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dimanche 12 juillet 2015

Canal Square et Kendji

Petit clin d'œil de Raphaël : "J'étais en train de mettre à jour ma playlist [...] et quelle ne fut pas ma surprise en voyant la couverture de l'album de Kendji Girac..."

Grâce à Kendji nous avons Canal Square :

©DR

► en photos,

©DR

► en dessin par une fan,

© Léa's FanArt

►en coques de smartphone,




► et en vidéo avec Cool.



lundi 6 juillet 2015

"Pour les fortifs" par Aristide Bruant

Après La Chanson des fortifs par Fréhel voici une chanson d'Aristide Bruant, toujours sur les fortifications, demandant au président de la République de ne pas les démolir ; car à défaut d'avoir joué un rôle défensif elles remplissent finalement une mission sociale.
Ci-dessous, après le texte de la chanson, un reportage très intéressant – Au bord de Paris – d'Éric Vernhes, d'une vingtaine de minutes sur cette enceinte parisienne.

Les fortifications vers la barrière de Clichy - ©Vincent van Gogh - 1887
chemineux : sans domicile, vivant de charité et de menus travaux
batteurs d'antifs : vagabond
Pantinois : Parisiens
purotains, purotins : pauvres, nécessiteux
pieu : lit

Pour les fortifs

M'sieu l'Président d'la république,
Excusez‐moi, si j'vous écris,
Mais, voilà, faut qu'on vous explique
À caus' des fortifs ed' Paris...
Qu'on dit qu'on va les fout' par terre...
C'est pas drôl' pour le populo,
Et j'comprends pas que l'ministère
S'ay' fourré ça dans l'ciboulo...

Au nom des chemineux d' la ville,
Coureurs de ru's, batteurs d'antifs,
Qui sont des centain' et des mille...
Faut pas démolir les fortifs !

La barrière de Clichy et les fortifications - ©Vincent van Gogh - 1887
Les fortifs !... Mais c'est la balade
Des Pantinois, où chaqu' lundi
Les ouvriers, en rigolade,
Vont respirer l'air ed' Bondy
En admirant la bell' nature...
Et s'allonger sur le gazon,
Sous la fumé' des trains d'ceinture
Qui leur obscurcit l'horizon...

Au nom des chemineux d'la ville,
Coureurs de ru's, batteurs d'antifs,
sont des centain' et des mille...
Faut pas démolir les fortifs !


Les fortifs !... C'est la joi' des mômes,
Des malheureux p'tits purotains
Qui peuv'nt pas courir dans les chaumes,
Parc' qu'i's sont des enfants d' putains ;
Parc' que jamais leur moman gangne
Assez pour payer les ch'mins d'fer,
Et qu'i's n'vont pas à la campagne
Mettr' leur petit cul au grand air...

Au nom des chemineux d'la ville,
Coureurs de ru's, batteurs d'antifs,
Qui sont des centain' et des mille...
Faut pas démolir les fortifs !

Les fortifs !... C'est aussi l'asile
Des vaincus, des aînés, des vieux
Qui, n'ayant mêm' pus d' domicile,
Vienn'nt se coucher... là, sous les cieux...
Et, souvent, dans les nuits sereines,
Su' l' talus, qui leur sert de pieu,
I's rêv'nt que c'est la fin d'leurs peines
Et qu'i's sont partis chez l'bon Dieu...

Au nom des chemineux d' la ville,
Coureurs de ru's, batteurs d'antifs,
Qui sont des centain' et des mille...
Faut pas démolir les fortifs !
Paroles et musique d'Aristide Bruant - 1895

"La Chanson des fortifs" par Fréhel


L'enceinte de Thiers, plus communément appelée "les fortifications" était le terrain de jeux des laissés-pour-compte, des apaches mais aussi des amoureux. Jacques a retrouvé La Chanson des fortifs interprétée par Fréhel en 1938, qui nous fait revivre cette époque.



La Chanson des fortifs

Le poète en guenilles
Les rôdeurs et les filles
Des chansons d'Aristide Bruant

Les héros populaires
Les refrains d'avant guerre
Sont bien loin de nous maintenant

Tout cela disparaît dans la nuit
Et l'on se demande aujourd'hui

Que sont devenues les fortifications
Et les p'tits bistrots des barrières
C'était l'décor de toutes les chansons
Des jolies chansons de naguère

Où sont donc Julot
Nini, Casque d'or
Et P'tit Louis l'costaud
Si célèbre alors
Que sont devenues les fortifications
Et tous les héros des chansons

Des maisons de six étages
Ascenseur et chauffage
Ont r'couvert les anciens talus

Le P'tit Louis réaliste est d'venu garagiste
Et Bruant a maintenant sa rue
Julot sera de l'institut bientôt
Et Nini possède un château

Il n'y a plus de fortifications
Ni de p'tits bistrots de barrière
Adieu décor de toutes les chansons
Des jolies chansons de naguère

Mais d'autres viendront
Héros différents
Puis disparaîtront
À chacun son temps

Il n'y a plus de fortifications
Mais y aura toujours des chansons
Musique de G. Van Parys et paroles de M. Vaucaire

lundi 29 juin 2015

"La Forêt" par Kouka

Pour Ourcq Living Colors #4, dAcRuZ a invité Kouka – l'artiste mais aussi le chanteur – comme le montre son œuvre avec les paroles de La Forêt.


La Forêt
Derrière la porte il y a quelqu'un qui frappe si fort que la forêt tremble Cette forêt elle est grande et tellement familière mais parfois si étrange que mon esprit s’épuise rien qu’à l’idée d’imaginer jusqu'où elle s’étend On frappe et la forêt tremble même le lion n’est plus maître des lieux Ce quelqu'un est un dieu…



jeudi 16 avril 2015

Qu’on se le dise, KoHndo est un homme de scène !

KoHndo @ New Morning © Sébastien Perron
Je dois l'avouer avec humilité, mes connaissances sur le rap sont quasi nulles. Quand aux rappeurs, j'en suis resté à MC Solaar, IAM ou NTM et Joey Starr... la préhistoire, quoi ! Ça ne me fait pas peur, il y a deux ans je ne connaissais rien au street art, mais grâce à Richard, dAcRuZ, Marko et beaucoup de lectures... ça commence à venir !
Mais pourquoi du rap subitement ? Oh, juste que dimanche, Anako rimait avec KoHndo... mais oui, souvenez-vous ce grand gaillard au sourire si doux ?
Ça vous intéresse ? Alors suivez-moi ! En rap du matin, Rock On est parfait – comme son nom l'indique ça balance – et pour le soir Mes Nuits est tout indiqué ! Non seulement ça assure côté paroles et musique, mais de plus les clips sont splendides.

Extraits de sa bio
“Enfant de la France, enfant des States, enfant du Bénin” tel qu'il aime à se définir, KoHndo [FB] fuit les chapelles et crée son propre genre.
Qu'on se le dise, KoHndo est un homme de scène ! Et si, comme son sourire l'indique, il ne s'énerve pas gratuitement, lorsque KoHndo débarque avec ses musiciens c'est toujours pour rafler la mise et porter à bout de bras une musique énergique et stylée puisant son inspiration hors des frontières du genre. Vous avez dit un uppercut de soul urbaine ? Sans aucun doute !


Rock On
Il te faut un truc qui pète qui pèse et laisse parler tes bases Un son brut qui t'mette la pêche et laisse aller les basses Il te faut un beat qui fasse brailler les barges Et cracher l'énergie, un pulse qui fait lâcher les gaz Péter les câbles, ma musique fout la merde dans les bars Sauter les gares...




Mes Nuits
Dis-moi de quoi tes nuits sont faites Est-ce que tu pleures quand tes yeux s'ferment Tes nuits sont-elles traversées de peur quand ton cœur saigne Tes nuits sont faites de guerres où t'affrontes le sommeil Un peu comme ces combats qui t'épuisent quand la lune est pleine J'aimerais que ta vie soit faite du meilleur de tes nuits Des vœux que...

jeudi 2 avril 2015

La partition de la chanson "À La Villette" d'Aristide Bruant


Après l'interprétation de À La Villette par Maria Pacôme
voici la partition... à vous maintenant !

samedi 14 février 2015

Canal Square, une brique à la fois !

Le facétieux Bernard, nous conseille d'écouter Une brique à la fois chanson de la comédie musicale Barnum. Nous suggère-t-il que c'est le cirque chez Marignan ? Que nenni. Mais plutôt comme dans la chanson, pour Canal Square aussi, c'est une brique à la fois... patience !

Pages extraites du programme Barnum, théâtre des Célestins de Lyon (1994)
Cette comédie musicale, ou plutôt opérette – c'était plus vendeur à l'époque – ayant fait un bide et la chanson n'étant pas un chef-d'œuvre intemporel, impossible de trouver les paroles de Charles Level sur la Toile. Une heure d'écoute au casque nous a été nécessaire pour les déchiffrer.

Une brique à la fois par Claudine Coster (1981)


Le ciel nous a donné deux bras
Un cœur et un peu d'estomac
C'est pour bâtir quelque chose ici-bas
Aide-toi  le ciel t'aidera
Il ne faut pas baisser les bras
Le plus dur c'est de faire le premier pas
Pour bien bâtir comme pour lire b.a.- ba
Il faut savoir poser une brique à la fois
Faut du courage pour s'asseoir
Sur le dernier étage d'un milliard de dollars
Il faut semer pas à pas grain par grain
Pour voir des champs de blé des bleuets l'été prochain
Et pour pouvoir grimper jusqu'au ciel dans ta tour de Babel
Commence en bas
Une brique à la fois

Pour construire un joli bateau
Achète d'abord un rabot
Et retrousse tes manches un peu plus haut
Si tu veux tailler des cure-dents
Dans un vieux chêne de cent ans
Commence par aiguiser ton couteau
Il faut des heures au soleil qui veut faire
Des montagnes de sel avec l'eau de la mer
Pour un petit pot de miel
L'abeille a fait combien d'heures supplémentaires
Les opéras, requiems, symphonies
Ont toujours vu le jour sur un piano, fa, sol, la, si
Il faut sortir la boule la plus chère
S'appuyer sur la terre
Commence en bas
Une brique à la fois

C'est dur, c'est sûr
De faire un mur qui dure
Les seaux de chaux ça pèse sur le dos
Il faut monter sur une grande échelle
Il faut manier la pelle et la truelle
Mais quand on a un copain, un voisin
Qui vient pour rien donner un coup de main
Ça donne du cœur au ventre et puis voilà
Qu'on arrive au sommet du toit
Pour bien bâtir comme pour lire b.a.- ba
Il faut savoir poser une brique à la fois
Faut du courage pour s'asseoir
Sur le dernier étage d'un milliard de dollars
Il faut semer pas à pas grain par grain
Pour voir des champs de blé des bleuets l'été prochain
Et pour pouvoir grimper jusqu'au ciel dans ta tour de Babel
Commence en bas une brique à la fois
Chacun la sienne, à toi à moi
Une brique à la fois

Chacun sa peine et l'on fera
Une brique à la fois
Un mur qui n'en finira pas
Oooh, hiiisse, oooh, hiiisse, oooh, aaah
Une brique à la fois

Ci-dessous, des extraits des répétitions avec entre autres, Claudine Coster chantant Une brique à la fois, et une interview du metteur en scène, Yves Mourousi.

jeudi 4 décembre 2014

Fleur de Crime

©Serge
Fleur de Crime, chanson de 1894, est extraite du livre d'Émile Chautard Goualantes de La Villette et d'ailleurs. L'auteur nous a même traduit l'argot de la Villetouse !

I
C'est au guinch' que je fis Clémence
Une' fill' qu’a pas l' trac,
Un jour que j'eus beaucoup de chance
En f'sant un fric-frac,
Ell' m'dit: "J'suis chipé pour ton gniasse,
Mon petit bichon,
Mais n' faudra pas avoir la chiasse
D’un coup de torchon..."

Refrain
Ell' m'app'lait son loup, sa p'tite crotte,
Chaqu' jour pour mes zigu’s su' l' boulevard,
Elle en f'sait ; la nuit dans l'plumard
À m'aimer paumait la bouillotte,
C’était un' floum', un vrai' marmotte.

II
Bien souvent le soir à la thôle,
Quand elle rognait,
J'y foutais des marrons, c'est drôle
Comm' ça la r'bectait.
Ell’ râlait une demi-plombe ;
Puis à moi rev'nait en chiâlant,
M' dire en douc' : "Souffle la calbombe,
Je t'aim' mieux maint'nant".

III
Hélas! j' l'ai pas longtemps fait belle,
Car son ancien gas,
Qui v'nait toujours à La Chapelle
La courir su' l' tas,
En vach' m'a scionné par derrière.
Je m’suis fait servir
Et l' toubib de Lariboisière
Dit qu' j’en vais chrônir.

Refrain final
Ell' m'app'lait son loup, sa p'tite crotte,
Chaqu jour pour mes zigu's su' l' boulevard
Elle en f'sait ; la nuit dans l'plumard
À m’aimer paumait la bouillotte.
Adieu, adieu, ma pauvr’ marmotte...
I
C'est au bal que je connus Clémence
Une fille n’ayant pas peur,
Un jour que j’eus beaucoup de chance
En faisant un cambriolage,
Elle me dit : "Je suis prise pour toi,
Mon petit bichon,
Mais il ne faudra pas avoir peur
De te battre pour moi..."

Refrain
Elle m'appelait son loup, sa petite crotte,
Chaque jour, pour moi, sur le boulevard,
Elle se livrait à la prostitution ; la nuit, dans le lit.
À m’aimer perdait la tête,
C’était une femme, une vraie fille.

II
Bien souvent le soir, dans la chambre,
Quand elle n’était pas contente,
Je la bourrais de coups, c’est drôle
Comme cela la refaisait.
Elle bouillait de colère une demi-heure ;
Puis à moi revenait en pleurant
Me dire doucement : "Souffle la bougie,
Je t'aime mieux maintenant".

III
Hélas! je ne fus pas longtemps heureux,
Car son ancien amant,
Qui venait toujours à La Chapelle
L’ennuya sur le trottoir
M’a frappé d’un coup de couteau dans le dos.
J’ai mon compte
Et le médecin de Lariboisière
Dit que je vais en mourir.

Refrain final
Elle m'appelait son loup, sa petite crotte,
Chaque jour, pour moi, sur le boulevard,
Elle se livrait à la prostitution ; la nuit, dans le lit
À m’aimer perdait la tête,
Adieu, adieu, ma pauvre fille...

samedi 29 novembre 2014

Les Vidangeurs de minuit

        
Émile Chautard

       
Dessin de Maurice Berdon

Émile Chautard, typographe de son métier, a compilé pendant plus de vingt ans des complaintes populaires qu'il a ensuite publiées sous le titre Goualantes de La Villette et d'ailleurs en 1929 chez Marcel Seheur.
La Villette "grâce" au Dépotoir avait le triste privilège de vidanger les fosses d'aisances des immeubles des quartiers chics de Paris. Le ballet nocturne de ces pompes était très bruyant à cause de leurs roues en métal sur les pavés mais nul ne se plaignait de peur de se faire agresser par les cochers dont le vocabulaire était particulièrement fleuri !
Voici donc la Chanson des Vidangeurs – version de 1876 – avec en introduction la présentation d'Émile Chautard.

Cette chanson, intitulée aussi  Les Vidangeurs de Minuit ou la Pompe à merde, dont les paroles et musique sont de Ch. L., intéressa au plus haut point les vidangeurs du quartier de La Villette qui, au cours des années, modifièrent un peu le texte. Nous donnons ici la version entendue chez un marchand de vin établi ancienne rue d'Allemagne (avenue Jean-Jaurès), où se réunissaient, le dimanche soir, un groupe d'ouvriers de la maison Richer. [La maison Richer, comme Moritz & Cie dont j'ai déjà parlé, étaient des établissements spécialisés dans la vidange des fosses septiques]

Les Vidangeurs de Minuit
Nocturne philosophique

I
Soupe à l'oignon, bouillon démocratique,
Perdreaux truffés du faubourg Saint-Germain,
Vous le savez, la chose est authentique,
Manger le soir et chier le matin.

Refrain
Il ne faut pas que rien n'se perde,
Dans la natur', car tout est bon.
Amis, pressons la pompe à merde,
Le jour paraît à l'horizon...

II
Riches et puissants qui bouchez vos narines,
Quand nous pompons le fruit de vos excès,
Si nous n'allions nettoyer vos latrines,
Que sentiraient vos antiques palais.

III
Humble ouvrier, ta modeste cuisine
Te fait du riche envier les festins...
Console-toi, les produits qu'il rumine
Ne se vendront pas plus cher que les tiens.

IV
Fille de rois, ne fais pas tant la fière,
Tu dois chier parce que Dieu l'a voulu.
Un cul princier comme un cul prolétaire,
À la nature doit payer son tribut.

V
Ô vanité des choses de ce monde,
Rose et jasmin, qu'êtes-vous devenus?
Vous vous flattiez d'embaumer à la ronde.
La merde passe et l'on ne vous sent plus...

VI
Le peuple un jour d'une royauté vaine
Brisa le sceptre et le trône odieux !
Seule ici-bas la merde souveraine
Aura toujours son trône en tous les lieux.

VII
Qu'à la frontière un jour le canon tonne,
Que la patrie un jour soit en danger
On nous verra dans les champs de Bellone,
Mieux que Cambronne, emmerder l'étranger.

lundi 18 août 2014

La Villette vue par Agathe Labernia

Canal de l'Ourcq ©Agathe Labernia

Bassin de La Villette ©Agathe Labernia

Canal de l'Ourcq et l'usine ©Agathe Labernia

Parmi les nombreuses représentations de La Villette voici trois aquarelles d'Agathe Labernia, habitante de... La Villette. 
Je n'arrive pas à situer la première œuvre, en revanche les deux autres sont plus reconnaissables :
Bassin de La Villette représente le quai de la Seine vu du quai de la Loire,
Canal de l'Ourcq et l'usine montre le pont de la Petite Ceinture et la chaufferie CPCU vus du parc de La Villette.

Si ses aquarelles vous plaisent visitez son site... où quelques surprises vous attendent.
Par exemple, Agathe Labernia est Agathe du groupe Regrets qui en 1983 chantait J'veux pas rentrer chez moi seule. Vous vous souvenez ? Mais si, cliquez et écoutez.

vendredi 11 juillet 2014

Rue Joseph-Kosma, La Villette

Kosma et sa cigarette
À une portée de notes de la désormais célèbre rue Germaine-Tailleferre, la rue Joseph-Kosma, qui lui est parallèle, nous amène quelques commentaires.
Datant de l'année 2000, cette voie, qui fait partie du lotissement du Parc des musiciens mesure 130 mètres qui relient la rue des Ardennes au quai de la Garonne, là où les cygnes ont élu domicile.

Le nom de la rue est autrement intéressant. Qui ne connaît pas le nom de Kosma ? Toi, cher lecteur ? Alors lis bien ce qui suit.
Joseph Kosma est un musicien né à Budapest, Hongrie, en 1905. A ne pas confondre avec Vladimir Cosma, né à Bucarest, Roumanie, en 1940. Tous deux ont cependant composé des musiques de films français.

Après des études musicales à Budapest auprès de Béla Bartók, notre Kosma, un hyperdoué, rejoint Berlin où il peaufine la direction d'orchestre. Mais 1933 sonne la fin d'une vie tranquille, il doit quitter l'Allemagne nazie et choisit de s'installer en France.

Prévert et sa cigarette
Sa rencontre avec Jacques Prévert est déterminante ; alors que Kosma est assigné à résidence pendant l'Occupation, et qu'il n'a pas droit à un emploi artistique car il est juif, la complicité de Jacques Prévert lui permet, sous des noms d'emprunt, de composer les musiques de films devenus des classiques comme La Grande Illusion (Jean Renoir, 1937), La Bête humaine (Jean Renoir, 1938), La Règle du jeu (Jean Renoir, 1939), Les Enfants du paradis (Marcel Carné, 1945), pour ne citer que les plus connus.

Mais c'est une chanson du film Les Portes de la nuit (Marcel Carné, 1946), sur des paroles de Prévert, qui va faire exploser sa notoriété.
D'abord, voici l'original, où Jean Vilar est à l'harmonica et Yves Montand, acteur débutant, à table.



La musique des Feuilles mortes sera ensuite reprise par de nombreux interprètes et musiciens en France comme à l'étranger. Un petit tour sur You Tube, et vous saurez.

Après le succès des Feuilles mortes, Kosma continue de composer : musique de scène, courts-métrages, chansons sur des poèmes de Prévert, et musiques de cinéma ; sa carrière compte plus de cent films, dont une récompense au Festival de Cannes pour Juliette ou la Clef des songes (Marcel Carné, 1961).
Il s'éteint en 1969 à La Roche-Guyon, mais il repose au cimetière de Montmartre.

Et pour terminer, un bel hommage de Serge Gainsbourg à Prévert et Kosma, La Chanson de Prévert. Paroles et musique de Gainsbourg. J'aime.

samedi 5 juillet 2014

Diptyque Jean-Jaurès pour le centenaire de sa mort



Pour commémorer le centenaire de sa mort, La Poste a émis un diptyque Jean Jaurès.

Informations Phil@Poste  :
Cinquième et sixième timbres à l'effigie d'un ardent défenseur de la paix, Jean Jaurès.
À l'occasion du centième anniversaire de sa mort, comme pour l'émission de 1936, ce diptyque en rouge et bleu met en avant l'orateur et le philosophe.
Dessinés et gravés par Louis Boursier.

Une photo de Henri Manuel de 1910 a servi de modèle pour le timbre de 0,61 €. C'est peut-être la photo ci-dessous que j'ai trouvé sur le site AKG Image, c'est même assez plausible.

Photo de Henri Manuel, 1910 - © AKG Image

Jacques Brel - Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?



Ils étaient usés à quinze ans
Ils finissaient en débutant
Les douze mois s'appelaient décembre
Quelle vie ont eu nos grands-parents
Entre l'absinthe et les grand-messes
Ils étaient vieux avant que d'être
Quinze heures par jour le corps en laisse
Laissent au visage un teint de cendres
Oui notre Monsieur, oui notre bon Maître

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

On ne peut pas dire qu'ils furent esclaves
De là à dire qu'ils ont vécu
Lorsque l'on part aussi vaincu
C'est dur de sortir de l'enclave
Et pourtant l'espoir fleurissait
Dans les rêves qui montaient aux cieux
Des quelques ceux qui refusaient
De ramper jusqu'à la vieillesse
Oui notre bon Maître, oui notre Monsieur

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelque sabreur
Qui exigeait du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Tout miséreux, oui notre bon Maître
Couverts de prèles, oui notre Monsieur
Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps de souffle d'un soupir

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

vendredi 2 mai 2014

"Corrida à La Villette" d'Émile Prud'homme

Pas grand-chose à dire sur le paso doble Corrida à La Villette mais en revanche, beaucoup sur son auteur, Émile Prud'homme. Finalement, pas de rapport avec La Villette, sauf qu'il a travaillé dans un bal rue des Vertus, maintenant rue d'Aubervilliers, et qu'il jacte l'argomuche comme un mec de La Villetouse !
Les textes qui suivent sont extraits de Mimile Prud'homme du blog de Mondomix, Accordéons & Accordéonistes, une excellente bio qui nous fait découvrir Mimile et ses principaux faits d'armes.



Onze livres ! Magnifique ! Ça représente le poids d'un beau filet de bœuf !" 
Ainsi s'extasiait l'oncle Alfred à la vue du gros bébé que venait de mettre au monde sa belle-sœur en ce jour du 6 mars 1913 à Aubervilliers, dans la banlieue nord de Paris. On avait prénommé l'enfant Émile. Dans la famille Prud'homme, la tradition voulait qu'on soit boucher ou meneur de bestiaux aux abattoirs de La Villette tout proches.


En 1936, il est allé à Berlin pour tourner dans le film de Jean Boyer Un mauvais garçon avec Danielle Darrieux et Henri Garat.
Engagé pour tourner le film, j'avais prévenu mon patron Marius, qui tenait le bal de la rue des Vertus, où je travaillais au fixe, afin qu'il me trouve un remplaçant, car il avait ses gueules comme accordéonistes. Le samedi, j'arrivais à la gare de l'Est une demi-heure avant le départ du train pour Berlin. Je grimpais dans le compartiment qui m'était réservé. J'ouvrais mes quinquets, n'ayant jamais mis les pinceaux dans un vrai train de luxe. Avec les tapis qu'il y avait dans le wagon, j'aurais pu meubler mon trois-pièces ! Et avec la marqueterie, me faire une belle salle à becqueter… Enfin, c'était un vrai palace roulant. 19 heures : coup de sifflet. Le train s'ébranle et me voilà barré pour l'Allemagne. [lisez la suite sur Mimile Prud'homme, Émile, le titi parisien découvre l'Allemagne, et quelle Allemagne, nous sommes en 1936 !]
[...]
Ce que j'allais avoir à faire dans Un mauvais garçon, je n'allais pas tarder à le savoir. Van Parys se mit au piano et me fit écouter deux airs : un fox, Je n'donnerais pas ma place, et une valse, C'est un mauvais garçon. Pour cette dernière, il me demanda un conseil : “Toi, Mimile, qui travaille dans les bals musette, qu'en penses-tu ? Faut-il un couplet en mineur ou en majeur ?” Mon avis fut de le mettre en mineur. Je pense ne pas m'être trompé. Tout le monde se rappelle ce couplet qui commençait par : "Nous, les paumés / Nous ne sommes pas aimés / Des bons bourgeois / Qui nagent dans la joie", etc. Je ne dis pas que c'est le couplet en mineur qui fit le succès de la chanson, mais il y contribua. Pour l'accordéon, le mode mineur donne vraiment une nostalgie qui accroche l'oreille du profane. 

Ci-dessous, Émile Prud'homme, que l'on ne voit pas, joue de l'accordéon dans la chanson C'est un mauvais garçon du film Un mauvais garçon.


Le lendemain, Van Parys et Jean Boyer avaient refait le couplet en un quart d'heure. Vers 5 heures, Henri Garat connaissait à fond la chanson et nous étions prêts à tourner la scène. J’étais assis sur une table, Garat et la très belle Danielle Darrieux dansaient. À un moment donné, je faisais semblant d'être fatigué et leur disais : “Dites-donc, les amoureux… Vous en avez encore pour longtemps ? J'irais bien me coucher, ça fait deux plombes que la taule est fermée et j'suis en train de faire du rab !” Garat s’avançait alors vers moi et me disait, en me tendant un gros bifton : “T'occupe pas de ça, continue !”. Et je reprenais la ritournelle de C'est un mauvais garçon.

C'est un mauvais garçon
Nous les paumés
Nous ne sommes pas aimés
Des grands bourgeois
Qui nagent dans la joie
Il faut avoir
Pour être à leur goût
Un grand faux col
Et un chapeau mou
Ça n'fait pas chique une casquette
Ça donne un genre malhonnête
Et c'est pourquoi
Quand un bourgeois nous voit
Il dit en nous montrant du doigt

{Refrain:}
C´est un mauvais garçon
Il a des façons
Pas très catholiques
On a peur de lui
Quand on le rencontre la nuit
C'est un méchant p'tit gars
Qui fait du dégât
Si tôt qu'y s'explique
Ça joue du poing
D'la tête et du chausson
Un mauvais garçon

Toutes les belles dames
Pleines de perles et de diam's
En nous croisant ont des airs méprisants
Oui mais demain
Peut-être ce soir
Dans nos musettes
Elles viendront nous voir
Elles guincheront comme des filles
En s´enroulant dans nos quilles
Et nous lirons dans leurs yeux chavirés
L´aveu qu´elles n'osent murmurer

{Refrain:}
C´est un mauvais garçon
Il a des façons
Pas très catholiques
On a peur de lui
Quand on le rencontre la nuit
C´est un méchant p'tit gars
Qui fait du dégât
Si tôt qu'y s'explique
Mais y a pas mieux
Pour t'donner l'grand frisson
Qu'un mauvais garçon

Musique de Georges Van Parys et paroles de Jean Boyer

dimanche 6 avril 2014

Oh ! Mon bateau...

Après le Vélib' et l'Autolib', le Batolib' !

Marin d’eau douce propose de louer des bateaux électriques et sans permis à l’heure ou à la journée. Les bateaux se pilotent très facilement et en quelques minutes, après un briefing sécurité, vous deviendrez le capitaine de votre navire ! 
Ça vous tente ?



Eric Morena, utilisateur très enthousiaste, n'a pu résister au plaisir de publier son expérience sur le Tube...


Oh ! Mon bateau

Sur la route qui nous mène
Loin du monde et des problèmes
Je fuis (il fuit)
Comme la gazelle aimable
Aux grands cils de velours
Je bondis de vague en vague
Les mouettes me crient leur bonjour

Oh mon bateau
Tu es le plus beau des bateaux
Et tu me guides sur les flots
Vers ce qu'il y a de plus beau
Tu es le plus beau des bateaux

Bravant toutes les tempêtes
Sifflant comme une alouette
Je vole (il vole)
Vers de fabuleux rivages
Où je serai bientôt roi
J'entends des rythmes sauvages
Les algues dansent autour de moi
Hop là

Oh mon bateau
Tu es le plus beau des bateaux
Et tu me guides sur les flots
Vers ce qu'il y a de plus beau
Tu es le plus beau des bateaux

Nu sous le ciel étoilé
Les voiles gonflées de bonheur
Les poissons chantent en cœur
Les crevettes (les crevettes)
Me crient olé, olé olé

Oh mon bateau
Tu es le plus beau des bateaux
Et tu me guides sur les flots
Vers ce qu'il y a de plus beau
Tu es le plus beau des bateaux

Musique d'Alexandre Desplat et paroles de Patrick Fierry et Robin Katz

jeudi 3 avril 2014

Kent à La Villette

Grâce à JJD, aujourd'hui c'est J'aime un pays de Kent. Quel est le rapport, me direz-vous, avec La Villette ? C'est furtif, mais on y voit à plusieurs reprises le pont de la Petite Ceinture.
D'accord, rien dans les paroles n'évoque La Villette et la chanson n'est pas nouvelle mais ça me fait plaisir de la partager avec vous.





J'aime un pays

J'aime un pays qui a le PAF tout ramolli
Dans ce pays, y’a des chanteurs pour l'Arménie
Mais y’a surtout un paquet de béni-oui-oui
Et quand ça chie, on n'est pas beaucoup dans le maquis.

J'aime un pays pour la liberté d'expression
A condition que ça puisse rapporter des ronds
Tout est permis, de Jean-Marie à Khomeini
Aussi tant pis pour ceux qui croient à tout ce qu’on dit.

J'aurais préféré une chanson d'amour
Sans un mot déplacé, tout en détours
Baignée d'insouciance et sourire en fleur
Mais j'ai comme un haut-le-cœur.

J'aime un pays où tout le monde a la parole
Surtout les jeunes qui aiment bien le rock n'roll
Celui qui brille, celui qui mousse et fait des bulles
Belle jeunesse, qui rit quand on l'encule.

J'aime ce pays, j'y peux rien c'est dans ma nature
Je dis tout ça pour faire le malin, ça c'est sûr
Tant pis pour moi si après ça on est en brouille
Mais mon amour, tu sauras qu'au moins j'ai les boules.

J'aime ce pays, j'y peux rien c'est dans ma nature...

Paroles et musique de Kent

mardi 25 mars 2014

La Villette par Arletty

C'est Bastien et Pierre, futurs résidents Canal Square, qui m'ont signalé ce petit trésor d'Arletty, La Villette. Avant de savourer, une petite révision serait peut-être préférable !

Chez les purotins : chez les fauchés, les miséreux.
Parmi les catins : parmi les prostituées.
Des pierreuses : des prostituées de bas étage. Les pierreuses vont dans les chantiers, dans les maisons en voie de construction, au milieu des pierres déposées sur les berges du canal ou de la Seine. [Dictionnaire de l'argot - Larousse]
Les rôdeuses : les prostituées qui travaillent dans la rue, dans les fortifications.
C'est pas du four : c'est pas des blagues.
C'est l'coin des garnots : c'est le coin des chambres d'hôtels meublés. Ces hôtels garnis étant souvent borgnes.
Où l'on boit du gros : où l'on boit du gros rouge, du pinard, du mauvais vin.
J'ai senti son char : j'ai senti son exagération, son bluff (?). J'ai trouvé une autre signification plus plausible mais non confirmée : j'ai senti son regard.
Mon cœur flanchard à la gomme : mon cœur qui ne peut lui résister. (flanchard : dégonflé et à la gomme : sans valeur).



La Villette

C'est tout près d'Pantin
Chez les purotins
Parmi les catins
Et le pur gratin
Des pierreuses.

Près des abattoirs
Où l'on voit le soir
Le long des trottoirs
Surgir des coins noirs
Les rôdeuses.

C'est là qu'j'ai vu l’jour
Et c'est pas du four
J'suis d'un seul amour
Et je s'rai toujours
Une pauv' gueuse.

Et c'est là que j'ai
Par un soir de mai
Donné c'que l'on sait
Ne jamais r'trouver
Dans l'quartier.

{Refrain:}
La Villette, La Villette
C'est l'coin des garnots
Y a pas d'aristos
Des guinguettes, des musettes
Et des p'tits bistrots
Où l'on boit du gros
On n'y joue pas du violon
Tout comme dans les salons
Oui mais d'l'accordéon
C'est bien plus chouette
Et l'on y danse la java
Bien serré dans les bras
D'un p'tit homme bien à soi
À La Villette

C'est aux Buttes-Chaumont
Par un soir tout blond
Sur le petit pont
Qu'j'ai rencontré mon
Vrai p'tit homme.

Dès le premier r'gard
J'ai senti son char
Comme un coup d'poignard
Et mon cœur flanchard
À la gomme.

Lui qu'a r'senti l'coup
I' s'est fait très doux
Et m'a dit dans l'cou
Qu'y s'sentait du goût
Pour ma pomme.

J'ai pas pu r'fuser
Et l'on s'est mariés
Sans maire, ni curé
Et sans inviter
Tout l'quartier.

La Villette, La Villette
C'est l'coin des garnots
Y a pas d'aristos
Des guinguettes, des musettes
Et des p'tits bistrots
Où l'on boit du gros
On n'y joue pas du violon
Tout comme dans les salons
Oui mais d'l'accordéon
C'est bien plus chouette
Et l'on y danse la java
Bien serré dans les bras
D'un p'tit homme bien à soi
À La Villette.

Musique de Jean Lenoir, paroles de J. B. Charles

vendredi 20 décembre 2013

A La Villette on tranche le lard



Il est cinq heures, Paris s'éveille

Je suis l´dauphin d´la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins d´balais
Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille
Les travestis vont se raser
Les stripteaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués
Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille
Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n´est plus qu´une carcasse
Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille
La tour Eiffel a froid aux pieds
L´Arc de Triomphe est ranimé
Et l´Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée
Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille
Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris by night, regagne les cars
Les boulangers font des bâtards
Il est cinq heures
Paris s´éveille
Paris s´éveille
Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C´est l´heure où je vais me coucher
Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n´ai pas sommeil

Paroles de Jacques Lanzmann et Anne Segalen, musique de Jacques Dutronc.

samedi 7 décembre 2013

Le Bassin de La Villette par Lys Gauty

Le Bassin de La Villette, chanson écrite par Michel Vaucaire, auteur entre autres de Non je ne regrette rien pour Edith Piaf, a été enregistrée par Lys Gauty en 1938 sur le disque Le Chaland qui passe.


Je crois pouvoir dire que j'ai défendu la chanson fine et belle dans ce qu'elle a de meilleur, j'ai été une des premières à chanter des chansons de qualité littéraire comme celles de L'Opéra de quat'sous.
Lys Gauty, 1951 - Frémeaux & Associés.




Comme dans tous les ports du monde
On voit des sacs et des tonneaux
Le pêcheur à la ligne abonde
Autant que les reflets de l’eau.
Je sais de plus beaux paysages
Mais dans celui-ci je suis née
Et j’ai fait plus d’un grand voyage
Le long des quais.

Sur le bassin de La Villette
Et sur le canal Saint-Martin
Il n’y a pas de goélettes
Voiles carguées du vieux marin
Mais dans le fond je m’en fiche
Quand on a bu un coup de vin
Il suffit d’une péniche
Pour se croire aux pays lointains
Sur le bassin de La Villette
Et sur le canal Saint-Martin.

Quand vient la nuit on se promène
Il fait si doux les soirs d’été
On fait des projets et l’on traîne
Au hasard devant les cafés
Mais soudain voici qu’un nuage
A changé la fête de la rue
Les quais ont un autre visage
Plein d’inconnus.

Sur le bassin de La Villette
Et sur le canal Saint-Martin
Il n’y a pas de goélettes
Voiles carguées du vieux marin
Mais dans le fond je m’en fiche
Quand on a bu un coup de vin
Il suffit d’une péniche
Pour se croire aux pays lointains
Sur le bassin de La Villette
Et sur le canal Saint-Martin.

Paroles de Michel Vaucaire et musique de Rudolph Goehr
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