle mais... attention ce document est dur, parfois très dur.





Le texte ci-dessous est extrait de l'article Le Sang des bêtes : quand le documentaire absorbe la vie à l’état de traces qui est un chapitre de l'ouvrage Le Court Métrage français de 1945 à 1968 de Dominique Bluher et François Thomas.





"C’était à l’époque un terrain vague très étrange, très pauvre aussi et je suis allé faire le tour des murs des Abattoirs de Vaugirard. Ensuite je suis venu ici, je me suis baladé sur le canal de l’Ourcq, à partir de ce pont jusqu'au moulin de Pantin, j’ai tourné autour des abattoirs et c’est après que je suis entré à l’intérieur. J'ai commencé par l'extérieur. Et quand j’ai compris que ce qui se passait à l'intérieur était en sombre et cruelle harmonie avec le romantisme du paysage environnant, à certains moments de la journée et surtout à certaines saisons, et avec des procédés cinématographiques qui n'existent plus maintenant, c'est à ce moment-là que j'ai décidé de faire Le Sang des bêtes."
Georges Franju dans Tueurs sans haine


Première partie : Ouverture en fondu sur une vue de la ville. Une mention écrite précise : "Aux portes de Paris." Suivent des plans d’un terrain vague où se tient une brocante. Un train traverse l’écran et disparaît dans un fondu enchaîné.
Deuxième partie : L'abattoir de Vaugirard. Les abords puis l’intérieur de ce lieu spécialisé dans l’abattage des chevaux. Présentation des différents outils employés par les tueurs. Abattage puis équarrissage d’un cheval. La section se clôt par un plan représentant les battants de l’album-photo de la famille Macquard qui se referment. Fondu au noir.
Troisième partie : L’abattoir de La Villette. Tout comme la précédente, cette partie débute par des plans d'extérieurs aux abords de ce lieu. Midi sonne au clocher pendant l'abattage d’un bœuf. Après la décapitation en série des veaux, fondu au noir.
Quatrième partie : La criée des abattoirs, introduite par une ouverture à l'iris. Des moutons sont égorgés à la chaîne puis dépiautés. Cette partie se clôt par la fermeture des grilles de l'abattoir juste devant la caméra. Fondu enchaîné.
Cinquième partie : Elle marque un retour aux paysages extérieurs par une succession de plans fixes sur de vastes bâtiments. La nuit tombe. Le film se termine par le passage d’un train qui se rapproche et dont la fumée épaisse et grise envahit progressivement l'écran. 


jeudi 26 décembre 2013

La Grande Halle de La Villette en 1977

Sur la première photo de cette série, on voit encore la halle de Paris à droite et les abattoirs au fond, qui ne sont pas encore démolis. Je vous ai déjà montré un document d'Universal Photo avec les abattoirs vus de côté.




mercredi 25 décembre 2013

Je panse donc je suis, aux abattoirs de La Villette !

Pour compléter la série Les abattoirs de La Villette d'Eli Lotar, voici une photographie de l'Agence Meurisse de 1917, dans la même tonalité. Ici, ce sont des femmes qui lavent les panses dans un grand baquet.

©BnF - Agence Meurisse 1917

mardi 3 décembre 2013

Les abattoirs de La Villette par Eli Lotar

Attention danger, si vous êtes végétariens abstenez-vous, sinon vous risquez de le devenir !
Ci-dessous, la série photographique Aux abattoirs de La Villette d'Eli Lotar de 1929. Tous ces clichés sont au musée national d'Art moderne (Centre Georges Pompidou) à Paris. Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus Eli Lotar un photographe professionnel et militant en marge du surréalisme de Damarice Amao où l'on peut lire : Évoquer le travail de Lotar [...] nous conduit naturellement à évoquer ses célèbres images, quasi iconiques aujourd'hui, publiées dans la revue Documents* de Georges Bataille en 1929, à savoir Aux Abattoirs de La Villette. 
Et un peu plus loin : Ses carnets personnels répertorient de manière plus ou moins exhaustive les différents sujets traités dans sa carrière : les réverbères, les porches, les escaliers, les vitrines, les ponts, Paris la nuit, la tour Eiffel, les bassins de La Villette entre autres. 

©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou
©Eli Lotar - Centre Pompidou

©Eli Lotar - Centre Pompidou

* DOCUMENTS N°6
C’est dans ce numéro de novembre 1929 que paraissent les photos de Lotar, pour illustrer le texte du mot "abattoir" de Georges Bataille dans la rubrique Dictionnaire.

ABATTOIR — L'abattoir relève de la religion en ce sens que des temples des époques reculées, (sans parler de nos jours de ceux des Hindous) étaient à double usage, servant en même temps aux implorations et aux tueries. Il en résultait sans aucun doute (on peut en juger d'après l'aspect de chaos des abattoirs actuels) une coïncidence bouleversante entre les mystères mythologiques et la grandeur lugubre caractéristique des lieux où le sang coule. Il est curieux de voir s'exprimer en Amérique un regret lancinant : W.B. Seabrook (I) constatant que la vie orgiaque a substitué, mais que le sang de sacrifices n'est pas mêlé aux cocktails, trouve insipide les mœurs actuelles. Cependant de nos jours l'abattoir est maudit et mis en quarantaine comme un bateau portant le choléra. Or les victimes de cette malédiction ne sont pas les bouchers ou les animaux mais les braves gens eux-mêmes qui en sont arrivés à ne pouvoir supporter que leur propre laideur, laideur répondant en effet à un besoin maladif de propreté, de petitesse bilieuse et d'ennui : la malédiction (qui ne terrifie que ceux qui la profère) les amène à végéter aussi loin que possible des abattoirs, à s'exiler par correction dans un monde amorphe, où il n'y a plus rien d'horrible et où, subissant l'obsession indélébile de l'ignominie, ils sont réduits à manger du fromage. — G. BATAILLE
(1) L’Île magique, Firmin-Didot, 1929
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...