dimanche 10 mai 2015

Elle voit des efflorescences partout !


Ça commence avec l'immeuble du Dernier Tango à Paris
et ça finit avec les efflorescences sous le pont de Bir-Hakeim !

La gare Rosa-Parks, un tiret c'est tout !


Tout d'abord, ce n'est pas Rosa Parks mais la gare Rosa-Parks, na !
Le Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale nous disant que dans une dénomination composée [de noms de rue, place, boulevard, etc.], tous les éléments, à l'exception de l'article initial, sont liés par des traits d'union. Bon, mais c'est pas gagné !


Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur cette nouvelle gare pleine de superlatifs :
La lettre d'information #4 – Décembre 2014
La lettre d'information #3 – Août 2013
La lettre d'information #2 – Avril 2013
La lettre d'information #1 – Décembre 2012

vendredi 8 mai 2015

Galerie à ciel ouvert... et en live !


Billie Holiday ©PBoy - Merci Urbacolors

La Billie Holiday de PBoy dans le post de Richard m'a vraiment emballé. Après quelques recherches, j'ai retrouvé l'original et, grâce à Urbancolors, voici l'artiste et son œuvre.
Puis, ci-dessous, Pearl et Marko sur le même site.

            
©Pearl - Merci Urbacolors

©Marko - Merci Urbacolors

jeudi 7 mai 2015

Après la pluie... les efflorescences !


Nous pensions que la pluie allait faire disparaître nos efflorescences. C'était une erreur ! Comme le montre ce cliché de Danièle pris après une journée bien arrosée.

mercredi 6 mai 2015

Galerie à ciel ouvert




Je [Richard] vous propose un petit post, abondamment illustré (mais comment parler de street art sans montrer des images !), qui décrit une initiative certes modeste mais intéressante de plusieurs points de vue : le premier est social, confier des responsabilités à des jeunes adolescents du quartier de l'avenue de Flandre ; le second, offrir aux street artists qui travaillent dans notre quartier des supports institutionnels pour peindre.

©Choq


C'est une belle histoire. L'histoire d'une rue qui relie la rue de Flandre à la rue de Tanger. Elle est tellement petite qu'elle n'a pas de nom*. C'est une "rue de service" qui dessert les entrées de vastes ensembles d'HLM. Sur le côté droit de cette rue sans nom, quand on va vers la rue de Tanger, 4 panneaux, plus loin 4 panneaux carrelés en céramique à l'entrée d'un immeuble appartenant à Paris Habitat, à la sortie, un petit panneau qui devait servir dans d'autres temps à d'autres usages. Petite rue, quartier que d'aucuns qualifient de "difficile". Sous l'impulsion d'animateurs de quartier, cette rue a été rebaptisée la galerie à ciel ouvert. "Galerie" est certes impropre mais les panneaux qui étaient constamment tagués sont dédiés à des street artists du quartier. Paris Habitat prête ses murs, les animateurs et les ados gèrent le lieu, invitent les artistes, organisent des manifestations inaugurées par Monsieur le maire du 19e et ses adjoints.


©P.Boy

Les artistes sont parfois connus (je pense à Marko 93), d'autres en passe de l'être. Tous les styles s'y côtoient : on y retrouve les influences du tag et certaines fresques sont, en fait, des compositions intégrant le tag, le blaze de l'artiste, comme un élément récurrent de la représentation. L'écriture des lettres, ou plutôt la peinture avec une bombe aérosol des lettres du nom d'artiste, y joue un rôle majeur. Combiné à la répétition et à la variation, les œuvres innovent un genre mixte, une fresque composée de tags. D'autres fresques sont plus "classiques" : portraits et délires graphiques mêlant des personnages échappés de la bande dessinée à des situations qui pour les ados font sens. Une immense fresque onirique au dessin marqué par l'influence de la bande dessinée, sur deux panneaux, étonne. Le contraste entre la nature luxuriante, édénique, et les HLM devant, derrière, partout, questionne le curieux : c'est parce que les artistes vivent dans le béton qu'ils rêvent de jungles, d'explorations dangereuses dans de lointaines contrées ? Un rêve inversé de la ville, un contrepoint riche de couleurs et de formes bizarres (c'est étonnant, cet art appelé "art urbain" qui représente les forêts du Douanier Rousseau).

             


             


©Kongo – ©Le h©Acre

Marko, le grand frère, celui qui a réussi grâce à son talent est ici en terre conquise. Les ados saisissent immédiatement les allusions à leur culture, le Dark Vador de La Guerre des étoiles appartient à cette nouvelle mythologie, comme les sabres-lasers. Quand Marko dans un cartouche lui fait dire : Je suis ton frère, certains ados détruisent ce qu'ils ont tant aimé. Va pour le guerrier des ténèbres aux pouvoirs magiques. Mais quand il prône l'amour de l'autre et la fraternité, c'est autre chose qui se joue et on lui arrache le visage. Décidément, le Je suis Charlie est passé de mode. Certains ados s’identifient à d'autres héros, du moins à ce qu'ils en voient sur Internet.


©Pearl

Marko a voulu soutenir la manifestation en collant deux affiches et en dessinant un sabre à la bombe. Comme le dit le bon sens populaire, c'est l'intention qui compte. La fresque déjà faite maintes fois, refaite devant un public, en live, a l’extrême mérite d'avoir été faite pour les ados du quartier, et gratos. C'est un acte citoyen qu'il faut saluer. Par ailleurs, la présence de Marko donne une certaine importance à l'événement.

Bref, un bailleur social, comme on dit, qui prête ses murs pour les street artists du quartier, des éducateurs qui avec les ados des associations entretiennent les fresques et les nettoient, une municipalité sensible à cet art rejeté dans les limites imprécises du vandalisme, autant de marqueurs de changements sociétaux et esthétiques.
* Finalement, elle a un nom, c'est la rue Suzanne-Masson

©Marko

Des gravures... à la mode par Marion !

Cliquer sur l'image pour lire le texte
Très bel article de Patricia de Aquino dans le journal de Pantin Canal #237 d'avril 2015 à propos du travail de Marion Chombart de Lauwe sur les anciens Magasins Généraux devenus les futurs locaux de BETC. Bonne nouvelle, Marion a mis de côté des plinthes en acier sur lesquelles elle va pouvoir nous graver ses dessins de la CPCU !
En agrandissant le dessin vous verrez – en haut à droite – que notre ami Marko 93 est passé par là !

dimanche 3 mai 2015

Notre 7e – et dernière – Rencontre !


L'Ourcq en toute liberté avec le Felix de Azara !

Nous avons enfin trouvé un bateau pour flâner à notre guise sur le canal de l'Ourcq. Il n'est pas taillé pour la Coupe de l'America mais comme les voiliers il est silencieux car ses deux moteurs sont électro-solaires.
Nous l'avons visité... il nous a conquis, c'est exactement ce qu'il nous faut !
C'est spacieux, panoramique, aéré avec des petites plages soleil à l'avant et à l'arrière.

Notre programme pour le dimanche 31 mai 2015 : plaisir et liberté !
► Heure d'embarquement : quand ça nous plaira
► Lieu d'embarquement : bassin de La Villette ou le long du canal
Lieu de la croisière : le canal de l'Ourcq et plus si nous le souhaitons
► Durée de la croisière : tant que nous y prendrons du plaisir
► Lieu de débarquement : où vous voulez (pour rentrer en métro ou RER), le terminus étant prévu bassin de La Villette.

► Pour ceux qui n'arrivent pas à concilier fête des Mères et croisière... menez votre maman en bateau, elle sera transportée !
Ça vous plaît ? Alors, c'est ici pour en savoir plus !

samedi 2 mai 2015

Cet été, Le Trabendo rime avec Kohndo !

Hip Hop Citoyens et Le Trabendo présentent, dans le cadre du festival Paris Hip Hop 2015
LA CLIQUA
Cette année, l'album Conçu pour durer souffle ses vingt bougies, vingt ans de carrière que Daddy Lord C, Rocca et Kohndo viennent célébrer ensemble sur scène, mercredi 1er juillet, comme un hommage à la grande histoire du hip hop français. Trois artistes, trois piliers du rap français, trois univers qui s'entremêleront lors d'un show qui s'annonce anthologique !

"Face au mur", le mystère...

Hip Hop Citoyens présente
FACE AU MUR
Dans le plus grand secret, des graffeurs investissent actuellement un bâtiment désaffecté et vierge au cœur de Paris. Le festival Paris Hip Hop leur a donné carte blanche afin de concevoir ensemble une œuvre spectaculaire. 1000 m² entièrement dédiés au graffiti mêlant fresques monumentales, photographies, exposition de toiles et installations. Dans la logique du mouvement graffiti, ce lieu unique et éphémère restera accessible pendant un mois, avant de disparaître définitivement et de retourner à la poussière.

Vous retrouverez Batsh, dAcRuZ, Lazoo, Marko et Noe Two entre autres.

vendredi 1 mai 2015

Le street art dans notre quartier

Aujourd'hui, Richard nous propose un essai de compréhension des causes de rivalités entre les crews mais pas seulement...

Je voudrais essayer, en fonction des connaissances que j'ai et qui sont par définition partielles, de cerner les ressorts d'une "économie du street art" dans notre quartier.

Avant la construction de la crèche collective de la rue de l'Ourcq, le territoire de dAcRuZ et de Marko était vaste. Il comprenait, du nord au sud, le grand mur de la rue de l'Oise, une partie du quai de l'Oise, la rue de l'Ourcq (de son intersection avec la rue de l'Oise au croisement avec l'avenue Jean-Jaurès), tous les murs qui cernaient la centrale thermique, deux murs se coupant à angle droit du quai de la Marne, la rue de Thionville. Il serait plus juste de dire le territoire de dAcRuZ, l'enfant du quartier, de Marko son copain du 9-3 et de leurs invités. On y trouvera des noms fort connus du milieu parisien, Mesnager, Mosko et associés et des artistes venant d'Afrique du Sud, du Portugal... Bref, des street artists rencontrés lors de manifestations nationales ou internationales. On voit le rôle central de médiateur qu'a joué et que continue à jouer dAcRuZ dans la vie du "spot".




L'urbanisation a changé la géographie des lieux : la rue de l'Oise et le quai sont "sortis" du spot, toute la partie droite de la rue de l'Ourcq également (le côté droit en allant vers l'avenue Jean-Jaurès), les murs de la centrale ont disparu avec la centrale. Restent un portail de la rue de Thionville, un tout petit bout du quai de la Marne exclusivement dacruzien, le pont de la rue de l'Ourcq, les "arches" du côté gauche de la rue de l’Ourcq. Sont venus s'ajouter, une partie du pont de la Petite Ceinture et un côté de la rue Germaine-Taillefer. 


Le territoire qui avait une relative unité géographique a été morcelé. De plus, tous les murs n'ont pas le même intérêt pour les artistes. Le grand mur de la rue Germaine-Taillefer est ce que je vais appeler un "mur mort" : les fresques ont été réalisées dans le cadre d'Ourcq Living Colors et elles n'ont pas été recouvertes par d'autres depuis juillet 2014 !  Cette rue qui n'est guère animée n'intéresse personne (comparons avec les fresques de la rue Noguères et de la rue Dénoyez). Le mur peint par dAcRuZ sur un côté du pont de la rue de l'Ourcq semble avoir, avec le temps, acquis un statut patrimonial (et c'est tant mieux!, même si on peut être en désaccord avec le fond comme je le suis moi-même). Le mur du quai de la Marne qui jouxte Canal Square, après une revendication de Nite et de son crew, reste dans l'escarcelle de dAcRuZ. Il est vrai que le quai est très fréquenté et que l'emplacement assure une bonne visibilité des œuvres.  La partie la plus disputée est ce qui reste de la rue de l'Ourcq. La rue est très passante ; la circulation automobile y est dense. Conséquence, le regroupement des œuvres dans une même portion de rue et l'excellente visibilité des productions en font un lieu recherché qui a été contesté. Je me suis amusé à mesurer "à la louche" les mètres linéaires appartenant à dAcRuZ, Marko et leurs invités ; j'en ai compté avec le retour du pont SNCF, environ 162. Nite et son crew ont la portion congrue soit 6 mètres. 

La délimitation des territoires, c'est-à-dire, des surfaces à peindre, n'est pas suffisante pour comprendre ce qui se joue dans notre quartier. dAcRuZ et Marko sont des professionnels qui vivent de leur art. Ils gagnent de l'argent de différentes manières : d'abord il faut faire savoir au milieu du street art que vous existez et donner des exemples de votre travail. Pour cela, il est bien que les œuvres qui illustrent votre talent soient regroupées pour faciliter les choses. Les murs sont comme les pages d'un catalogue d'une galerie d'art. Si les œuvres sont disséminées dans tout Paris, c'est pour imposer l'"avatar" qui vous représente. Je pense à M. Chat : son chat est un peu partout et presque toujours semblable. L'artiste n'a pas besoin de montrer toutes les facettes de son art : M. Chat peint des chats, parfois des petits nuages. À part "chat", pas grand-chose d'autres (mais c'est suffisant pour être connu internationalement et vendre des toiles et plein de "produits dérivés"). Le chat est le blaze de l'artiste et la présence du chat dans des endroits insolites et dans de très nombreux pays est le projet d'intervention de son créateur.

Pour dAcRuZ, la figure de l'Inca joue en partie ce rôle mais dAcRuZ fait aussi d'autres choses que des têtes vaguement précolombiennes. Pour que lui et ses amis montrent la "palette" de leurs talents, le rassemblement des productions en un même lieu permet à l'amateur de voir plus aisément plusieurs productions fort diverses. Prenons l'exemple de dAcRuZ, rue de l'Ourcq, on verra des têtes d'Inca de face, de profil, de trois quarts, deux oiseaux etc. Pour Marko, la rue de l'Ourcq est un musée à ciel ouvert des techniques qu'il a utilisées depuis trois ou quatre ans et un catalogue de ses sujets de prédilection (les animaux, le portrait etc.)

Les murs sont trop grands pour rentrer dans l'espace d'une galerie, le vrai catalogue, celui qui fait connaître et apprécier une œuvre, c'est la rue. La renommée vient de la rue, les commandes viennent de la monstration des œuvres in situ. Les mètres linéaires d'un spot qui regroupe vos œuvres ont une valeur, une valeur marchande (qui peut être enviée et contestée !)

    


Ajoutons que la photographie est intégrée dans le processus marchand. L'artiste photographie toujours ses œuvres dès qu'elles sont terminées et poste ces photographies sur le plus grand nombre de réseaux sociaux : d'abord la page FB et le site Internet dédié à l'artiste et tous les médias ciblés qui diffusent des représentations de street art (Pinterest, etc.). Pour notre quartier, les conséquences sont... curieuses et atypiques. Le renouvellement provient exclusivement des "rénovations" de dAcRuZ, de Marko et de leurs amis. Le spot, en ce sens, est "mort". Il ne viendrait jamais à l'idée d'un street artist étranger de passage à Paris de faire une fresque rue de l'Ourcq. Il sait que ces murs sont réservés et que de toute manière, ils ne sont pas visités comme d'autres spots parisiens (comme celui de la rue Ordener qui correspond à ma définition d'un spot vivant).

Les spots de notre quartier, qui se réduisent comme peau de chagrin, ne sont pas vivants. Ils ne sont pas morts non plus : ils sont en sommeil et ne peuvent pas témoigner de ce qu'est la vraie vie d'un spot, le cycle du renouvellement, de la confrontation avec d'autres artistes, d'autres visions du monde et de l'art.

Et si les "habitants d'Ourcq" intervenaient pour garder ce qui mérite d'être gardé (les œuvres patrimoniales) et créaient les conditions pour éviter que ne s'éteigne une des formes les plus accessibles, les plus dynamiques, les plus innovantes de l'Art contemporain ? Et puis, il serait temps que nous nous prenions en charge pour qu'Ourcq soit un quartier vivant, ouvert sur les arts, street art friendly. "Il n'est pas de sauveur suprême"..., alors construisons le quartier dans lequel nous voulons vivre, aimer, penser, rêver, flâner... N'attendons de personne le droit de décider pour nous ce qui est bien. Utopique ?, mais bien sûr, c'est utopique... so what ?


Toutes les photographies ont été prises dans notre quartier par Richard ; les œuvres sont, en partant du haut, de Sane2, dAcRuZ (3), Artof Popof, Mosko et associésSeize, Marko (2), Artof Popof et Averi.
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