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vendredi 27 mars 2015

Burger à tester !


Très belle intégration du nouveau spot de restauration Burger & Co dans l'immeuble Batigère à l'angle de l'avenue Jean-Jaurès et de la rue de l'Ourcq.
Merci Gwelle pour ces photos.



jeudi 19 février 2015

Haro sur Boboland, les Partageux attaquent !



Voici, en complément de Vent de rébellion avenue Jean-Jaurès, quelques témoignages saisis par Richard dans notre quartier.

             
Avenue Jean-Jaurès

        
Avenue Jean-Jaurès

Rue Tandou
Rue de la Meurthe

mardi 1 juillet 2014

Au Sergent, rue d'Allemagne à La Villette


Au Sergent
Maison de confiance fondée en 1830
8, rue d'Allemagne - Paris, La Villette

Ce chromo date de la fin du XIXe ou début du XXe siècle. Chronologiquement on a pour cette voie, route de Meaux, rue d'Allemagne, avenue d'Allemagne et avenue Jean-Jaurès en 1914. Je pensais trouver les dates de ces nominations et ainsi être plus précis sur la publication de ce document, mais pour l'instant rien.

La notion de prix-fixe doit être assez nouvelle pour qu'elle soit ainsi mise en évidence.
Peut-être que, comme moi, le mot rouennerie ne vous dit rien ? C'est dommage et ça ne peut pas durer !


Rouennerie
Toile en laine ou en coton, d'abord fabriquée à Rouen, où dominent des couleurs comme le rose, le violet et le rouge et dont les dessins ou les reliefs résultent de la disposition des fils teints avant le tissage. 
Je voulais (...) faire un voyage dans Rouen, voir la draperie d'abord (mais il n'y a plus de draperie), la rouennerie ensuite (mais il n'y a plus de rouennerie à Rouen ; elle se fait surtout à Yvetot).
Jules Michelet, Journal, 1842
Extrait du CNRTL

samedi 14 juin 2014

Le Bal Colbus à La Villette par Virmaître

© Rouquet La Villette
Après Le Bal Colbus à La Villette par Marius Boisson et Le Bal Colbus à La Villette vu par Le Figaro, c'est aujourd'hui un document de Charles Virmaître dont la description qui suit n'est pas celle du Bal Colbus mais du bal dit "de barrière" en général. Ce texte est extrait du Nouveau Dictionnaire Historique de Paris de Gustave Passard (1904).

"Le nom de bal, dit Virmaître, si plein d'attrait pour les femmes, se détache en lettres noires, à la lueur d'une lanterne à l'extérieur. A l'intérieur, un ou deux quinquets fumeux sont fixés au plafond, un banc court tout autour des murs badigeonnés en rose ou en blanc. 
Sur les murs l'inscription significative : On ne fume pas en dansant. Au fond un orchestre fait d'une estrade peinte aux couleurs nationales, composé d'un piston, d'un flageolet et d'un tambour, et au milieu de la salle obscurcie par un nuage de fumée qui s'échappe des pipes de la galerie qui boit du vin sucré sur des tables séparées de l'endroit réservé à la danse par une barrière, s'agitent et se démènent de jeunes femmes en tablier et en bonnet, un mouchoir serré autour de la taille pour que les mains de leurs danseurs ne leur salissent pas la robe, tandis que de grands gaillards en blouse et en casquette de soie noire portant au cou de grandes cravates rouges ou bleues, nouées sur le côté, frappent à coups redoublés du talon ferré de leurs souliers sur ces parquets largement arrosés de sel pour absorber la poussière".

lundi 26 mai 2014

Fresque de Da Cruz et Marko, suite et fin

Après Richard analyse la fresque de Da Cruz et Marko, voici toujours de Richard, un billet sur sa rencontre avec Da Cruz et Marko et une analyse de la finition de la fresque située sous le pont de la Petite Ceinture avenue Jean-Jaurès.

Marko et Da Cruz
Lundi dernier, par hasard, j'ai rencontré Da Cruz et Marko alors qu'ils terminaient la fresque commencée plusieurs semaines plus tôt et que je croyais terminée. Belle occasion de vérifier mes hypothèses quant à la signification de l'œuvre et d'examiner par le menu les détails de l'ultime phase de réalisation.


Mon hypothèse selon laquelle la fresque avait une signification ambiguë a été, en partie vérifiée. Le cartouche vérifie que l'idée que Da Cruz se fait de l'urbanisation du quartier a changé. Il dit qu'une histoire se termine et qu'une autre commence. Bien sûr il y a des éléments de rupture (de nouvelles populations arrivent dans le quartier et vont continuer à arriver) mais aussi des éléments qui marquent des continuités (importance des programmes sociaux par exemple). Cette évolution est jugée certes inéluctable mais aussi positive. La fresque est explicitement dédiée par les deux graffeurs à Zoo Project (voir mon billet RIP Pigeon). La dédicace impose une interprétation et une seule donnée par les deux artistes : l'image de l'oiseau de feu fait référence au phénix. Sans la dédicace à leur ami assassiné, la fresque ne réfère pas explicitement au mythe du phénix, l'oiseau qui renaît de ses cendres. Dans le mythe, seul deux éléments constitutifs ont été gardés : l'oiseau et le feu. Ainsi dans l'œuvre court deux discours : un discours de Da Cruz (et seulement de lui) sur l'évolution sociale du quartier (le lien avec le quartier est clairement affirmé avec le "19" qui, ici, ne signifie pas le 19e arrondissement de Paris, mais notre quartier) et un "tombeau" pour leur ami assassiné qui a travaillé avec eux dans le quartier.

     


La phase terminale de l'œuvre est marquée chez les deux street artists par des compléments décoratifs. Marko à la bombe dégrade ses éclairs pour accentuer l'effet. Da Cruz cloisonne les cloisonnements et les remplit de motifs décoratifs simples. L'intérêt est dans l'ajout de couleurs et de motifs. L'addition de motifs se voit dans le fond vert de l'oiseau, transition avec le travail de Marko : des étoiles ont été ajoutées (motif récurrent chez Da Cruz nous l'avons déjà dit) et des "guillochages" faits à la bombe avec des couleurs en contraste fort avec le fond. Le résultat, une œuvre plus dense et plus vivement colorée, est remarquable. N'oublions pas que seule l'idée de l'oiseau était présente à la genèse de l'œuvre ainsi que la confusion entre le projecteur et l'œil de l'oiseau, le reste est, dans une très large mesure, improvisée par l'artiste dans le temps de l'effectuation de l'œuvre (Da Cruz reprend bien sûr des motifs décoratifs et des techniques qu'il a déjà expérimentés, moyen de "soulager" l'effort de création).


Da Cruz et Marko m'ont confié qu'ensemble ils avaient eu l'idée de l’œil qui jette des éclairs. Partis d'une idée générale, les deux artistes ont chacun de leur côté improvisé leur création. Nous sommes loin des dessins préparatoires des peintres de la Renaissance dans la peinture des fresques. Nous sommes, par contre, assez proches de la "performance" des peintres du XXe siècle. 



Cet aspect me parait essentiel pour apprécier le street art pour ce qu'il est : une forme originale héritière de la peinture de chevalet mais fortement marquée par les formes les plus contemporaines de la peinture moderne. 

mardi 13 mai 2014

La maison Canard au 161 rue Jean-Jaurès

[Le texte ci-dessous est extrait du chapitre La Villette n'était qu’un village, du livre Coins et Recoins de Paris de Marius Boisson de 1927]

Au coin à droite de la rue des Ardennes, voyez cet immense café à l'aspect simple, et sentant plutôt l'auberge de campagne ; c'est la maison Canard [Aux Arts et Sciences Réunis au siège des compagnons charpentier des devoirs du tour de France au 161 avenue Jean-Jaurès], le siège du compagnonnage des charpentiers ; c'est la demeure de la mère des Dévoirants.



C'est de là que, le 19 mars de chaque année, le cortège des membres de la corporation, tous en habit noir et la canne enrubannée, escortant l'un des trois chefs-d'œuvre que ce jour on montre au public, se met en marche pour aller entendre la messe à Saint-Laurent.

La musique militaire, qui est en tête, joue pendant le cours du dîner, sous les fenêtres de l'établissement où l'on retourne festiner.

... Le lendemain, cette foule d'hommes rudes et graves en d'autres moments, se met en quête d'acheter des jouets pour les enfants de la mère, lorsqu'elle en a. On voit une armée marchant sur deux rangs, et portant mirlitons, tambours, crécelles, trompettes, le tout résonnant à la fois, formant un concert qui met en émoi tous les gamins du voisinage.

Le troisième jour on se remet au travail.

samedi 3 mai 2014

Bellynck, la maison jaune !

Cette façade m'a mis les neurones en ébullition !

Si vous passez avenue Jean-Jaurès, en arrivant à la porte de Pantin, vous ne pouvez pas la rater, avec un jaune aussi pétant, la maison Bellynck. Chaque fois que je passe en voiture mon regard est attiré par cette façade, heureusement la circulation est souvent embouteillée, sinon j'aurais déjà embouti mon capot à cause de ce fichu immeuble ! Bon, cette fois-ci on était à pied, tranquilles... mais t'as vu le piano ? (normal me direz-vous, proximité de la Cité de la Musique), mais là mes petits rouages cérébraux se sont mis à tourner, tourner... Je n'en suis pas fier, ce n'est pas de la dentelle...

Petite réflexion... photographique
Au premier plan, un piano à queue pour une sonate en sol mineur... à l'arrière-plan, les soles meunières sur les pianos des maîtres-queux ! Et ça marche avec ré et raie... De la folie, j'vous dis !

Petite réflexion... géographique
Et puis ce jaune avec la verdure, ça vous fait pas penser au Brésil, au football, etc ?
Heeu diis-vooir, çaa t'faait pas penser à la Jaaamaaic ? T'en veux une taaaaffe ?

Stop, au pied les neurones, personne ne bouge, compris ?

Et l'autre qui peint sa maison en jaune en croyant que tout va pour le mieux...



mercredi 9 avril 2014

Porte de Pantin et rue d'Allemagne, il y a environ un siècle

Ces cartes postales datant du début du XXe siècle paraissent vraiment plus anciennes. 
L'espace d'une vie et tout disparaît !






mardi 18 mars 2014

Ça circule avenue Jean-Jaurès !

 Un tram, un bus et même le charbonnier qui va livrer avec sa carriole !


vendredi 28 février 2014

Papeterie du Marché de La Villette, 4 rue des Ardennes

Sur l'enveloppe de 1928 la raison sociale est Papeterie de La Villette alors qu'en 1932 elle devient Papeterie du Marché de La Villette en précisant que la maison est spécialisée depuis 1887 dans la fourniture de papiers pour l'alimentation.

vendredi 21 février 2014

Le Bal Colbus à La Villette par Marius Boisson

Le gouapeur - © Rouquet - La Villette
Après Le bal Colbus vu par Le Figaro, ici c'est une description extraite du chapitre La Villette n’était qu’un village du livre Coins et Recoins de Paris de Marius Boisson.

Le bal Colbus
L’établissement fait l’angle de gauche de la rue Bouret [avec la rue d’Allemagne]. Ce bal, réputé de longue date et de fort loin, est la maison Crosnier, autrefois bal Colbus, dit encore le Bal des Grues.

La population de ce casino populaire se compose entièrement de jeunesse. Les hommes ont de 18 à 22 ans, les femmes de 13 à 18. Les parents brillent par leur absence.

Définissons la toilette des habitués ; à peu d’exceptions près, elle est uniforme. Le sexe mâle a généralement un paletot, mais le plus généralement une blouse bleue, laissant apercevoir un pantalon plutôt gris que noir ; un foulard rouge ou jaune sert de cravate. Une casquette abrite le front. De temps à autre un mouvement oblique vous permet de surprendre un œil qui vous darde comme une pointe de stylet.

Les jeunes filles sont tête nue, en taille par toutes les saisons ; des bottes ou bottines montrent toujours un bas blanc bien tiré. Elles ont le feu sacré de la jeunesse ; mais dès qu’elles parlent on entend résonner une voix rauque ou enrouée. Leur sourire est gracieux, leurs sourires sont obscènes. En somme, elles sont mieux que les hommes. Quant au dehors, on voit que la coquetterie leur est naturelle ; elles risqueront aisément un rhume pour que trois choses restent en vue : leur chevelure, leur taille et leur jambe. Dans ce tumultueux endroit, tous les hommes sont armés de couteaux et de casse-tête.

L’immeuble du bal Colbus est toujours debout [en 1929] ; il fut café-concert puis Cinéma de la Renaissance.

vendredi 7 février 2014

Le Bal Colbus à La Villette vu par Le Figaro

© Rouquet - La Villette
Grâce au Figaro, nous savons que l’exécrable bal Colbus a cessé ses activités vers 1850 et qu'en 1877 il est remplacé par le respectable bal Chaynes, du nom de son propriétaire.

Mais dans Le Figaro du 24 octobre 1877, un article contre le bal Colbus, à charge et limite raciste de classe, dénonce : "une société plus que mêlée", "des repris de justice, des garçons bouchers et des gens exerçant une profession…inavouable, "ces quartiers éloignés", etc.

"Nouvelles diverses
On sait de quelle mauvaise réputation jouissent certains bals des anciens boulevards extérieurs ; nos lecteurs en connaissent déjà quelques-uns d'après la description que nous en avons faite. Il en est un cependant complètement inconnu de nos lecteurs, ou du moins de la plus grande partie. C'est le bal Kolbus [sic], situé rue d'Allemagne, près du boulevard de la Villette.

La société qui fréquente cet établissement est plus que mêlée ; les habitués sont en grande partie des repris de justice, des garçons bouchers et des gens exerçant une profession… inavouable. Quant à la gente féminine, c'est tout ce qu'il y a de plus bas dans l'échelle sociale.

La tenue, on le conçoit, est un peu négligée.  Dans la semaine on ne voit là que des individus vêtus de blouses plus ou moins dépenaillées ; celui qui oserait s'y risquer avec un paletot — ce paletot montrât-il la corde — serait sûr d'être traité avec les égards que les nobles voyous ont l'habitude de témoigner aux "aristos" qui se fourvoyent en leur compagnie. Le pauvre diable doit s'estimer fort heureux s'il ne reçoit que des horions, car le public habituel joue facilement du couteau.

Le dimanche surtout il y a des rixes fréquentes ; quand elles menacent de tourner au drame, le patron, homme d'une force herculéenne, met les combattants dehors, en disant :
- Allez vous saigner ailleurs ; pas de ça dans mon établissement !
On comprend qu'avec un pareil public les commissaires de police de ces quartiers éloignés aient fort à faire : il n'y a pas de dimanche où on ne leur amène un ou plusieurs individus accusés de tentatives de meurtre.

Disons en terminant que le dimanche seulement les paletots (les habitués prononcent panetot) ont droit de cité chez Kolbus. Ces hommes "bien mis" reçoivent le sobriquet de sénateurs.
C'est flatteur pour nos pères-conscrits !
Jean de Paris"

Petit problème et rétropédalage d’enfer, dans le numéro du vendredi 16 novembre 1877, pour éviter un procès avec le nouveau propriétaire, car le bal n’existe plus depuis 25 ans !

"Le Bal Chaynes -  12, rue d'Allemagne
Le 24 octobre dernier, nous avons publié un article sur l'ancien bal Colbus. M. Chaynes, propriétaire actuel de cette salle, a cru voir dans notre article une atteinte portée à sa considération. Informations prises, nous avons spontanément reconnu que l'article publié était complètement erroné, et que cette erreur était d'autant plus regrettable que le bal Colbus n'existe plus depuis vingt-cinq ans.
Nous savons maintenant que le propriétaire actuel, M. Chaynes, ancien sous-officier de l'armée, membre du jury aux assises, jouit d'une légitime réputation, et que son établissement est le lieu préféré pour les grandes réunions du 19e arrondissement : concerts, fêtes des deux sociétés chorales et fanfare, bals de bienfaisance et fêtes annuelles de la bibliothèque populaire du 19e arrondissement, présidé par M. Mallet, conseiller municipal.

Dans ces circonstances, et sur les conseils de son avocat, Me Delattre, M. Chaynes s'est désisté de la plainte qu'il avait formée."

lundi 6 janvier 2014

Moritz & Cie, rue de Meaux

Moritz & Cie, établissements situés au 68-70 rue de Meaux, étaient spécialisés dans la vidange des fosses septiques. En 1906 on comptait plus de 600 employés ! La récolte servait à fabriquer de l'engrais. Ci-dessous, une carte postale maison servant d'avis de passage de, soyons clair, la pompe à merde !




Le texte qui suit est extrait du Manuscrit de Demanet [1872-1875] cité dans Coins et Recoins de Paris de Marius Boisson de 1927.

Les Vidangeurs
La rue d'Allemagne [avenue Jean-Jaurès]... cette voie si belle est l'unique chemin qui mène au dépotoir et aux établissements de vidange qui ont fixé là leur spécialité commerciale. Un continuel mouvement d'artillerie nocturne (et diurne) résonne sur le pavé sonore et vous remplit le tympan de l’harmonie métallique de ses tubes, vides ou pleins. 

À partir de 10 heures du soir jusqu'au matin à 9h30, un interminable train d'équipages circule sans interruption, formant un pêle-mêle ascendant et descendant qui gêne tout passage, malgré l’escouade de police qui parvient à grand-peine à faire tenir la droite et à ne marcher que trois voitures à la file.

Qu'une parole de malédiction échappe à quelque imprudent par une soirée peu claire, sept ou huit charretiers forment une association momentanée pour une fourniture de horions au criard. Quelqu'un accourt, un agent se présente, tout le monde a repris son rang à la tôle de l’attelage ; il ne reste que le battu qui se frotte les côtes sans pouvoir désigner personne.
Cet état de chose demeure acquis et ne concourt pas à la réhabilitation du quartier.

Chaque jour une maison de vidange s’établit plus loin, le Dépotoir lui-même doit les suivre toutes, mais que l’ensemble se réunisse soit à Bondy, soit à Pantin, la rue d’Allemagne sera toujours le passage de ces véhicules, à moins qu’on ne trouve le moyen de les faire circuler souterrainement.
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