mercredi 17 décembre 2014

CPCU, la lutte finale !

    


Jean-Pierre, témoin privilégié du quai de l'Oise, nous permet de voir la cheminée encore entière juste avant sa déconstruction.


mardi 16 décembre 2014

Bon, la visite c'est fait !


Notre appartement existe, nous l'avons vu !
Cette visite est intéressante car elle permet de recaler l'imaginaire à la réalité. Des surprises, plus ou moins bonnes mais dans l'ensemble ça se passe bien.
Petite précision pour ceux qui n'ont pas encore visité leur appartement : munissez-vous d'une lampe de poche ou si vous utilisez la torche de votre smartphone pensez à le recharger. En effet, les fenêtres étaient entièrement occultées par des matériaux opaques et ce matin à 9h00 la luminosité était réglée sur mini. Ah oui, vous l'aurez compris les branchements électriques ne sont pas encore faits.

lundi 15 décembre 2014

C215 et la caravane de son pote le Gitan

Merci Richard pour l'étude de cette belle œuvre de C215. Vous pourrez retrouver C215 à la mairie du XIIIe du 15 décembre au 28 janvier 2015 avec son exposition Douce France.

Vendredi 10 décembre, Paris. Il fait sombre. Il fait froid. Les bords du canal de l'Ourcq ressemblent aux côtes de la mer du Nord, désertiques et tristes. Les services de nettoiement de Paris et de Pantin ont fait leur travail : les murs sont blancs, seuls quelques graffs malhabiles témoignent de la volonté de petits gars de la banlieue de jouer dans la cour des grands. Quelques tags dans les endroits difficiles d'accès ; les employés municipaux ne prennent pas de risque. Les street artists ont déserté les rives du canal, comme le soleil d'automne, si beau et si fragile.

Derrière le Cabaret Sauvage, dans le parking "backstage", une caravane ruinée. Sa porte est grande ouverte, sa fenêtre aussi. Elle ne prendra plus la route. Les autres caravanes, celles des gens du Cabaret Sauvage, sont de l'autre côté, rassemblées à droite de l'entrée du public. Elle est seule dans un décor qui fout le bourdon. Cette caravane posée là comme une baleine échouée est abandonnée à la fureur de la pluie et du vent. Elle est  magnifiquement décorée par C215.

   



Bien sûr, la peinture commence à s'écailler, la mousse recouvre en partie l'avant, mais l'œuvre s'impose par sa beauté et sa cohérence thématique. Des Tziganes sont représentés sur trois faces de la caravane. Les pochoirs sont d'une grande précision ; les aplats qui pourraient être peints d'une couleur unique sont parcourus d'un réseau dense de traits noirs. On croirait le plomb du vitrail qui enchâsse le verre. Peu de couleurs ont été utilisées par C215 : le noir qui cerne les formes, dessine les détails, fractionne les surfaces, le bleu outremer et un bleu turquoise très clair, presque un vert d'eau. Les pochoirs sont le plus souvent des compositions de groupes de personnes (à l'exception notable d'une voiture américaine) : une jeune fille et une enfant, un homme et une vieille femme qui joue d'un instrument à cordes, deux femmes âgées et un accordéoniste.

Les femmes le plus souvent mendient. Elles ont la tête couverte, souvent d'un foulard, parfois d'une toque en fourrure. Les pochoirs sont mis en valeur par un fond bien particulier : à l'ordre des lignes du dessin s'opposent des traits puissants peints à la brosse. Le graphisme des courbes du décor confèrent une dynamique que les personnages n'ont pas. Presque tous regardent celui qui regarde, sauf la petite fille qui cherche le regard de sa grande sœur. La palette très réduite correspond à un nombre réduit de bombes aérosols et de pochoirs (rappelons pour mémoire qu'il faut un pochoir par couleur). La segmentation des zones est un impératif technique des grands pochoirs pour éviter qu'ils ne se déchirent. Néanmoins, cette fragmentation des surfaces donne aux pochoirs de C215 leur originalité. De plus, la précision des découpes et l'abondance des détails participent de la spécificité des œuvres. De la même manière, le décor très tourmenté, ponctué par des projections de peinture en rupture avec le dessin des pochoirs, distingue l'artiste des autres pochoiristes (je pense en particulier à Nemo dont nous avons dans ce blog reproduit des pochoirs).

   


Très admiratif des techniques, la représentation des Tziganes, des Bohémiens, des Gitans "m'interpelle au niveau du vécu". Je vois bien la relation entre la caravane et les Tziganes... les gens du voyage etc. L'artiste – pour autant qu'il est possible en regardant ses œuvres de comprendre ses intentions – en peignant ses personnages a essayé de représenter un peuple qu'il respecte et admire. Ces hommes et ces femmes qui roulent en voitures américaines, qui font la manche, qui jouent d'instruments populaires sont des stéréotypes d'un autre temps. Ces hommes et ces femmes semblent tout droit sortis d'images d'Épinal sur les Romanichels. Gardons-nous d'aller trop loin dans l'extrapolation : C215 aime les Tziganes, et ses pochoirs sont un bel hommage qu'il leur rend. Restons-en à la beauté des portraits, à la rigueur des compositions, à l'harmonie des couleurs, à la virtuosité technique de l'un de nos meilleurs pochoiristes français.

dimanche 14 décembre 2014

Conversation informelle sur la Petite Ceinture

Merci @ Les Nautes de Paris
Lors de la visite de chantier du 3 décembre 2014 sur le site de la future gare Rosa-Parks, Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France et président du Conseil du STIF, Yves Ramette, directeur régional Île-de-France de SNCF-Réseau et François Dagnaud, maire du 19e arrondissement engagent une conversation sur la Petite Ceinture.
Rien de fracassant, mais il est toujours intéressant d'entendre des décisionnaires parler assez librement, même s'ils savent, bien sûr, que la caméra enregistre.

Pas de scoop certes, mais il est clairement dit que sur la portion Est de la Petite Ceinture tous les travaux d'aménagement doivent être réversibles car, quand la ligne T3 sera saturée, le rail redeviendra d'actualité !

samedi 13 décembre 2014

Le triangle Éole-Évangile


Dans le post Lot 2C, le retour !, je vous disais que j'allais prochainement vous parler du second site de l'appel à projet Réinventer Paris dans le 19e arrondissement. C'était sans compter avec Jacques, dont les passions sont l'urbanisme et le rail, qui m'a inondé de mails pour écrire le post le plus documenté possible : projets, délibérations, conventions... Résultat, j'ai tout laissé de côté !


C'est sûr que ce triangle est très stratégique car il va jouxter la nouvelle gare Rosa-Parks mais disons-le clairement, c'est LA ZONE ! Lignes de chemin de fer au nord et au sud et pont routier élargi à l'ouest, le triple vitrage s'impose... Désolé Jacques, je manque de motivation pour faire un article structuré. J'attends de voir les différents projets pour en reparler.

Bâtiments qui vont être démolis.

Les Magasins généraux vus du pont de la mairie de Pantin

mardi 9 décembre 2014

Le dernier safari photos de Jean-Jacques !



Diaporama de 34 photos
... chargement d'un diaporama en cours ....


Tout doux les travaux du 10A !




Pour plus d'informations :

lundi 8 décembre 2014

Richard... au fil de l'eau !

Contrairement à dAcRuZ, Richard ne croit pas que l'art populaire est en sursis, ni dans notre quartier ni ailleurs, comme le montre son post.

L'idée de dAcRuZ consiste à penser que l'urbanisation dense d'un quartier a pour conséquence de priver les street artists de supports et qu'ainsi le street art se meurt.
Il suffit, un jour de beau temps, d'aller se promener sur la butte Montmartre. Les œuvres sont tellement nombreuses et intéressantes que des sites Internet se sont créés, spécifiquement consacrés au street art sur la butte. Pourtant, la densité du bâti est telle qu'il est difficile de trouver des murs que j'ai appelés "en déshérence".

Les street artists n'ont que faire des "murs autorisés". Cette forme d'art urbain s'est historiquement développée dans un contexte de transgression des règles, y compris des lois sur l'affichage. Aujourd'hui, partout dans le monde (voir les exceptions dans le post précédent), les street artists, consciemment, sont dans la provocation des systèmes sociaux en place. Rappelons que Banksy n'est pas le nom de l'artiste qui se fait appeler Banksy et qu'il n'existe aucune photographie de lui. Ce n'est pas une coquetterie, une lubie d'artiste, c'est une impérieuse nécessité quand on fait des pochoirs sur des murs qui n'appartiennent pas tous à des amateurs d'art urbain. Dans le même temps, Banksy fait des expositions qui sont des institutionnalisations de sa création et... une source de revenus (bah oui, les pochoirs ça coûte et ça ne rapporte rien, même pas un copyright sur les photos !) Le street art n'existe que dans les villes quelles que soient les formes que prennent les urbanisations, Pour preuve, s'il en fallait une, les œuvres sont classées soit par artiste soit par ville (le street art à Paris, à Londres, à Berlin, etc.) Le street art est un art né de la provocation et qui porte en lui un message sociétal et politique de contestation des pouvoirs (des pouvoirs politiques, des pouvoirs des possédants, etc.)

Certes, depuis une vingtaine d'années, ma référence à la première exposition de Banksy va dans ce sens, des initiatives sont prises pour faire rentrer le street art dans les clous de la loi. Ourcq Living Colors en donne un bon exemple (beaucoup d'autres existent ; les expositions du WIP à La Villette [actuellement Le Module de Zeer], l'organisation par la Seine-Saint-Denis cet été d'une "exposition" en plein air, etc.). Deux mouvements se dessinent : un mouvement que je qualifierais de libertaire et un courant institutionnel. Dit autrement, des artistes auront dans le futur encore besoin du vandalisme, de la provocation pour donner de la force à leur message et d'autres comme Jean-Michel Basquiat s'intégreront dans l'art contemporain.

Après cette courte digression, je vous propose une promenade sur la rive droite du canal de l'Ourcq, en allant vers Pantin. J'ai retenu six images que notre blog n'a pas encore publiées.

              


              


Les quatre premières sont des pochoirs. Des pochoirs de feuilles avec de jolies formes et de jolies couleurs. J'aime imaginer le jeune street artist en "herbe" (jeu de mot, feuille...herbe), avec ses deux, trois pochoirs et ses bombes dans son sac à dos. Il s'est approprié un petit espace pour ne pas gêner les cadors. Consciencieusement, on scotche ses pochoirs et on vaporise juste ce qu'il faut de peinture. Faut pas que ça coule (n'est pas Pollock qui veut, on verra plus tard pour la provoc !). Ensuite, on décolle le premier pochoir et on attend que ça sèche...Et on recommence avec le deuxième. C'est "cute" comme disent les Anglais, "so nice".

La fresque d'EPK surprend. C'est un street artist israélien qui, lui, fait dans la provoc. Son œuvre est structurée : un cadre, un sujet (un corps démembré, dont il ne reste que les bras et les jambes). Elle est située près de l'ancien centre des douanes qui a été un spot du street art à Pantin. Comme toutes les œuvres d'art, sa fresque cache un mystère. Le fait qu'il soit israélien est-il une clé pour comprendre la signification de la représentation. Un peu malgré moi, je fais référence à un détail du Guernica de Picasso. Hasard ou discours sur la guerre ?

La dernière image de cette série, c'est une émotion qui se rapproche des pochoirs des feuilles. C'est tout simple : deux, trois couleurs, autant de pochoirs, autant de bombes. En plus, comme tant d'autres grands frères (exemple Levalet), on tire partie de l'environnement. Mais c'est pas du Levalet. D'abord c'est un pochoir, ensuite Levalet, en fonction des lieux, dessine des personnages, là on bombe des fleurs et des papillons, au bas de tous les murs. C'est délicat. C'est fait pour faire beau. Embellir le pavé de la ville c'est déjà un premier pas. Pour la rue, street in english, nous y sommes. Quant à l'Art ? Nous reviendrons l'année prochaine...ou jamais.
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