dimanche 7 décembre 2014

La promenade Signoret-Montand 2/2

Suite et fin de la promenade le long du quai de la Seine (début de la promenade)
Plusieurs péniches sont amarrées au bord du bassin de la Villette, telles que l'Antipode dotée d'une salle de spectacle multipublic, et d'un café restaurant, la Demoiselle aux nombreuses activités culturelles et artistiques, et l'Anako qui, comme ses voisines alterne concerts, expositions et activités culturelles.
Plus loin, un port de plaisance, face aux Magasins Généraux accueille depuis 2008 une vingtaine de petits bateaux.

Syracuse ?
Né en Toscane en 1921, Yves Montand (né Ivo Livi) et sa famille quittent l'Italie fasciste en 1923 pour s'installer à  Marseille, dans de difficiles conditions d'existence.
Dès l'âge de onze ans, Yves quitte l'école pour aligner les petits jobs, puis devient "chauffeur" de salle dans un cabaret de Marseille en 1938.
Ce sont alors ses débuts sur scène dans les premières parties ; il chante Trenet, imite Fernandel et finit par se produire sur la scène de l'Alcazar de Marseille où il obtient un vif succès ; mais la guerre met un terme à son début de carrière.
Arrivé à Paris en 1944, il écume les scènes de l'ABC, de Bobino, des Folies-Belleville puis du Moulin-Rouge en première partie d'Edith Piaf qui le prend sous son aile tel un Pygmalion. Le "nouveau" Montand, en haut de l'affiche au Théâtre de l'Etoile, triomphe pendant près de 2 mois.

Enregistrement de disques et premier film, rencontre de Francis Lemarque qui lui composera plusieurs succès, et du pianiste Bob Castella qui l'accompagnera pendant quelques décennies, le mènent tout droit vers une belle carrière de chanteur. Il soigne non seulement son équipe mais aussi sa voix chaude et souple ainsi que son jeu de scène qui tient de la danse et du mime (il est fan de Fred Astaire).
L'année 1951 marque sa rencontre avec Simone Signoret à Saint-Paul-de-Vence et leur mariage en présence de Jacques Prévert.
Peu après, en 1953, Montand obtient d'Henri-Georges Clouzot son premier rôle significatif au cinéma dans Le Salaire de la peur.
A partir de 1956, il revient à la chanson et entreprend plusieurs tournées à l'étranger ; en URSS et dans le Bloc de l'Est, ce qui va ébranler ses idées de gauche, car la Hongrie vient d'être envahie par les Soviétiques.
Puis direction les Etats-Unis où il obtient un succès tel qu'il se voit proposer le rôle principal du Milliardaire (George Cukor, 1960) aux côtés de Marilyn Monroe avec laquelle il aura une brève liaison.
La même année, Simone Signoret reçoit l'oscar de la meilleure actrice pour Les Chemins de la haute ville.
Montand, quant à lui, gagne une renommée internationale après ses passages à Broadway. Il tourne plusieurs films, dont Ma Geisha de Jack Cardiff, avec Shirley MacLaine, et Aimez-vous Brahms d'Anatole Litvak avec Ingrid Bergman, puis part en tournée au Royaume-Uni et au Japon. A son retour en France, il reprend ses spectacles au Théâtre de l'Etoile en 1963.
Le succès est toujours au rendez-vous, mais les temps ont changé ; les auteurs-compositeurs chantent leurs propres chansons, et les yéyés sont arrivés !

Dans Vincent, François, Paul
et les autres
(Claude Sautet, 1974)
Alors, Montand revient vers le cinéma, tout en enregistrant des disques, et en espaçant ses concerts ; parmi les plus marquants figurent ceux de l'Olympia en 1968 puis en 1981.
De 1965 à 1992, nombre de réalisateurs vont lui forger une carrière qui passe par des films politiques, sociaux, romantiques ou comiques : entre autres, Alain Resnais, Costa-Gavras (Z, L'Aveu), Claude Lelouch (Vivre pour vivre), Claude Sautet (3 films dont César et Rosalie), Gérard Oury (La Folie des Grandeurs), Claude Berri (Manon des sources et Jean de Florette). C'est durant le tournage des films de Berri que son épouse, Simone Signoret, décède.

Montand n'a pas terminé sa carrière, il joue son propre rôle dans Trois Place pour le 26 de Jacques Demy, Netchaïev est de retour de Jacques Deray, et IP15 de Jacques Beineix. C'est après le tournage de ce film qu'il meurt d'une crise cardiaque en 1991.
Yves Montand, avec sa double vie professionnelle de chanteur et d'acteur international reste une personnalité marquante du cinéma et du show-business français.
Il est enterré au Père-Lachaise auprès de Simone Signoret.


samedi 6 décembre 2014

La Philharmonie dans "Le Monde"

La Grande Salle en novembre 2014 - ©Nicolas Borel - Philharmonie de Paris
Le journal Le Monde du week-end consacre un supplément de 8 pages à la Philharmonie de Paris ; en voici les titres pour vous mettre l'eau à la bouche.

► Un rêve de salle
Avec la Philharmonie de Paris, qui doit être inaugurée le 14 janvier 2015, la capitale se dote d'un équipement, certes coûteux, mais follement ambitieux

► Saga Philharmonia
Le dernier grand projet de François Mitterrand aura mis plus de trente ans pour voir le jour.
Genèse d'une histoire française qui mêle argent, luttes de clans et impéritie de l'État

► Jean Nouvel, l'ex-enfant terrible
À presque 70 ans, Jean Nouvel n'a plus grand-chose à prouver.
Son magnifique édifice aura pourtant eu son lot de polémiques et de critiques

► « Ce n'est ni une boîte à chaussures ni un vignoble »
La conception de l'auditorium dépasse tous les types architecturaux, estime Laurent Bayle, le président de la Philharmonie. Au-delà d'une salle de concert, c'est un lieu de réappropriation de la musique

► Une double chambre avec vue
L'acoustique de l'auditorium de la Philharmonie fera cohabiter, en deux espaces, la source sonore et sa réverbération dans la salle

► Enfin un écrin pour l'Orchestre de Paris
Pleyel, Mogador, Palais des congrès... Longtemps, la formation fut nomade. Avec un problème majeur, l'acoustique des salles

► « Boulez m'a dit : “Matthias, soyez différent” ! »
Matthias Pintscher, directeur musical de l’Ensemble intercontemporain, souhaite ouvrir au maximum l'éventail esthétique

► Découvrir la musique de 7 mois à 107 ans
La Philharmonie, c'est un vaste projet pédagogique où le public sera associé à certaines œuvres

► Quelques figures de la saison 1


Le cri du cormoran le soir... à La Villette



Une colonie de cormorans a élu domicile dans le grand arbre bordant la gare circulaire et dominant le panneau PÊCHE INTERDITE. Vu leur comportement il semblerait que ces envahisseurs soient des analphabètes, ou des rebelles de la pire espèce faisant fi de l'injonction républicaine !

vendredi 5 décembre 2014

jeudi 4 décembre 2014

Fleur de Crime

©Serge
Fleur de Crime, chanson de 1894, est extraite du livre d'Émile Chautard Goualantes de La Villette et d'ailleurs. L'auteur nous a même traduit l'argot de la Villetouse !

I
C'est au guinch' que je fis Clémence
Une' fill' qu’a pas l' trac,
Un jour que j'eus beaucoup de chance
En f'sant un fric-frac,
Ell' m'dit: "J'suis chipé pour ton gniasse,
Mon petit bichon,
Mais n' faudra pas avoir la chiasse
D’un coup de torchon..."

Refrain
Ell' m'app'lait son loup, sa p'tite crotte,
Chaqu' jour pour mes zigu’s su' l' boulevard,
Elle en f'sait ; la nuit dans l'plumard
À m'aimer paumait la bouillotte,
C’était un' floum', un vrai' marmotte.

II
Bien souvent le soir à la thôle,
Quand elle rognait,
J'y foutais des marrons, c'est drôle
Comm' ça la r'bectait.
Ell’ râlait une demi-plombe ;
Puis à moi rev'nait en chiâlant,
M' dire en douc' : "Souffle la calbombe,
Je t'aim' mieux maint'nant".

III
Hélas! j' l'ai pas longtemps fait belle,
Car son ancien gas,
Qui v'nait toujours à La Chapelle
La courir su' l' tas,
En vach' m'a scionné par derrière.
Je m’suis fait servir
Et l' toubib de Lariboisière
Dit qu' j’en vais chrônir.

Refrain final
Ell' m'app'lait son loup, sa p'tite crotte,
Chaqu jour pour mes zigu's su' l' boulevard
Elle en f'sait ; la nuit dans l'plumard
À m’aimer paumait la bouillotte.
Adieu, adieu, ma pauvr’ marmotte...
I
C'est au bal que je connus Clémence
Une fille n’ayant pas peur,
Un jour que j’eus beaucoup de chance
En faisant un cambriolage,
Elle me dit : "Je suis prise pour toi,
Mon petit bichon,
Mais il ne faudra pas avoir peur
De te battre pour moi..."

Refrain
Elle m'appelait son loup, sa petite crotte,
Chaque jour, pour moi, sur le boulevard,
Elle se livrait à la prostitution ; la nuit, dans le lit.
À m’aimer perdait la tête,
C’était une femme, une vraie fille.

II
Bien souvent le soir, dans la chambre,
Quand elle n’était pas contente,
Je la bourrais de coups, c’est drôle
Comme cela la refaisait.
Elle bouillait de colère une demi-heure ;
Puis à moi revenait en pleurant
Me dire doucement : "Souffle la bougie,
Je t'aime mieux maintenant".

III
Hélas! je ne fus pas longtemps heureux,
Car son ancien amant,
Qui venait toujours à La Chapelle
L’ennuya sur le trottoir
M’a frappé d’un coup de couteau dans le dos.
J’ai mon compte
Et le médecin de Lariboisière
Dit que je vais en mourir.

Refrain final
Elle m'appelait son loup, sa petite crotte,
Chaque jour, pour moi, sur le boulevard,
Elle se livrait à la prostitution ; la nuit, dans le lit
À m’aimer perdait la tête,
Adieu, adieu, ma pauvre fille...

Pourquoi ces larmes de sang ?


Quai de la Gare à Paris, sur une armoire téléphonique, le clown de C215 a été vandalisé. Est-ce l'action d'un farouche opposant à son œuvre – mais dans ce cas, le rouge n'aurait pas été mis aussi précisément – ou bien un acte d'humeur de l'artiste ?

Thanks ©Parisian Shoe Gals

mercredi 3 décembre 2014

Les Argonautes, la plaquette publicitaire

Après avoir lu le post Les Argonautes, 15-17 quai de l'Oise, Jean-Pierre, habitant de cette résidence depuis la première heure, a eu la généreuse idée de ressortir la plaquette de vente et de nous en envoyer les scans. Merci Jean-Pierre.

Dans la présentation, deux mots intéressants :
► secret : La résidence est située au cœur d'un quartier parisien qui se prépare en secret à devenir le secteur résidentiel le plus aéré de Paris.
Le texte a été mis en pages en 1975, un an après la fermeture des abattoirs et à cette époque La Villette évoque plus un scandale qu'un parc aéré. La décision de réaliser un parc n'a été prise qu'en 1978 comme le rappelle Michel d'Ornano dans une vidéo de 1980, d'où la notion de secret dans cette brochure de 1975.
► ascenseur-descenseur : Tous les niveaux y compris les sous-sols seront desservis par deux ascenseurs-descenseurs. Le mot descenseur signifie-t-il que contrairement à l'usage de l'époque l'ascenseur descend aussi au sous-sol ?

Ces visuels sont en grand format, il vous suffit de cliquez sur l'image pour en voir les détails.







La chevauchée burlesque des Saigneurs de La Villette

©Fréderic Néry
Ce spectacle de 1973 au Théâtre Présent par la Compagnie Thomas-Peyrou était composé de sketchs et de chansons. La mise en scène était d’Arlette Thomas et de Pierre Peyrou avec dans la distribution : Pierre et Marc Jolivet, Rosine Cadoret, Alain Mercier, etc.
Il n'y a pas que le spectacle qui était burlesque, son prix aussi : non seulement c'était gratuit, mais chaque spectateur recevait 1 franc !
Le théâtre Présent a été créé en 1972 dans l'ancien Pavillon de la Bourse aux cuirs du Parc de La Villette et en 1986, il devient le théâtre Paris-Villette.

mardi 2 décembre 2014

Sacrés caractères, le Futura


Après une brève incursion dans l'un de mes domaines de prédilection – la chaîne graphique – avec À la Grande Halle de La Villette, c'est la révolution !, je ne peux m'empêcher d'y revenir avec un petit film d'animation de Thomas Sipp & Serge Elissalde sur une police de caractères bien connue : la Futura. Ce court document est une pure merveille, il s'adresse aussi bien aux profanes de la typographie qu'aux professionnels. Si ce film vous plaît, vous êtes chanceux car il y en a 11 autres que vous pouvez retrouver sur France Culture

Sacrés Caractères ! est une plongée dans la "typo", à travers 12 films courts. Chacun d'entre eux est consacré à une police emblématique et dévoile son histoire et les personnalités souvent excentriques et obsessionnelles de son ou ses créateurs. Des sculpteurs, peintres, historiens ou typographes qui ont consacré des années de leur vie à dessiner des caractères qui, pour certains, leur survivront pendant des siècles.


lundi 1 décembre 2014

Bientôt un train à la gare Pont-de-Flandre !

Entrée de la gare Pont-de-Flandre - ©Jacques
Bleu ou plutôt Blue sera le train que vous risquez d'entendre à la gare Pont-de-Flandre, celle-ci devant devenir, entre autres, un club de jazz en 2015. Nous parlons bien sûr de Blue Train de John Coltrane, album où le géant prend son envol...

©Jacques
Dans le compte-rendu de la réunion publique du Conseil de quartier Pont-de-Flandre du jeudi 11 avril 2013 il est fait allusion à la transformation de la gare.

La gare, propriété de la SNCF, est abandonnée depuis fort longtemps et a fait l’objet d’un squat en 2010-2011 par un collectif d’artistes.
La SNCF avec la Mairie de Paris a lancé un appel à projet pour l’utilisation de cette gare et le projet porté par Julien Caumer l’a emporté.
En 2014, la gare Pont-de-Flandre deviendra "La Gare", un club de jazz et de musiques improvisées, un restaurant, un bar, et une salle polyvalente de répétition pour musique et spectacle vivant et sera tournée vers le quartier et l'action culturelle de proximité.

Ce nouveau lieu de rencontres sera géré par Julien Caumer de Casabianca avec le soutien de la holding culturelle Scintillo.
Les fans de Zoo Project remarqueront sur la photo que le G.A.G. de 2010 sur fond jaune est toujours présent.

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