lundi 19 mai 2014

2e Rencontre Canal Square

Tout d’abord, désolé de ne pas avoir publié plus tôt ce post mais nous avons eu aujourd'hui un commentaire sur Le Pavillon des Canaux relooké par AlëxOne et SupaKitch qui a bouleversé notre journée. 
Patience, vous profiterez de ce magnifique cadeau de Benoit dans le post du 3 juin !


Alors cette 2e Rencontre ?
Ce n'était plus l'intimité de la 1re Rencontre (voir CSG News!), hier nous étions une vingtaine. Certains ont eu un empêchement de dernière minute, Julie et Didier, d'autres nous ont fait la surprise de nous rejoindre, comme Bernadette et Danièle, bref nous occupions tout le fond du Corso et les conversations allaient bon train ! Richard, notre chroniqueur street art nous avait aussi rejoint pour nous parler de son quartier qu'il habite depuis une quarantaine d'années. Tout était pour le mieux, de notre côté l'élaboration de la stratégie de la "campagne syndic" était déjà bien avancée, sauf qu'une grand tablée rectiligne ne permet pas de pouvoir parler avec tout le monde, aussi la prochaine fois, oui nous avons déjà parlé de la 3e Rencontre... celle-ci se passera sur un bateau où nous pourrons circuler librement !

Photo de Catherine depuis son balcon
Bien sûr, ensuite nous sommes allés faire le "tour du propriétaire" où nous avons rencontré Guillaume et Tommy qui eux aussi effectuaient leur petit tour et... Catherine dont le balcon domine le chantier Canal Square et qui nous a permis d'y accéder. En guise de bienvenue elle nous offre ces deux photos prises de chez elle et une surprise multicolore que vous allez découvrir prochainement !

Photo de Catherine depuis son balcon
Donc, côté "balcons accueillants" nous avons une vue imprenable sur Canal Square depuis le quai de l'Oise et maintenant depuis la rue de la Marne, il ne nous manque plus que la rue de Thionville. D'après Jean-Jacques, ça ne saurait tarder !

Enfin, une fois n'est pas coutume, je lance un appel.
Aujourd'hui avec Sally nous avons rencontré Paris Canal et Canauxrama pour la croisière de notre future rencontre. C'est bien, nous avons trouvé une solution, mais le pied (marin !) ce serait que l'on soit libres, libres... Est-ce qu'un futur résident aurait un pote qui aurait un bateau et qui... Bon, d'accord je rêve, mais on peut quand même poser la question, non ?

Ah oui, je ne vous ai pas dit, la 3e Rencontre est prévue le dimanche 6 juillet.
À suivre...

dimanche 18 mai 2014

Rencontre Canal Square

22
c'est le nombre de personnes
qui pensent venir au restaurant
Corso mk2
10/12 quai de la Seine
dimanche 18 mai 2014
vers 15h00


Vous êtes un futur résident
Canal Square
et ça vous tente...
alors, venez nous rejoindre !

samedi 17 mai 2014

Le Pavillon des Canaux relooké par AlëxOne et SupaKitch


Dans mon post Restructuration du Pavillon des Canaux à La Villette je vous annonçais que ce bâtiment allait être rénové pour être transformé en coffice... c'était un peu prématuré. Une marque de chaussures vient de le privatiser pour l'événement #sneakersclash, mais rassurez-vous l'accès sera ouvert au public en juin.


L'habillage du Pavillon a été confié à 2 artistes de renom, AlëxOne et SupaKitch, que vous pourrez peut-être voir à l'œuvre, perchés sur des chariots élévateurs.

AlëxOne [Dizac] - ©sneakArt

SupaKitch - ©thefashionweekcoffee




Diaporama de 15 photos
... chargement d'un diaporama en cours ....

vendredi 16 mai 2014

Richard analyse la fresque de Da Cruz et Marko

Sous le pont de la Petite Ceinture, avenue Jean-Jaurès, une gigantesque fresque a été peinte par Da Cruz et par Marko 93. 
Je propose en quelques photographies de soumettre cette œuvre à la critique d'art. Deux raisons guident ce choix "éditorial" : les graffeurs se définissent eux-mêmes comme des artistes et leurs interventions sur la voie publique sont présentées comme des œuvres d'art. Alors tâchons d'appliquer, modestement, les grilles d'analyse de la critique d'art à cette fresque.


La fresque représente un oiseau aux couleurs vives dont l'œil jette un rayon qui est diffracté par un réseau de "rayons" aux couleurs flashy. Un message titre l'œuvre "I still love my ghetto", inscrit sur une armoire électrique dans le bas de la fresque [c'est à gauche mais ne figure pas sur la photo].

Une analyse de la genèse montre que la signification est erronée.

À gauche, l'armoire avec le cœur où sera écrit "I still love my ghetto"
Au centre, le boîtier électrique qui servira pour le "1"
► Une première photographie prise dans la phase de préparation du support montre que Da Cruz a prévu le cœur qui servira de cartouche à son message, mais le fond vert laissant le lien entre l'œuvre de Da Cruz et celle de Marko n'apparaît pas.

► La comparaison entre deux photographies montre à l'évidence que Da Cruz avait fini son oiseau avant l'intervention de Marko. Le rayon qui semble jaillir de l'œil de l'oiseau a été peint après l'oiseau.


► L'œil de l'oiseau est un projecteur qui éclaire le trottoir la nuit. Je fais l'hypothèse que c'est ce projecteur qui a inspiré à Da Cruz l'idée de l'œil. Son "Inca" ayant toujours deux yeux, il a emprunté un thème second dans son travail : l'oiseau. Mais l'oiseau au bec crochu qui est fréquent dans ses fresques par la volonté d'occuper une très grande surface, en fait tout le dessous du pont de la Petite Ceinture, s'est transformé en oiseau plus gracile, au long cou présentant l'avantage de décliner grâce au dessin des plumes des couleurs contrastées et très vives. Le procédé du cloisonnement que nous retrouvons dans toutes les fresques de Da Cruz caractérise ses peintures. Les grands à-plats sont systématiquement cloisonnés de manière, d'une part à jouer sur l'opposition des couleurs et, d'autre part, à singulariser l'œuvre.


► Les "rayons" de Marko sont également des thèmes récurrents qui sont réutilisés pour les mêmes raisons : créer un effet optique flashy et signer l'œuvre.


► Le message renvoie les initiés à une chronologie ( I love my ghetto, I still love my ghetto, Requiem pour un quartier, mail envoyé contestant le bien-fondé de son assertion, rencontre avec Da Cruz, I still love my ghetto). Le tracé du cœur montre que lors de sa préparation l'artiste a prévu de présenter sa phrase dans un cartouche qui est celui de I love my ghetto. L'anticipation et le soin du lettrage laissent penser que ce qui est écrit est la signification de l'œuvre. J'ai à ce sujet des doutes : je pense que Da Cruz tenait à poursuivre son dialogue sur ses liens affectifs avec le quartier de son enfance, la figure de l'oiseau est une très intelligente utilisation des espaces et des objets "déjà là" (comme l'utilisation de l'armoire électrique mettant en relief le message, un boîtier électrique pour peindre le 1 de 19, le projecteur l'œil de l'oiseau).


► Marko a utilisé les vides laissés par l'oiseau de Da Cruz. Voulant à partir de deux œuvres créer une fresque, il a inventé un récit illustré : un oiseau magique projette des éclairs de couleurs. En fait, l'oiseau de Da Cruz prend par sa surface et la beauté de son graphisme toute la place : Marko complète sur la surface ingrate à travailler de la devanture d'un magasin jouxtant l'arche du pont.

En conclusion, un jeu de fausses pistes. 
Les deux graffs ne forment pas une fresque pensée par les deux artistes. Le message écrit n'est pas la signification de l'œuvre dans son ensemble: elle n'en est pas le titre, contrairement à l'apparence. Cette phrase est un sous-texte pour les happy few. Les graffeurs exploitent bien les surfaces et les contraintes de "terrain". Ils signent leurs œuvres non seulement de leurs noms mais par les formes récurrentes qui les singularisent en les identifiant.
Suite : Fresque de Da Cruz et Marko, suite et fin

mercredi 14 mai 2014

Germaine Tailleferre, n'en jetez plus !

Germaine Tailleferre a inspiré le service philatélique de La Poste !

Pas moins de 4 visuels dans ce post, auxquels il faut ajouter le superbe dessin d'Hélène Perdriat publié dans Germaine Tailleferre, la membrane !
Et pour couronner le tout, 2 photos qui nous la rendent plus proche mais qui nous montrent aussi la classe de cette grande dame avec Germaine Tailleferre, elle connaît la musique !

Elle était compositrice, alors pour la vue ça suffit, le prochain billet sera pour l'ouïe !
Enveloppe premier jour
Illustration et timbre de René Dessirier
Enveloppe premier jour
Illustration de P. Lambert et timbre de René Dessirier
Enveloppe premier jour
Illustration de J. Ortega et timbre de René Dessirier
Enveloppe Festival de musique française de Laon
Illustration de J. Ortega et timbre de René Dessirier
Enveloppe premier jour
Illustration d'Odette Baillais et timbre de René Dessirier
Maxicarte premier jour
Illustration d'Odette Baillais et timbre de René Dessirier

mardi 13 mai 2014

La maison Canard au 161 rue Jean-Jaurès

[Le texte ci-dessous est extrait du chapitre La Villette n'était qu’un village, du livre Coins et Recoins de Paris de Marius Boisson de 1927]

Au coin à droite de la rue des Ardennes, voyez cet immense café à l'aspect simple, et sentant plutôt l'auberge de campagne ; c'est la maison Canard [Aux Arts et Sciences Réunis au siège des compagnons charpentier des devoirs du tour de France au 161 avenue Jean-Jaurès], le siège du compagnonnage des charpentiers ; c'est la demeure de la mère des Dévoirants.



C'est de là que, le 19 mars de chaque année, le cortège des membres de la corporation, tous en habit noir et la canne enrubannée, escortant l'un des trois chefs-d'œuvre que ce jour on montre au public, se met en marche pour aller entendre la messe à Saint-Laurent.

La musique militaire, qui est en tête, joue pendant le cours du dîner, sous les fenêtres de l'établissement où l'on retourne festiner.

... Le lendemain, cette foule d'hommes rudes et graves en d'autres moments, se met en quête d'acheter des jouets pour les enfants de la mère, lorsqu'elle en a. On voit une armée marchant sur deux rangs, et portant mirlitons, tambours, crécelles, trompettes, le tout résonnant à la fois, formant un concert qui met en émoi tous les gamins du voisinage.

Le troisième jour on se remet au travail.

lundi 12 mai 2014

Canal Square, on teste les huisseries !

De la rue de Thionville au quai de la Marne... mon œil dit le poisson !
Bâtiment A
En ce moment, pour les tests de fenêtres ça tombe bien... surtout la pluie !
and now, on the left side, Canal Square !
Jean-Jacques, on ne remerciera jamais assez le propriétaire du balcon
qui te permet de nous donner de superbes photos !

Diaporama de 11 photos
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dimanche 11 mai 2014

La Résistance dans le 19e

Groupe FFI sur le boulevard de La Villette le 22 août 1944
Photo prise par Robert Doisneau
Il y a quelques semaines j'ai acheté La résistance dans le 19e arrondissement de Paris. Pour être honnête c'est parce qu'il était à moitié prix. 
Depuis, je l'ai feuilleté, une fois, deux fois, plusieurs fois, puis j'ai commencé à le lire en diagonale et, pris par le texte... j'ai commencé à le lire vraiment. Et maintenant je voudrais vous en parler. Je ne veux rien prouver, je veux juste parler de ce qui m'a touché.

À une époque où l'individualisme est une priorité et où il est plus important de paraître que d'être, à une époque où l'émigré est montré comme la source de tous nos problèmes, les pages de ce livre viennent remettre en place certaines valeurs paraissant "désuètes" comme par exemple "mourir pour la liberté d'un pays" !

"Mourir pour la France" quand on est "français de souche" comme on dit aujourd'hui, c'est héroïque mais quand un immigré de fraîche date meurt pour la France...

Parmi tous les témoignages, j'ai choisi Léon Goldberg, immigré juif polonais du FTP-MOI (Francs-Tireurs et Partisans - Main-d'Oeuvre Immigrée). Léon Goldberg est l'un des 23 de l'affiche rouge qui ont été fusillés le 21 février 1944, 3 jours avant ses 20 ans. J'aurais pu tout aussi bien prendre comme exemple Olga Bancic qui elle, était immigrée roumaine, aussi au FTP-MOI et qui a été décapitée le 10 mai 1944 à Stuttgart.

Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant.
Dernière strophe du poème de Louis Aragon, L’Affiche rouge

Affiche de propagande éditée par le régime de Vichy et l'occupant allemand
© Musée de la Résistance nationale / Champigny

Lettre à ses parents, déportés.

Chers parents,
Si vous revenez, et je le pense, ne pleurez pas, j'ai fait mon devoir en luttant tant que j'ai pu [...]. J'aurais voulu vous voir une dernière fois et vous tenir dans mes bras. Seulement ce n'est pas possible. Enfin ! Vous aurez encore deux fils qui deviendront des hommes. J'ai combattu pour que vous, Henri, Max, ayez une vie meilleure si vous reveniez et aussi pour qu'ils ne voient pas une autre guerre dans vingt ans. Ils sont jeunes et ils ont l'avenir pour eux.

Je ne sais vraiment plus quoi écrire, il y a tant de choses à dire et je ne voudrais pas écrire.

Chers parents, Henri, Max, chers frères, je vous embrasse de toute mon âme.
Votre fils, Léon Goldberg


Dernière lettre de Léon Goldberg à sa fiancée Ginette

Fresnes, le 21 février 1944
Ma chérie, ma dernière lettre et mon dernier souvenir pour toi, je vais être fusillé à trois heures. Il est 11h30. D'abord je voudrais que tu ne pleures pas et que tu sois très courageuse comme je le suis moi-même, je n'ai pas peur de mourir. Je trouve quand même que c'est un peu trop tôt. Comme cadeau d'anniversaire, c'est réussi n'est-ce pas.

Tu sais depuis samedi ce qui m'attend par les journaux.

Ta photo est devant moi ce matin, comme toujours. Je l'emmène avec moi pour ce long voyage dont personne n'est, je crois, jamais revenu. Console-toi très vite ; nous nous sommes trop peu connus. J'ai fait mon devoir envers tous, je ne regrette rien. Tout ce que je voudrais, c'est que, quelques fois, vous tous, mes amis, pensiez à moi ! Maintenant, j'embrasse tes parents, Fanny, toi-même, ma chérie, ainsi que tous mes amis. Quand mes parents reviendront, tu rendras mes affaires. Enfin, arrangez tout quand tous seront de retour.

Ils ont été forts pour mon cadeau d'anniversaire, tu ne trouves pas ? Je n'écris pas grand-chose, je n'ai pas grand-chose à écrire. Ça vaut mieux, parlons des amis. [...]

Je n'arrête pas de manger en ce moment. Que veux-tu que je te dise, ma chérie. Il faut bien mourir un jour. Je t'ai beaucoup aimée mais il ne faut pas pour cela oublier que la vie continue.

D'ici quelque temps, j'espère que tu te seras fait une raison et que la vie reprendra ses droits.

Enfin, adieu à tous, la vie sera meilleure pour vous, je vous embrasse tous, ta famille et toi Ginette. Je demande pardon à tous ceux des amis que j'oublie.

Ma Ginette, je partirai avec ton nom sur mes lèvres.

Vive la France
Léon

samedi 10 mai 2014

Germaine Tailleferre, la membrane !

Maxicarte du 11 avril 1992
Portrait par Hélène Perdriat, timbre dessiné par René Dessirier
Après un premier post, Germaine Tailleferre elle connaît la musique ! en voici un deuxième, toujours pour l'édition de son timbre, mais avec un visuel différent sur les documents. Le texte ci-dessous est extrait du Document Philatélique Officiel.

"Le groupe des Six se compose de cinq membres et d'une membrane" écrivait un critique vers 1920. La "membrane" s'appelait Germaine Tailleferre. Ses cinq complices se nommaient Honegger, Milhaud, Poulenc, Auric, Durey.

Née en 1892 à Saint-Maur-des-Fossés, celle que Satie appellera sa "fille musicale" commence l'étude du piano à l'âge de cinq ans. A huit ans, elle compose déjà de petites pièces. À l'insu de son père, qui s'oppose à une carrière musicale, elle entre au Conservatoire de Paris en 1904. La médaille de solfège qu'elle y obtient en 1906 tempérera quelque peu l'opposition paternelle. Mais Germaine doit toujours subvenir à ses besoins et payer ses professeurs en donnant elle- même des leçons de piano. 

C'est dans l'atelier du sculpteur Emmanuel Centaure, qui avait épousé sa sœur aînée, qu'elle fit la connaissance des peintres cubistes Fernand Léger, Albert Gleizes, Jean Metzinger, Robert Delaunay, André Lhote. En 1914, elle obtient le premier prix de contrepoint et fera partie, avec ses camarades de classe Milhaud, Honegger et Auric de ce qu'on appellera Les Nouveaux Jeunes. 
Après quelques séjours en Espagne et en Bretagne pendant le premier conflit mondial, elle revient à Paris où elle s'installe au cœur du quartier Montparnasse. Là, elle côtoie Modigliani, Kisling, Picasso, Zadkine, et songe à abandonner le piano pour le dessin et la peinture. Vers 1917, elle rencontre Erik Satie dont l'influence est manifeste dans le ballet Les Marchands d'oiseaux (1923). En 1921, Germaine Tailleferre compose, à la demande de Jean Cocteau, le quadrille des Mariés de la tour Eiffel.

Document Philatélique Officiel
En dehors des musiques de film, elle écrivit des mélodies, un quatuor à cordes, deux sonates, une ouverture pour orchestre, divers concertos, des opéras-comiques dont La Petite Sirène (1958). Pour Paul Valéry, elle composa en 1937 la Cantate de Narcisse

Dans les années cinquante, elle écrivit peu mais entreprit des tournées de concerts en Europe. Cette "Marie Laurencin pour l'oreille", ainsi que l'appelait Cocteau, termina ses jours en 1983.
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