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jeudi 20 août 2015
lundi 13 juillet 2015
Lot 2C Ourcq-Jaurès : les finalistes
Bernadette nous signale que Réinventer Paris vient de publier les présélectionnés pour ses 23 territoires d'innovation. Il reste 3 projets en lice pour le lot 2C Ourcq-Jaurès.
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| © KOZ |
KOZ Architectes / Oikos / Yes We Camp / Belliard Construction / Plan 02
Dans la boucle
Le projet n'est pas encore en ligne.
TOA Architectes Associés / AASB Suzel Brout
La Ferme du rail
Le projet n'est pas encore en ligne.
Clara Simay / Melanie Drevet / Albert et compagnie / Travail et Vie / Les Marmites Volantes / Marché sur l'eau
jeudi 21 mai 2015
L'Ara mort-né de dAcRuZ
Bon, je [Richard] vous entends d'ici, encore dAcRuZ, bah oui encore lui. Au moins pour trois raisons : alors que dans notre microquartier que j'appellerais volontiers comme lui "Ourcq", quartier qui ne manque pas de murs, dAcRuZ est l'un des rares street artists qui depuis plus de 15 ans peint et repeint nos murs (je connais des murs qu'il a peint successivement plus de 3 fois recouvrant ses propres fresques), deuzio, dAcRuZ est un artiste qu'on peut rencontrer, qui est impliqué dans la vie de quartier, last but not least c'est un exemple d'un petit gars du quartier qui est devenu un street artist reconnu par le milieu. Suivre sa création, suivre l'artiste, c'est pénétrer dans un monde, un monde caché, celui du hip-hop, du graffiti, du graff, de l'underground. C'est un monde, une culture qui a ses passerelles, ses correspondances. C'est un peu comme les égouts de Paris, on peut entrer par n'importe quelle bouche, ensuite tout communique. Le street art est une entrée. Ensuite, à vous de prendre les bonnes correspondances.
Je ne sais pas vous, mais moi, je n'arrive pas à faire le deuil de l'Ara. Souvenez-vous, dAcRuZ, rue de l'Ourcq avait commencé à peindre un perroquet. Un perroquet maousse : 12 mètres d'envergure environ, plus de 3 mètres de hauteur et bien situé, près de l'arrêt du 60. Comme ça, quand vous attendez le bus, vous jetez un œil sur les fresques, vous prenez une photo, vous retenez le nom de l'artiste... À la forme du bec, l'oiseau est un perroquet et à la variété des couleurs des plumes, je dirais plutôt un ara. dAcRuZ n'est pas ornithologue, ce qui l'intéresse dans le perroquet c'est la possibilité pour lui de se livrer à sa manie de cloisonner les espaces menu-menu. Plus c'est petit, plus les formes des surfaces sont irrégulières et pourtant en harmonie (bah oui, il faut suivre, dAcRuZ a horreur de la symétrie, il ne veut pas voir sous sa bombe de carrés, de rectangles, de triangles etc., c'est-à-dire de formes régulières admettant un ou des axes de symétrie... Prenez des notes parce ça je l'ai déjà dit !) et dans ces formes, il dépose de la peinture en bombe aérosol, surfaces colorées souvent elles-mêmes fractionnées par des rythmes plus ou moins réguliers (plutôt moins que plus car dAcRuZ a horreur de... ah super, il y en a un qui suit !)
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Reprenons. Toutes les fresques de dAcRuZ que nous connaissons (nous en avons reproduit de nombreuses dans notre blog) et passons-les au crible de notre grille de lecture. Regardons le grand Inca de Ourcq Living Colors, le médium est le message, son intérêt c'est l'extrême déclinaison des couleurs. Le masque précolombien ne veut rien dire.
Et pourtant, mais c'est bien sûr ! dAcRuZ n'arrête pas de le dire et de l'écrire. Sur son ara recouvert devenu oiseau un peu triste, il écrit "Paris en couleurs". Sur son FB il définit son ambition comme étant de mettre des couleurs dans les rues de Paris.Une réflexion pourtant. dAcRuZ pourrait-il mettre de la couleur dans les rues de Paris sans le prétexte de formes qui portent ses couleurs ? Peut-on concevoir un street art qui couperait ses liens avec la représentation du Réel comme l'a fait la peinture de chevalet ?
dimanche 17 mai 2015
Entreprise de rénovation, rue de l'Ourcq
Confirmant ce que je supputais, dAcRuZ et ses amis, continuent de "rénover" les fresques de la rue de l'Ourcq dont nous avions dans un précédent billet évoqué la fonction. dAcRuZ et Batsh ont peint deux fresques qui demeurent par rapport à leurs productions passée relativement secondaire. Batsh qui travaille souvent avec dAcRuZ et Marko, rue de l'Ourcq, avait précédemment peint un portrait de profil et une belle tête de cheval pour illustrer une citation. En juillet 2014, dans le cadre d'Ourcq Living Colors, il avait réalisé une superbe tête dechimpanzé. La facture était très réaliste voire hyperréaliste : le singe regardait celui qui le regardait et nous le regardions dans les yeux nous interrogeaient sur notre identité.
C'était, me semble-t-il, celui qui regardait qui était regardé. D'où le trouble que provoquaient ces yeux, à la fois si humains et assurément animaux.
Batsh représente un chanteur de rap (Imani ?). Cela relie le portrait à son avant-dernière œuvre : la culture hip hop. Nous retrouvons sa quête de la ressemblance et le choix du réalisme. Pas de message ; un lien entre musique et art plastique pour symboliser par deux éléments une culture complète.
(digression : j'ai toujours été très étonné que quand nous rencontrons une personne que nous connaissons, notre regard "trouve" sans vraiment chercher les, disons 4 cm² (2x2) de l'espace des yeux. Nous ne balayons pas l'ensemble du corps pour "saisir" les yeux, pas davantage toute la surface du visage de la personne que nous croisons. De la même manière, lorsque nous regardons le visage du chimpanzé, nous voyons sans chercher d'abord les yeux). Ces yeux peints avec une grande précision (finesse des contours, reflets etc.)
C'était, me semble-t-il, celui qui regardait qui était regardé. D'où le trouble que provoquaient ces yeux, à la fois si humains et assurément animaux.
(digression : la représentation des yeux de manière hyperréaliste est devenue un thème courant dans le street art. C'est même un genre d'exercice que s'imposent les street artists pour se "mesurer", c'est-à-dire pour comparer leur "virtuosité". Par ailleurs, le nombre de singes peints par des street artists, dans le monde entier, est impressionnant : ce ne sont pas n'importe quels singes, les plus fréquents sont les gorilles et les chimpanzés. Les artistes sont-ils sensibles, c'est une hypothèse qui vaut ce qu'elle vaut, à la puissance du gorille et à la "parenté" des hommes et des chimpanzés, nos plus proches cousins ? Le fait que ces singes sont couverts de poils noirs a-t-il un quelconque intérêt pour expliquer la forte occurrence de ces deux espèces de singes).
Batsh représente un chanteur de rap (Imani ?). Cela relie le portrait à son avant-dernière œuvre : la culture hip hop. Nous retrouvons sa quête de la ressemblance et le choix du réalisme. Pas de message ; un lien entre musique et art plastique pour symboliser par deux éléments une culture complète.
dAcRuZ, lui, reprend son sujet de prédilection, la tête de l'Inca. Le masque est incliné et "rayonne". Les éléments décoratifs périphériques sont des étoiles (vous avez appris, chers lecteurs, à distinguer les étoiles de dAcRuZ de celles de Marko !) et des formes géométriques peintes vraisemblablement par Batsh, formes dont on voit mal le lien avec le sujet central. La mauvaise qualité du support (un mur plein de trous) explique en partie le manque de raffinement du masque. Les surfaces sont certes fractionnées mais nous ne retrouvons pas le côté "enluminure" que nous avons trouvé dans d'autres productions (en particulier dans le grand masque d'Inca que dAcRuZ est en train de recouvrir et qui reste pour moi, une œuvre de référence. Dans sa bouche, le masque, avatar de l'artiste tient un nom : SOLAL. Mon moteur de recherche m'apprend que c'est le premier roman d'Albert Cohen, à moins que cela soit le nom d'un chanteur de pop rock. Je penche pour cette seconde version. Solal vient de soleil, d'où les "rayons" qui entourent le masque de l'Inca, un peu comme la tête de la Statue de la Liberté de Bartholdi. Le "mural" comme disent nos amis anglo-saxons serait un hommage au chanteur.
mardi 21 avril 2015
LE livre de notre quartier !
Le dernier hors-série de traits urbains est pour vous, lecteurs de ce blog ; ça ne parle que de notre quartier ! Cet ouvrage présente un tour d’horizon illustré de l'opération de réhabilitation Semavip Ourcq/Jaurès. Les habitués du blog découvriront des mots familiers comme : Niclausse, CPCU, dAcRuZ, Petite Ceinture, Marion Chombart de Lauwe, TVK, le jardin partagé Charmante Petite Campagne Urbaine, etc. Les photos, anciennes ou récentes – dont une aérienne – rendent la lecture bien agréable.
lundi 30 mars 2015
La Frida de Marko... continuación y fin
Richard nous propose un post sur la Frida de Marko qui reste une fresque de synthèse importante et un exemple du talent de Marko.
Alors que dAcRuZ a été l'objet de la vindicte de Nite et sa bande de tagueurs, Marko avait décidé de reprendre son portrait de Frida Kahlo, superbe portrait dont nous avions proposé dans ces colonnes une brève analyse. Le projet de Marko était de garder le thème du portrait de Frida et d'appliquer une technique qu'il avait expérimentée par ailleurs : le vitrograff. Ne cherchez pas ce mot, c'est un néologisme créé par Marko, pour qualifier un cloisonnement des surfaces en aplats comparables à des vitraux, d'où le nom de "vitro" et de "graff" pour renvoyer aux peintures des murs avec des bombes aérosols.
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Cette composition rayonnante et ce cloisonnement des surfaces évoquent bien sûr les vitraux. Les surfaces sont fractionnées par des segments géométriques qui rompent avec le calligraffisme de Marko (souvenons-nous du décor de sa cabine téléphonique par exemple). Les volutes, les boucles, les courbes sont délaissées au profit d'un réseau décoratif majoritairement constitué de segments et de petites courbes. Le rapport à l'écriture, à la calligraphie n'est pas recherché. Il s'agit d'apparenter la surface colorée au maillage des vitraux qui sont les formes et les couleurs de référence. Références certes, mais références culturelles dépassées, revisitées par un artiste du XXIe siècle qui, avec des bombes aérosols comme les compagnons qui construisirent les cathédrales du Moyen Âge, essayèrent de créer grâce aux vitraux une lumière "céleste". Apprivoiser la lumière, la capturer, la "rendre", un rêve vieux comme l'Art. Prendre en compte l'héritage, poursuivre le chemin, c'est ce que fait modestement Marko. Examinons par exemple le visage de sa Frida. Comme sa première Frida, le portrait est beaucoup plus beau que l'original (c'est l'autoportrait rêvé de Frida), Marko garde ce qui l'intéresse, les fleurs dans les cheveux, il rajoute des bijoux qui n'ont jamais existé (la lumière !) et fractionne le visage non pas en zones d'ombre et lumière mais d'une autre manière qui n'a rien à voir avec le réel tout en ménageant une relative lisibilité (le cou réduit en bandes verticales est vu comme le cou de Frida). C'est donc un compromis entre l'abstraction d'une partie du décor, le schématisme du singe blanc et du perroquet et le vitrograff utilisé pleinement pour le portrait de Frida.
Dans sa Frida 2, Marko a écrit une citation de Frida Kahlo dont je sais qu'il partage profondément l'esprit : "Je ne suis pas malade... Je suis cassée... mais je suis heureuse d'être en vie pendant que je peux peindre". Frida 1 et Frida 2 sont des hommages post mortem mais ils nous parlent aussi de Marko qui pense ce qu'il écrit, qui cherche inlassablement la lumière.
Ne soyons pas dupes, sous la mousse, sous l'éclat des peintures fluo, il y a un homme sensible qui nous parle et si nous prêtons l'oreille nous l'entendons ; c'est un artiste, il y a de belles choses à nous dire. Alors, silence. Regardons.
vendredi 27 mars 2015
Burger à tester !
Très belle intégration du nouveau spot de restauration Burger & Co dans l'immeuble Batigère à l'angle de l'avenue Jean-Jaurès et de la rue de l'Ourcq.
Merci Gwelle pour ces photos.
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mercredi 18 février 2015
Rue de l'Ourcq, dAcRuZ, vite fait...
Richard, rue de l'Ourcq, le mercredi 4 février, 16 heures GMT.
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Chers lecteurs, nous vous avions décrit la sinistre besogne de Nite et de ses sbires qui n'avaient pas hésité à attaquer dAcRuZ sur deux fronts. La dernière offensive a été menée nuitamment et s'est centrée sur le perroquet de 12 mètres peint rue de l'Ourcq par notre héros. Seul contre tous, je le rappelle, il n'avait pas hésité à tracer les contours d'un gigantesque ara qui, pensions-nous à l'époque, devait faire pendant au perroquet de taille plus modeste peint à droite du portrait de Frida Kahlo par Marko. Les 25 mètres de trottoir semblaient prendre l'aspect d’une très grande fresque réalisée par deux artistes ; des œuvres de factures différentes (le style old school de dAcRuZ ne saurait se confondre avec le vitrograff et le calligraffitisme de Marko) mais thématiquement proches (en regardant l'œuvre on voit tracées les esquisses d'un ara, d'un singe, du portrait de Frida Kahlo, un perroquet et un fond bleu sans dessin). La composition était manifeste : un personnage iconique encadré d'animaux, dont deux perroquets, l’un peint par dAcRuZ, l'autre par Marko.
L'attaque sournoise de la bande rivale a épargné la fresque de Marko mais alors que celle de dAcRuZ était quasiment terminée, ils ont tué l’ara à coups de bombes aérosols.
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Fidèle aux combattants de Verdun et de la Somme qui dans les tranchées se sont battus pour reprendre le terrain perdu, dAcRuZ, le mercredi 4 février après-midi, sous une pluie fine, a reconquis les 12 mètres de la rue de l'Ourcq envahis par les belligérants.
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Cet œil sur l'aile est lui-même relié à l'inscription "LA RUE A DES YEUX". En écrivant, en gros caractères "DACRUZ OURCQ", dAcRuZ réaffirme sa légitimité à peindre sur cette portion du mur de la rue de l'Ourcq. Plus loin, vers l'avenue Jean-Jaurès, des fresques de piètre facture sont signées d'une "crew" à laquelle appartient Nite (qui, il y a quelques années écrivait son blaze avec deux i -Niite). La crew de Nite est donc bien connue de dAcRuZ qui a un discours ambigu sur le recouvrement des fresques par les street artists. Il dit que c'est la loi de la rue (et donc que lui-même suit cette loi, c'est-à-dire, qu'il recouvre d'autres fresques) et parce qu'il tague sur les murs revendique l'exclusivité des murs de son territoire. Son seul moyen de préserver ses œuvres, auxquelles il tient quoi qu'il dise "de la loi de la rue", est de brandir la menace d'une surveillance (et d'une intervention musclée) des copains de son ancien quartier.
Dans sa reconquête de ses 12 mètres de murs, dAcRuZ a changé son projet initial. La revendication de la possession des surfaces est passée au premier plan. Dans cette perspective, l’œil prend une valeur et une place toute particulière. dAcRuZ qui avait le temps (le temps de l'esquisse, début du cloisonnage des espaces et mise en couleurs après avoir fait les fonds), n'a plus le temps. Il doit finir dans l'après-midi. Reprendre l'œuvre en suivant la succession de ses phases de réalisation, c'est s'exposer à une nouvelle attaque de la crew adverse. L’ara devenu gros oiseau qui ne fait plus pendant au perroquet de Marko et rompt la symétrie de la composition aurait pu avoir un seul œil ; mais on surveille mieux avec deux, mieux encore avec trois. Le troisième œil est aussi noir que les deux autres, aussi menaçant. Pour ceux qui n'auraient pas compris, les mots explicitent la menace.
Faire vite, en gardant l'idée de départ, ce n'est pas simple. Alors, dAcRuZ, superpose ses graphismes aux anciens graphismes. Les couleurs qui ne sont pas des fonds brouillent la lisibilité de la peinture. Est-ce des plumes? Mais où est donc passé le superbe jeu de courbes qui s’entremêlaient et transfiguraient les plumes en tableau abstrait ? Un clin d’œil à Picasso, un graphisme d'une belle audace qui part des lignes des plumes pour composer un tableau dynamique, harmonieux, détaché des contraintes de la réalité, un peintre qui s'inspire des couleurs du réel et les oublie pour jouer des complémentaires, des contrastes.
La succession des fresques raconte une histoire : cette fresque aurait pu être une œuvre maîtresse de dAcRuZ, un chef-d'œuvre. Sous la pression, la cohérence thématique a été rompue, la palette s'est assombrie (comme l'humeur de l'artiste ?), les formes se sont simplifiées, le sens a changé.
Dommage, j'aurais aimé voir tous les jours le beau visage de Frida Kahlo entouré de fleurs et d'animaux tout droit sortis du paradis. Un paradis qu'elle n'a pas connu, elle qui a tant souffert.
vendredi 6 février 2015
samedi 31 janvier 2015
mardi 27 janvier 2015
Rue de l'Ourcq, la guerre des crews
De notre correspondant, Richard, qui suit au jour le jour les mouvements de troupe.
Après la sauvage attaque des tagueurs de la bande de Nite sur deux fronts, le quai de la Marne et la rue de l'Ourcq, dans la nuit de jeudi à vendredi, et après une période d'accalmie les hostilités ont repris.
Je vous rappelle l'essentiel des mouvements de troupe. Dans un premier temps, dAcRuZ, seul, a repeint son Inca quai de la Marne. Avec Marko, ils ont mis en chantier une très ambitieuse fresque. Elle est composée de quatre éléments principaux savamment et harmonieusement coordonnés : un superbe perroquet peint par dAcRuZ dont nous publions la photographie dans une phase de réalisation bien avancée, un singe et un portrait de Frida Kahlo peint par Marko, un perroquet faisant pendant à celui du côté droit peint par dAcRuZ. Nous nous réjouissions, un peu vite, de ces remarquables fresques articulées autour d'une relecture graphique du portrait de Frida Kahlo. Les deux artistes avaient l'intention de développer le thème de la peintre mexicaine célèbre pour ses amours avec le muraliste Diego Rivera et des amants et des amantes de passage. De cette icône de la révolution mexicaine, les artistes ont abordé une image sous une forme fantasmée qui renvoie à l'imaginaire fécond de Frida Kahlo.
Dans la nuit, les assaillants ont surgi de nulle part et ont ciblé leur attaque sur la fresque du perroquet de dAcRuZ. Les armes utilisées sont particulièrement redoutables : à la bombe aérosol, ils sont intervenus sur l'œuvre pour en gâcher le stade préparatoire. Les dégâts sont considérables au regard des heures de préparation de la fresque. Le perroquet de gauche, aux ailes déployées et aux couleurs éclatantes, est mort.
Les vandales ont signé leur saccage et fait connaître leur revendication. Les signatures suivies du mot anglais "now" (les belligérants étaient-ils Anglo-Saxons ? Dans l'état actuel de nos sources, nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer cette hypothèse) signifient qu'ils sont désormais maîtres de cette partie du territoire.
La question qui nous vient aux lèvres est : pourquoi tant de haine ? D'autres fresques anciennes dont certaines sont fort laides auraient pu sans grave dommage pour l'histoire du street art en France être recouvertes. dAcRuZ, dont les autres œuvres dans notre quartier ont été préservées, a découvert l'étendue des dégâts. Couvrant son œuvre massacrée, il menace ses adversaires : "ça fait deux fois, le quartier vous attend", "Ourcq vous surveille", "Attention". Les insultes s'inscrivent en lettres de sang : "toys bouffons".
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