lundi 17 février 2014

Jean-Louis Etienne à la Cité des Sciences et de l'Industrie

Cette photo est extraite du livre J'ai 10 ans, édité par la Cité des Sciences et de l'Industrie. C'est Jean-Louis Etienne, le 21 mars 1990, pour la Journée Transantartica. Pour plus d'information voir Transantartica sur Wiki.

"Jean-Louiiiiiiiis !"

dimanche 16 février 2014

La Villette en 1854

La Villette d'Alfred Lefeuve est un annuaire paru en 1954, quand La Villette était encore une commune indépendante, son rattachement à Paris se fera 6 ans plus tard, en 1860.
Comme dans tous les annuaires, après un rappel historique, nous trouvons toutes les informations pratiques relatives à la ville mais après, plus surprenant, suit une "Liste des principaux habitants, commerçants, rentiers, etc.",  soit environ 1000 personnes parmi les 28000 habitants que compte La Villette en 1854.
Cette liste est d'autant plus intéressante, qu'en plus du nom, nous avons la ou les professions et l'adresse... Et hop, c'est décidé, j'ajoute un calque au plan La Villette d'antan ! 
Heu oui, après quelques semaines, je peux vous dire que la reconnaissance de caractères est encore améliorable et que Google Maps n'accepte pas n'importe quoi, en particulier les noms de rues qui n'existent plus !
Avec le rattachement à Paris, les rues Montpensier, Royale, Mogador, de Lille, du Havre... ont dû êtres rebaptisées. D'autres sont la réunion de plusieurs rues comme la rue de Crimée ou la rue Riquet. Enfin certaines n'existent plus physiquement comme la rue de Sedan qui fait maintenant partie du Parc de La Villette. Bref beaucoup de clic, clic, clic de clavier pour avoir une base de données présentable !

Pour voir le plan La Villette d'antan vous avez plusieurs possibilités :
- cliquer sur le plan en haut à droite,
- cliquer sur l'onglet en haut Plan de La Villette
- aller directement sur Google Maps, pour avoir plus d'espace et surtout la possibilité de gérer les calques et la carte de base.

Miroshka, ne vois-tu pas un "A" ou plutôt un "V" comme Villette ?
Côté filière professionnelle, le gagnant est le vin [230 personnes], avec des grossistes, des détaillants... Ces derniers étant aussi souvent traiteurs [106] et même aussi logeurs [18] ou même bal [6]. En deuxième position le charbon [52] suivi du bois [43].
Pour les commerces de bouche, des épiciers [41], boulangers [26], bouchers [24], fruitiers [22], etc.
Dans les services, des voituriers [30], des loueurs de voitures [8] donc, pour les chevaux, des grainetiers [16], des marchands de fourrage [3] mais aussi des bourreliers [6], des charrons [17], des corroyeurs [2], etc.
Enfin pour terminer, deux professions insolites, des fabricants d'oignons brûlés [2] et des nourrisseurs [17]. Ces derniers avaient une ou plusieurs vaches qui paissaient, éventuellement auprès des fortifications, grâce auxquelles ils pouvaient livrer du lait frais à leurs clients !

La Villette en 1860 - © BnF

Au milieu du XIXe siècle, La Villette était en pleine expansion et tous les espoirs étaient permis comme le montre Lefeuve dans la conclusion de son introduction.

Aujourd'hui ce sont des fabriques de savons, de bougies, de produits chimiques, de carton, de papier, d'émaux, de plumes métalliques, etc., etc., des raffineries de sucre, des épurations d'huile, des distilleries, des brasseries, des corderies, des verreries, des forges, des fourneaux pour l'affinage des métaux, des ateliers de construction de wagons, de tuyaux en tôles bitumés, etc., etc.

C'est aussi un vaste entrepôt de vins, d'eau-de-vie, de grains et farines, d'huiles, de charbon, de houilles, de bois de charronnage et de construction, etc.

La gare des marchandises du chemin de fer de Strasbourg, ouverte rue d'Aubervilliers ou des Vertus, en fait un faubourg de l'Allemagne. L'administration des canaux de Paris y a une partie de ses bureaux. Le chemin de fer de ceinture va y avoir deux embarcadères.

Pour peu qu'on ajoute à tout cela le service de la navigation, notamment le service exécuté depuis peu par des bateaux à vapeur dits porteurs, faisant le trajet de La Villette à Rouen, on arrive à une conclusion : c'est qu'il n'est pas une seule place de commerce qui jouisse de la même importance et qui ait progressé aussi rapidement dans les environs de Paris, peut-être même en France.

samedi 15 février 2014

Les derniers feux de la CPCU vus par Richard

I love my ghetto by Da Cruz
Aujourd'hui, c'est du pur Richard, texte et visuels ! J'ai déjà parlé du Chant du cygne et de Basil dans CPCU, le chant du cygne avec les photos de Dynaste. L'intérêt de ce nouveau cliché de Basil est que le poème est lisible, ce qui m'a permis de vous le retranscrire ci-dessous. Quant au texte, outre la découverte avec surprise de l’"encadrement" des grapheurs par la Mairie, il montre l'impermanence de La Villette et son corollaire destruction / reconstruction qui lui donne un ton très tendance Shiva !

Quelques photos de fresques peintes sur les murs de la défunte centrale. Da Cruz que j'interrogeais il y a plusieurs mois alors qu'il peignait une fresque rue de l'Ourcq me disait que lui et ses amis street artists n'effectuaient leurs fresques et leurs graphes qu'après avoir demandé l'autorisation à la Mairie de Paris.
Ainsi les murs couverts de carrelage de la centrale, rue de Thionville et rue de la Marne, ont été recouverts de fresques par Da Cruz et d'autres grapheurs avec l'autorisation du CPCU, la société de chauffage. Fait intéressant qui témoigne soit de l'ouverture d'esprit des responsables aux arts de la rue, soit le constat qu'il serait vain de s'échiner à effacer des peintures qui seraient rapidement remplacées par d'autres. J'ai photographié toutes les fresques y compris les dernières peintes quai de la Marne alors que les autres murs de la centrale étaient déjà démolis. Les dernières fresques sont émouvantes : il y a la très grande et très belle fresque de Da Cruz, le poème d'amour illustré par une scène romantique de deux amoureux [Popof], et ce formidable chant du cygne [Sane2] qui marque non seulement la "déconstruction" de la centrale thermique mais la fin de l'"ère industrielle" du quartier. Les ateliers avaient tous fermés, toutes les usines aussi, les garages, les abattoirs de La Villette. La démolition de la centrale marque la fin de la révolution industrielle commencée au milieu du XIXe siècle. La construction de votre immeuble, à la place de la centrale, symbolise l'entrée dans une nouvelle période pour notre quartier.

Da Cruz
Basil of Popof
Basil of Popof

Basil
Quand Basil tomba amoureux, pour la première fois
C’était comme tomber au feu ou tomber dans le coma.
Dans le désordre et le désastre, Stella prit la tangente
Suivant les ordres des astres, comme une étoile filante.

Et Basil tomba comme on tombe dans l’oubli
Comme on tombe malade, comme on tombe dans la folie.
Basil, il vacille, en silence, en chute libre
Il perd pied, il perd la raison, il perd l’équilibre.

Quand il a un coup de foudre Basil s’écroule
L’amour, pour lui, c’est comme un coup de boule.
De ses humeurs, Natacha n’attacha pas d’importance
Quand elle hacha et acheva tout ce qu’il lui restait de confiance.

Puis il eu[t] Katerina, l’ouragan en montée d’adrénaline
Qui reprit sa route de peur de tomber dans la routine.
Alors Basil tomba au fond du trou, après avoir brûlé ses ailes
Et c’est à ce moment là, au plus bas, qu’il tomba sur elle.

Armelle fuyait, pour ne pas retomber dans les mêmes travers
Pour elle, l’attitude de ses misters restait un grand mystère.
Alors elle fuyait, pour ne pas tomber en dépression.

Et c’est au coin de cette rue qu’il y eut collision.
Armelle tomba nez à nez avec Basil, ils se percutèrent
Elle tomba dans ses bras,
Ils se relevèrent.


Le chant du cygne de Sane2

vendredi 14 février 2014

"Ici, on construit un havre de paix"

L'affiche ci-jointe, placardée sur l'immeuble de la rue de Thionville et photographiée par Jean-Jacques, reprend une accroche de la plaquette de Canal Square "Ici, on construit un havre de paix". Les arguments sont développés souvent avec lucidité mais montre un sentiment d'impuissance face à la boboïsation de Paris. Actuellement le XIXe arrondissement, quartier populaire, est en pleine transformation et l’environnement change entraînant des contraintes violentes pour les plus démunis.
Nous en profitons mais nous n'y pouvons rien. Le même phénomène s’est déroulé dans les quartiers portuaires de Londres, Copenhague, New York, San Francisco, etc.
Ci-dessous, des extraits du texte, mais si des personnes souhaitent le texte complet, je peux le leur envoyer.

Ne soyez pas affectés, on gère
[…] En ce moment ce qui nous botte c'est votre bassin là, et puis le canal qui va avec. On sait que tout le monde n'y trouvera pas son compte, et qu'on devra faire du tri. Écoutez les sirènes de police qui nous aident à bâtir ce « havre de paix ».

Écoutez, on gère
D'ailleurs il nous a toujours bien plu, votre bassin, mais avant on le regardait de loin, à travers les chiffres du profit qu’on accumulait sur le dos des travailleurs de l'industrie […].

Ne soyez pas nostalgiques, on gère
Mais Paris s'est enrichi, les loyers ont explosé en dix ans, et alors on a braqué les yeux vers l'Est. […].

Habituez-vous, on gère !
[…] Da Cruz n'a qu'à déménager avec Artof Popof, remplacés par des étudiants en art. C'est toujours pas ça, mais ça fait plus propre. Rue de l'Ourcq, des résidences de standing s'élèvent sur les ruines d'immeubles encore habités il y a 4 ans. Rénovation urbaine.

Cherchez pas à comprendre… on gère
[…] Quant aux jardins conquis sur les espaces interstitiels, vous ne pensiez pas qu'on allait laisser le phénomène nous échapper ? On peut toujours l'encadrer avec une association respectueuse des institutions comme rue Petit. Et compter sur eux pour ne pas faire de vagues si on doit tout raser pour aménager des logements pour bourgeois, comme rue de Crimée ou de l’Ourcq.

Déléguer, on gère
Comme on n'a pas d'habitants de standing sans équipement de standing, on construit une gigantesque philharmonique au bout du parc de la Villette. […].

Détendez-vous, on gère
Photo prise un mois plus tard !
Enfin, comme on restait inquiets pour nos portefeuilles, et qu’on n’en pouvait plus de se faire taper de la thune en descendant à Laumière on a encore innové. Votre quartier est déclaré Zone de Sécurité Prioritaire […] Ce qu’on préfère, c’est l’occupation militaire, arme bien en vue, camions sur les promenades, à l’angle des rues et devant les écoles. Il aura fallu quelques années d’occupation policière devant la Rotonde pour ouvrir, au centre d’une place mal famée, un restaurant avec brunch à 27 €. […].

Dégagez ! on gère
On installe des caméras de vidéo surveillance. […] Mais pour que le climat reste permissif on a pris un arrêté antialcool inapplicable, placardé tout le long du canal, où l’on picole tout l’été au milieu des patrouilles de CRS. […].


jeudi 13 février 2014

Compétitions de natation au bassin de La Villette en 1920

Après les championnats de France de natation au bassin Niclausse le 1er août 1920, c'est au bassin de La Villette que se sont déroulés le championnat de France militaire de natation et le match France-Belgique, les 7 et 8 août, d’après les annotations de l'agence de presse Rol qui manquent un peu de précisions.

Deman, Pletivex, Cludts, Delahaye et Van Schelle - © Rol - BnF
Départ du match Padou-Van Schelle (Belge) - © Rol - BnF

M. Guérin, plongeur - © Rol - BnF

M. Van Schelle, sous la passerelle - © Rol - BnF

MM. Duravanel et Mayaud - © Rol - BnF

Le drap, svp ! - © Rol - BnF

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